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Les combats reprennent de plus belle entre Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen

De violents combats opposaient, hier tard en soirée, des éléments armés des quartiers rivaux de Bab el-Tebbaneh (sunnite) et Jabal Mohsen (alaouite), a rapporté l’Agence nationale d’information (ANI, officielle). Jusqu’à l’heure de mettre sous presse, ces affrontements avaient fait 2 tués et 16 blessés au moins, selone le site Now Lebanon. Une grenade a explosé dans la rue Starco dans le quartier de Bab el-Tebbaneh, alors que les tireurs embusqués sévissaient dans la région, a précisé pour sa part l’ANI.


Un calme précaire avait pourtant régné durant toute la matinée, au cours de laquelle un enfant a été blessé par balle. Le jeune Issa Zaatiti, âgé de 12 ans, a été atteint d’une balle perdue pendant qu’il jouait dans un terrain vague limitrophe de l’hôpital al-Zahra. Il a été aussitôt admis dans cet établissement où il a dû être opéré. Le ministre des Affaires sociales, Waël Bou Faour, a chargé Rita Karam, la secrétaire générale du Conseil supérieur de l’enfance qu’il préside, de prendre contact avec l’hôpital ainsi qu’avec les parents de l’enfant pour s’enquérir de l’état de santé de ce dernier et leur faire part de la volonté du Conseil d’assurer le traitement dont le petit Issa aurait besoin. Dans un communiqué, M. Bou Faour s’est dit consterné parce que des victimes civiles continuent de tomber à cause des affrontements sporadiques à Tripoli. Il a insisté en particulier sur la nécessité de maintenir les enfants à l’abri des conflits armés.


Plus tard dans la journée, le chef spirituel de la communauté alaouite au Liban, cheikh Assad Assi, avait solennellement averti que « la discorde s’est réveillée », et en avait attribué la responsabilité à une « minorité takfiriste ».
« La mesure est comble, nous devons nous défendre ! » avait-il ajouté, tout en affirmant ne nourrir envers la population civile sunnite que les meilleurs sentiments. En tout état de cause, la déclaration de cheikh Assi avait accentué le climat de malaise et de veillée d’armes à Tripoli, où l’armée est en état d’alerte, et où plus de 1 000 soldats sont déployés dans le périmètre des affrontements.


Il reste que cette nouvelle flambée de violence a suivi l’arrestation d’un des individus soupçonnés d’avoir ouvert le feu mercredi à l’hôpital gouvernemental de Kobbé. L’autoroute Tripoli-Beyrouth avait été momentanément bloquée à l’aide de pneus brûlés en début de soirée, en signe de protestation contre cette interpellation. L’armée avait arrêté à l’aube Jihad Dandachi, qui a été immédiatement soumis à un interrogatoire serré.


Dans une déclaration à l’agence al-Markaziya, Ahmad Karamé, ministre d’État, a déploré « le chaos » au niveau de la sécurité dans le pays, jugeant « illogique et anormal » ce qui s’y passe « puisque les incidents itinérants de sécurité n’épargnent aucune région, comme si quelqu’un donnait l’ordre pour que ce genre d’abus soit commis ».
Parallèlement, les comités civils de Tripoli ont tenu une réunion conjointe au terme de laquelle ils ont mis en garde, dans un communiqué, contre les affrontements entre les deux quartiers rivaux et les attaques « répétées » contre des civils. Ils ont affirmé redouter que ces incidents « n’augurent d’un retour à la violence programmée, avec un quinzième round que tout le monde craint ».
Ils ont demandé au gouvernement et aux forces de l’ordre de « réviser leur plan pour maintenir l’ordre dans la ville », critiquant « le laisser-aller au niveau du règlement des problèmes qui s’y posent » et jugeant nécessaire pour l’État de « ne pas pratiquer une politique de distanciation à l’égard de ce qui s’y passe ».

 

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