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Nos lecteurs ont la parole

Une autre mémoire de la guerre de 1975-1990

Par Lyna COMATY
L’article intitulé « La guerre du Liban, de Lyna Comaty » (L’Orient-Le Jour du samedi 24 mars 2013) appelle un éclaircissement et quelques remarques importantes pour mieux comprendre l’exposition décrite. Tout d’abord le titre de l’exposition est « Une autre mémoire : expérimenter l’écriture de l’histoire » et non pas « La guerre du Liban » que l’on présente à travers cette expo, mais bien un essai de travail interactif de reconnaissance des versions antagonistes de la guerre, donc de reconnaissance de la mémoire de l’Autre, d’où son nom : « Une autre mémoire ».
L’article présente l’exposition organisée au sein du colloque « Dialogue des cultures, culture du dialogue » les 21 et 22 mars 2013 à l’ESA, mais omet de préciser que cette dernière est un échantillon d’une plus large exposition organisée en mai 2012 par les jeunes du Mouvement du renouveau démocratique (Tajaddod Youth), dans le but d’ouvrir le débat sur la mémoire et l’histoire de façon originale et la plus objective et neutre possible. Surtout, de lancer le débat de cette manière dans le milieu politique, chose rare car ce genre d’initiatives est dans la plupart des cas du ressort de la société civile.
En effet, le projet part de deux constats : premièrement, le fait que nous n’ayons pas de livre d’histoire unique et que nous ne nous soyons pas affranchis de la politique dans l’histoire fait que nous oscillons entre une amnésie officielle et une hypermnésie sociale de la guerre. Deuxièmement, le projet part du principe que les jeunes sont marginalisés du système. En effet, il est rare de les voir participer à la chose publique, encore moins à un tel travail d’écriture de cette période de laquelle ils n’ont pas été acteurs. Cela fait d’eux des acteurs entre deux : n’ayant pas vécu la guerre, il ne vivent pourtant pas la paix mais l’après-guerre. Plus que tout, cela rend les jeunes fatalistes et désengagés.
Comme le souligne l’article, une chronique de la période de 1975 à 1991 est présentée en montrant la une du Safir à côté de celle du Nahar sur 26 dates-clés de la période. Cela fait tout de suite ressortir la différence de traitement de l’information d’un côté comme de l’autre. Le visiteur devient ensuite participant en apposant, à l’aide de Post-it mis à disposition, ses souvenirs dudit événement, son avis sur ce qui en ressort, ou ses perspectives d’avenir. De par la méthode utilisée, l’exposition essaye de faire ressortir d’une part la divergence des versions dans le traitement des faits, afin de nous amener à réfléchir au fait que notre histoire serait peut-être une pluralité d’histoires et non une seule histoire. D’autre part, l’expérience du Post-it permet aux expériences personnelles des individus de se retrouver au même niveau, sur le même mur. À travers cette expérience, le mur sur lequel apparaissent initialement deux unes de médias opposés devient un lieu de dialogue, de reconnaissance de l’autre, et de légitimation de chacune des versions de voir les faits de par la présence de l’avis quelquefois antagoniste à côté.
Mais l’aspect le plus important du projet est de faire ressortir que le dénominateur commun des deux versions n’est autre que la violence infligée à l’autre, et qu’il serait plus important de se mettre d’accord sur ce fait plutôt que sur la chronologie du déroulement et la véracité des faits. Si nous arrivons à voir la guerre comme un souvenir lointain dans lequel toutes les parties sont victimes mais surtout aussi toutes bourreaux, alors nous sommes sur le bon chemin vers une reconnaissance de l’autre dans sa diversité.
L’article intitulé « La guerre du Liban, de Lyna Comaty » (L’Orient-Le Jour du samedi 24 mars 2013) appelle un éclaircissement et quelques remarques importantes pour mieux comprendre l’exposition décrite. Tout d’abord le titre de l’exposition est « Une autre mémoire : expérimenter l’écriture de l’histoire » et non pas « La guerre du Liban » que l’on présente à travers cette expo, mais bien un essai de travail interactif de reconnaissance des versions antagonistes de la guerre, donc de reconnaissance de la mémoire de l’Autre, d’où son nom : « Une autre mémoire ».L’article présente l’exposition organisée au sein du colloque « Dialogue des cultures, culture du dialogue » les 21 et 22 mars 2013 à l’ESA, mais omet de préciser que cette dernière est un échantillon d’une plus...
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