« La force principale du Liban réside dans son secteur bancaire, qui demeure solide et peu susceptible d’être affecté significativement par les événements politiques locaux », a affirmé l’agence de notation Standard and Poor’s.
L’agence de notation Standard and Poor’s (S&P) a maintenu hier la note B/B de la dette souveraine du pays sur le long et court terme, mais la perspective « négative » a également été conservée.
Dans son rapport, cité par le Lebanon Weekly Monitor de Bank Audi, S&P a relevé que « la rapidité avec laquelle le nouveau Premier ministre désigné, Tammam Salam, a été nommé devrait contribuer à diminuer les tensions ». En outre, et en dépit de la crise syrienne, la situation sécuritaire et les différentes politiques suivies par le gouvernement « n’ont pas subi de détériorations graves depuis l’an dernier », a rappelé le rapport. « Sans compter que les dépôts bancaires ont poursuivi leur croissance, ce qui a contribué à financer les besoins de la dette », a poursuivi S&P. Toutefois, l’agence n’a pas exclu que le Premier ministre se retrouve confronté à de sérieux obstacles lors de son entrée en fonctions.
Les points faibles
En ce qui concerne l’activité économique du pays en 2011 et 2012, « elle a été affectée par la situation en Syrie, mais le pays pourrait avoir bénéficié d’une demande locale en hausse, portée notamment par le flux de réfugiés syriens », souligne le rapport. Cela étant, l’agence a estimé ces données comme une « contribution temporaire » à la croissance, qu’elle ne s’attend pas à voir se répéter en 2013.
S&P n’a pas manqué de pointer du doigt le fardeau de la dette et la détérioration des finances publiques ; après un ratio de la dette par rapport du produit intérieur brut (PIB) de 182 % en 2006, rabaissé à 137 % en 2011, ce dernier a augmenté de nouveau à 138 % du PIB en 2012, selon l’agence.
Sur le plan fiscal, le déficit public s’est creusé de 3,4 % du PIB à 9,4 % tandis que le solde primaire s’est montré négatif (0,7 % du PIB) pour la première fois depuis 2006. « Ce déficit a largement été causé par l’ajustement de la grille des salaires dans le secteur public et du nombre croissant des retraités », a noté le rapport. « Un autre facteur de taille était la faiblesse des investissements dans l’infrastructure d’Électricité du Liban (EDL), ce qui a contribué à augmenter les transferts octroyés à l’institution », a-t-il poursuivi.
Selon les prévisions de S&P, le déficit public pourrait se contracter à 8 % du PIB en 2013 si le gouvernement décide de générer des recettes pour contrebalancer l’augmentation des salaires – ou d’annuler purement et simplement cette dernière.
« Mais la force principale du Liban réside dans son secteur bancaire, qui demeure solide et peu susceptible d’être affecté significativement par les événements politiques locaux », a nuancé le rapport. « Le financement du système bancaire comporte une importante proportion de dépôts de détail, qui ont montré leur résilience à travers les crises », a conclu l’agence de notation Standard and Poor’s.
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