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Culture - Bipod 2013

À la recherche du corps perdu avec «Danas Mawt Saghir-First Movement»

Pour sa deuxième conception chorégraphique, « Danas Mawt Saghir-First Movement », Ali Charour a voulu explorer les limites et les possibilités de deux corps morts, réunis dans un même espace clos et froid. Un spectacle organisé par Maqamat Dance Theatre.

Deux danseurs dans un langage corporel éloquent.

Sur scène, une grande «cage» en nylon, éclairée, dépouillée de toute fioriture décor. À l’intérieur, deux êtres immobiles: Ali Charour et Mia Habis. Lui, allure athlétique, elle, cheveux longs et clairs, tous les deux en maillots de bain noirs. Debout face au public, ils fixent les spectateurs qui s’installent et regardent incrédules, dans une sorte de voyeurisme, la présence de ces corps «dans cette cage» qu’ils ne sont pas supposés voir. La scène intrigue. Elle donnera le ton à ces 50 minutes de spectacle qui sortent des chemins battus de la danse pour se diriger vers une chorégraphie assez conceptuelle! Le silence est toujours là. Pesant, présent. Le public attend. Et, tout à coup, la danseuse s’effondre dans un mouvement brusque. L’homme la relève, la retient. Elle retombe, se laisse aller, flasque, sans vie. Petit à petit, ces corps émergent de leur torpeur. Ils prennent conscience de ce qui les entoure! Doucement, ils bougent, s’enlacent, se caressent et se découvrent, en quête d’une motivation, d’une âme ou de quelque chose qui pourrait leur permettre de reprendre le contrôle d’eux-mêmes.

Un maître absolu
Dans cette chorégraphie basée sur la technique de la danse conceptuelle, le corps est roi. Il est le maître absolu sur scène. Tantôt langoureux, tantôt violent, il mène la cadence, enchaîne les rythmes. Les mouvements s’accélèrent, se font agressifs. Ils sont accentués par l’absence de musique tout au long de ce spectacle qui laissera la parole aux halètements, à la respiration saccadée lorsque les deux danseurs simulent un acte sexuel, ou au bruit sec des claques qui fusent et se suivent lorsqu’éclate entre eux un duel féroce et animal, ou encore le glissement de ces mêmes corps qui rampent et évoluent dans l’eau. Seul moment perturbant ce silence, la plainte et les lamentations d’une mère, témoin douloureux de ces corps sans valeur. À travers ce langage corporel, le chorégraphe a voulu s’éloigner de la représentation et de la chorégraphie écrite et esthétique pour montrer les liens entre la danse et le monde extérieur, les rapports entre le corps et tout ce qui l’entoure. En mouvements brusques et saccadés qui vacillent entre gymnastique et techniques de base de la danse, il a placé ce corps dans des situations très difficiles, le poussant à aller au-delà de ses limites. Tableaux intenses et violents. Jusqu’à cette mort troublante où, dans un geste désespéré, elle frictionnera la dépouille pour la nettoyer de ses impuretés et la ramener désespérément à la vie.
Sur scène, une grande «cage» en nylon, éclairée, dépouillée de toute fioriture décor. À l’intérieur, deux êtres immobiles: Ali Charour et Mia Habis. Lui, allure athlétique, elle, cheveux longs et clairs, tous les deux en maillots de bain noirs. Debout face au public, ils fixent les spectateurs qui s’installent et regardent incrédules, dans une sorte de voyeurisme, la présence de ces corps «dans cette cage» qu’ils ne sont pas supposés voir. La scène intrigue. Elle donnera le ton à ces 50 minutes de spectacle qui sortent des chemins battus de la danse pour se diriger vers une chorégraphie assez conceptuelle! Le silence est toujours là. Pesant, présent. Le public attend. Et, tout à coup, la danseuse s’effondre dans un mouvement brusque. L’homme la relève, la retient. Elle retombe, se laisse aller, flasque,...
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