«L’idée est partie il y a deux ans, lorsque je m’interrogeais sur l’enfance et la jeunesse de ma grand-mère. Comme elle n’a jamais évoqué sa vie, j’étais curieuse d’en savoir plus», avoue l’auteure. Et d’ajouter: «C’est curieux, on ne sait pas grand-chose de cette époque alors que les livres sur l’histoire du Liban foisonnent.»
Celle que tu es devenue est donc un mélange de fiction et de réel. «Je me suis beaucoup documentée sur les faits et événements qui ont traversé cette période du Liban, poursuit Chkaiban, tout en étoffant le déroulement.»
Passéiste et actuel
À lire le récit de la romancière, on s’amuse à décortiquer toutes les constantes de ce pays qui en font un lieu particulier et tous les changements advenus. On se rend ainsi compte qu’il y a encore beaucoup de faits sociaux immuables qui n’ont pas changé d’un pouce tant dans la mentalité que dans la vision de l’avenir ou même dans cette politique qui, tout en changeant de nom, est restée la même. «Le personnage de Nemr, précise Chkaiban, reflète le changement, alors que son frère est signe de soumission et de rigidité. »
Ce n’est certainement pas le souhait de l’auteure d’écrire un ouvrage politique, mais au Liban le social se dissocie si peu du politique qu’on ne peut s’attaquer à un sujet sans évoquer l’autre.
Le récit de Nayla Aoun Chkaiban se lit de bout en bout sans perdre haleine. Le rythme bien balancé, le style simple et épuré sans aucune fioriture superficielle permettent au lecteur de pénétrer immédiatement dans l’atmosphère du roman. Le lecteur est happé par cette époque et comme téléporté dans le temps. « Je ne sais pas si j’ai apporté des réponses, conclut-elle encore, mais j’avais surtout besoin de susciter un questionnement. » Pourquoi les Libanais ont-ils tendance à oublier si facilement leur histoire ?, semble-t-elle dire.
À travers ce roman, cette diplômée en lettres françaises – qui dit avoir déjà une autre idée de roman – essaye de transmettre non seulement un simple portrait de grand-mère, mais un passé enfoui qui se dévoile soudain au regard.


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Je lui souhaite le succès de tout coeur.
12 h 03, le 04 avril 2013