Les Européens et le Fonds monétaire international (FMI) vont accorder jusqu’à 10 milliards d’euros de crédits à la petite île de la Méditerranée, au bord de la faillite. En contrepartie, Chypre va mettre en œuvre des réformes et restructurer en profondeur son secteur bancaire hypertrophié. La part de l’Allemagne dans les crédits consentis doit s’élever à un peu moins de 3 milliards d’euros.
Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble avait avant le vote insisté sur la nécessité d’aider Chypre pour « éviter que les problèmes de Chypre ne deviennent de nouveaux problèmes pour la zone euro ». Il a insisté sur les succès rencontrés par les pays qui, en échange de l’aide de leurs partenaires, appliquent déjà des programmes de réformes, souvent décriés sur place comme trop stricts mais qui « mènent au succès » et sont « le bon chemin » aux yeux du grand argentier allemand. Dans un communiqué publié immédiatement à l’issue du vote, le ministre a estimé que le Bundestag avait « pris ses responsabilités pour l’euro et la zone euro » et dans son propre intérêt. « Pour une nation exportatrice comme l’Allemagne la monnaie unique est une base indispensable à la croissance, l’emploi et la prospérité. »
Deux des trois partis d’opposition, le SPD social-démocrate et les Verts, ont apporté leurs voix à la majorité conservatrice-libérale d’Angela Merkel, comme ils l’avaient déjà fait pour la plupart des votes précédents. Il s’agissait du douzième vote des élus allemands en matière de sauvetage de la zone euro depuis mai 2010, après les feux verts donnés pour les aides aux pays (Grèce, Irlande, Portugal, banques espagnoles) et pour la mise sur pied des différents mécanismes de sauvetage de l’union monétaire.


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