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Culture - Signature

« Celle que tu es devenue », un destin libanais

Nayla Aoun Chkaiban signe son premier roman ,« Celle que tu es devenue » (éditions Tamyras), aujourd’hui, à la librairie al-Bourj. L’auteure y retrace, sur fond d’une période méconnue du Liban de 1910 à 1920, le destin d’une femme qui se confond avec celui d’un pays.

1910. À la veille de la Première Guerre mondiale, le Liban est sous domination ottomane. À Beit Kassine, un village du Chouf, il y a Marie, Nemer, Nour, Sarah et Boutros, les jeunes de la région, mais aussi l’ancienne génération: cheikh Négib, le curé et tous les autres qui gravitent autour de ces personnages principaux qui vivent un quotidien difficile. En s’adressant à sa grand-mère, Nayla Aoun Chkaiban, qui signe-là une première œuvre réussie, plonge le lecteur dans cette époque du pays en croquant les profils divers, mais aussi les us et coutumes ancestraux, ainsi que les grands moments qui ont traversé le Liban comme la famine, la guerre et les querelles intestines.
«L’idée est partie il y a deux ans, lorsque je m’interrogeais sur l’enfance et la jeunesse de ma grand-mère. Comme elle n’a jamais évoqué sa vie, j’étais curieuse d’en savoir plus», avoue l’auteure. Et d’ajouter: «C’est curieux, on ne sait pas grand-chose de cette époque alors que les livres sur l’histoire du Liban foisonnent.»
Celle que tu es devenue est donc un mélange de fiction et de réel. «Je me suis beaucoup documentée sur les faits et événements qui ont traversé cette période du Liban, poursuit Chkaiban, tout en étoffant le déroulement.»

Passéiste et actuel
À lire le récit de la romancière, on s’amuse à décortiquer toutes les constantes de ce pays qui en font un lieu particulier et tous les changements advenus. On se rend ainsi compte qu’il y a encore beaucoup de faits sociaux immuables qui n’ont pas changé d’un pouce tant dans la mentalité que dans la vision de l’avenir ou même dans cette politique qui, tout en changeant de nom, est restée la même. «Le personnage de Nemr, précise Chkaiban, reflète le changement, alors que son frère est signe de soumission et de rigidité. »
Ce n’est certainement pas le souhait de l’auteure d’écrire un ouvrage politique, mais au Liban le social se dissocie si peu du politique qu’on ne peut s’attaquer à un sujet sans évoquer l’autre.
Le récit de Nayla Aoun Chkaiban se lit de bout en bout sans perdre haleine. Le rythme bien balancé, le style simple et épuré sans aucune fioriture superficielle permettent au lecteur de pénétrer immédiatement dans l’atmosphère du roman. Le lecteur est happé par cette époque et comme téléporté dans le temps. « Je ne sais pas si j’ai apporté des réponses, conclut-elle encore, mais j’avais surtout besoin de susciter un questionnement. » Pourquoi les Libanais ont-ils tendance à oublier si facilement leur histoire ?, semble-t-elle dire.
À travers ce roman, cette diplômée en lettres françaises – qui dit avoir déjà une autre idée de roman – essaye de transmettre non seulement un simple portrait de grand-mère, mais un passé enfoui qui se dévoile soudain au regard.
1910. À la veille de la Première Guerre mondiale, le Liban est sous domination ottomane. À Beit Kassine, un village du Chouf, il y a Marie, Nemer, Nour, Sarah et Boutros, les jeunes de la région, mais aussi l’ancienne génération: cheikh Négib, le curé et tous les autres qui gravitent autour de ces personnages principaux qui vivent un quotidien difficile. En s’adressant à sa grand-mère, Nayla Aoun Chkaiban, qui signe-là une première œuvre réussie, plonge le lecteur dans cette époque du pays en croquant les profils divers, mais aussi les us et coutumes ancestraux, ainsi que les grands moments qui ont traversé le Liban comme la famine, la guerre et les querelles intestines.«L’idée est partie il y a deux ans, lorsque je m’interrogeais sur l’enfance et la jeunesse de ma grand-mère. Comme elle n’a jamais évoqué...
commentaires (2)

Je lui souhaite le succès de tout coeur.

SAKR LEBNAN

12 h 03, le 04 avril 2013

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Commentaires (2)

  • Je lui souhaite le succès de tout coeur.

    SAKR LEBNAN

    12 h 03, le 04 avril 2013

  • Ce livre réussit un pari merveilleux de nous conduire vers une époque que l’on croyait oubliée. Nous nous rendons bien compte que les souvenirs de guerre sont aussi durs que les combats. Quel enchantement à lire les portraits par petites touches de ces hommes et ces femmes, surtout Marie, abouna Gebrayel, la khouryé… formant une caste à part dans une société très fermée, et disparue à jamais avec la localité de '''Beit Kassine'''. Là où justement, ''Aux beaux jours, sous les arcades face au point d’eau, s’installaient les jeunes villageois à la recherche d’un peu de fraîcheur et surtout ceux qui voulaient admirer les jeunes filles qui passaient et qu’ils osaient rarement aborder.'' Le voyage à Beyrouth et la rixe dans le village voisin sont un bonheur de lecture, sans oublier l’allusion aux sauterelles… L’auteure était à la recherche de ce temps suspendu, immobile, qu’elle restitue d’une plume magistrale en écoutant ces quelques expressions:''Quand allons-nous être heureuses par toi?'' Nayla Aoun Chkaiban brouille les pistes pour décrire une époque pas si lointaine. Décidément, ''On ne chante juste que dans son arbre généalogique.''

    Charles Fayad

    09 h 26, le 04 avril 2013

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