La couverture de l’ouvrage.
C’est à la fois l’histoire d’un come-back, d’un retour aux sources et un message d’espoir et de pardon. Le dernier livre de Tracy Chamoun, Le Sang de la paix, qu’elle a signé samedi à la librairie Antoine de Beirut Souks, n’est pas vraiment une autobiographie et encore moins un règlement de comptes. C’est un récit d’expériences personnelles et de méditations sur le Liban, les racines, la politique, le parti (PNL, fondé par l’ancien président Camille Chamoun). Écrit à la première personne, il est truffé d’incidents réels qui suscitent chez l’auteure des réflexions profondes. Il est vrai que la vie de Tracy Chamoun n’est pas un long fleuve tranquille. Bien au contraire, en une seule vie (plutôt moitié de vie), cette dame a vécu plus d’expériences que plusieurs personnes réunies. Née dans une famille dite politique (les Chamoun), elle a d’abord évolué dans le sillage de son grand-père, puis dans celui de son père Dany, avant de vivre la terrible tragédie de son assassinat avec sa seconde épouse et ses deux demi-frères. Elle a d’ailleurs raconté tout cela dans un premier ouvrage, d’abord pour exorciser les sentiments négatifs et ensuite pour ouvrir une nouvelle page. Elle est d’ailleurs revenue au Liban, le temps d’assister au procès devant la Cour de justice, en dépit de la difficulté pour elle de revivre des moments particulièrement pénibles. Faute d’entente avec son oncle Dory, qui a repris le flambeau de la famille et la tête du PNL, elle est retournée aux États-Unis pour recoller les morceaux de sa vie et accompagner sa mère dans sa longue maladie. Mais on ne tourne pas facilement la page du Liban et des racines. D’autant qu’elle a toujours éprouvé au fond d’elle-même une sorte de sentiment de culpabilité de ne pas avoir poursuivi le combat et d’avoir déçu ceux qui avaient placé en elle tant d’espoirs... Dix-sept ans plus tard, elle revient (sans être jamais vraiment partie) avec un livre et beaucoup de détermination. Cette fois, elle estime que le moment est venu de reprendre la main. Plutôt que de se disputer avec son oncle Dory au sujet du PNL, elle a choisi de fonder son propre parti les Démocrates libres et elle ne cache pas sa volonté de se présenter aux élections législatives, d’abord pour poursuivre la ligne tracée par son père et ensuite pour encourager les femmes qui ont du mal à se lancer dans la vie politique. Tracy Chamoun sait que dans sa vie rien n’est facile et qu’elle s’aventure en terrain miné, où les coups bas sont légion. Mais cette fois, elle se sent plus forte et plus sûre d’elle. Elle dit d’ailleurs dans son livre : « J’ai désormais compris que je n’étais ni mon grand-père ni mon père. J’ai mon propre parcours et je sais maintenant que si je suis née dans cette terre de rencontre des civilisations, ce n’est pas par hasard... »
Tracy Chamoun estime donc qu’elle a une mission et que toutes les épreuves qu’elle a traversées ont un sens, la ramener vers le point de départ, vers le Liban, sur lequel un avis de tempête est en train de souffler. Elle ne se prend pas pour une héroïne ni pour celle qui va sauver le pays. Mais elle pense que sa propre expérience peut servir,
puisque, au fil des drames, elle a compris que la plus grande victoire que l’être humain peut remporter est sur lui-même. Il faut que les Libanais, écrit-elle, cessent de se dire « non » et apprennent à se dire « oui ». Elle sait de quoi elle parle, elle qui a su dire : non à la haine, oui à la vie et à la renaissance. Le livre sera disponible en français à partir du 4 avril.
S.H.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Tracy Chamoun a été digne dès le début. Elle n’a adressé aucun message de haine ou de vengeance, alors que cette femme a été meurtrie dans son âme et dans son cœur. Une leçon où peuvent s’inspirer tant de nos politiciens. Ce n’est pas chose facile de se frayer un chemin dans la jungle de la politique libanaise dominé par la loi du plus fort, non pas par des élections démocratiques, mais par les armes, le chantage et la terreur. Elle s’imposera sans peine dans le paysage politique également dominé jusqu'à présent par quelques ''machos''.
11 h 00, le 01 avril 2013