« Je tiens à préciser que malgré les courants négatifs – que l’on ne peut nier et qui ne doivent pas être ignorés – le printemps arabe reste l’un des plus grands développements porteur d’espoir, du XXIe siècle. Je dis ceci, parce qu’aujourd’hui, à travers le monde arabe, des millions de personnes vivent avec des gouvernements et des sociétés qui sont plus réceptifs à leurs aspirations. C’est une réalisation par les Arabes, pour les Arabes, portant leur propre marque », a affirmé d’emblée M. Gemayel.
Il a indiqué que le printemps arabe est, « d’une part, une lutte entre de vieux gouvernements dictatoriaux et les forces du changement et, d’autre part, un clash entre les forces de liberté et de démocratie, menées par une avant-garde de jeunes, et des religieux extrémistes voulant imposer une idéologie puritanisme ». M. Gemayel a averti que si ces derniers accèdent au pouvoir, ils institueront « une nouvelle forme de dictature, divine et pervertie ».
Le cauchemar syrien...
Le chef des Kataëb s’est arrêté ensuite sur le « cauchemar syrien », « provoqué par un gouvernement qui a choisi de faire la guerre à son propre peuple dans une vaine campagne pour écraser le printemps syrien, et, ce faisant, a lâché les forces de l’extrémisme religieux qui menacent la future démocratie de la région ». « Par ailleurs, ce serait dans l’intérêt de la Syrie, de la démocratie arabe et de la communauté internationale que Damas opte pour une transition dans les institutions de l’État », a-t-il ajouté, avant d’affirmer redouter que les armes non conventionnelles du gouvernement syrien passent aux mains du Hezbollah, « causant une spirale de conflits régionaux ». Il a aussi souligné les risques que la guerre en Syrie entraîne « une potentielle déstabilisation du Liban qui est le creuset de la démocrate arabe ».
Une stratégie globale
Le besoin de stratégie globale pour promouvoir la démocratie dans le monde arabe a poussé Amine Gemayel à proposer son « plan Marshall pour accéder à la démocratie ». Il a expliqué : « À l’instar du plan Marshall historique, le nôtre serait un partenariat et une véritable coopération entre la communauté internationale démocratique et la démocratie arabe montante. Un vrai partenariat et non un paternalisme occidental. » Celui-ci s’articule autour de quatre points : la réforme de l’éducation et l’introduction des nouvelles technologies, les médias comme partenaires dans la démocratie, une gouvernance qui doit répondre de ses actes et un développement socio-économique. Il a élaboré : « La première étape de ce processus démocratique est de donner à la jeunesse de la région les preuves tangibles que sa vie va s’améliorer parce que le printemps arabe est le fait de jeunes en faveur de changements. Pour les inspirer, un système éducatif adéquat doit leur être proposé. Et, surtout, les nouveaux cursus doivent renforcer l’enseignement de la tolérance, de la solidarité et du partenariat. »
En cas d’émergence d’une démocratie arabe, la technologie informatique sera importante pour promouvoir les principes et les valeurs démocratiques, de même que l’apport des ONG, a-t-il expliqué.
M. Gemayel a fait remarquer qu’en 2011, le cheikh d’al-Azhar avait publiquement endossé le processus démocratique et que le courant du Futur, à majorité sunnite, avait déclaré que « les changements réclamés par la jeunesse arabe constituent un processus à long terme, allant au-delà de nouvelles élections ». Il a aussi rappelé que son parti avait également rédigé une charte prônant l’égalité hommes-femmes dans tous les secteurs et s’opposant à toute discrimination à l’encontre de tout groupe sur base se sa religion ou de son ethnie. Parallèlement, a-t-il dit, le député Samy Gemayel est parvenu à faire voter, il y a un an et demi, une loi jugeant les crimes d’honneur (solvables auparavant), comme un crime.
« Au final, a ajouté le chef suprême des Kataëb, l’expérience historique montre que la privation socio-économique et la pauvreté mènent à l’extrémisme, qui est synonyme au Moyen-Orient de fondamentalisme religieux. »
La conférence a été suivie d’un débat, modéré par M. Hassan Mneimneh, membre du German Marshall Fund.
En conclusion, M. Gemayel a proposé que le German Marshall Fund, en partenariat avec des think tanks arabes, se réunisse à Beyrouth pour évaluer les possibilités de son plan pour l’accès à la démocratie. « Aujourd’hui, le monde arabe est apte à ce genre de changements qui font surface tous les quelques siècles. L’histoire ne nous pardonnera pas si nous manquons cette occasion historique », a-t-il insisté.


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Commencez par le tronc de l'arbre , comme premier pas, à la BASE... un PLAN de vous entendre sur une loi électorale et sur un gouvernement d'union nationale, TIMIDES MAIS NECESSAIRES DEMANDES POPULAIRES... avant de vouloir sauter comme un ressort sur la cime...
09 h 31, le 28 mars 2013