Le comportement animal visualisé dans un contexte de lien avec l’humain offre à l’enfant l’image d’un monde serviable et fidèle, utile à l’homme.
À observer au quotidien le nombre de personnes qui promènent leurs chiens, on s’interroge sur le lien censé être humain, qui concerne les rapports entre nous à tout âge.
En dressant un tableau de scènes de la vie quotidienne, je propose ici une toile d’échanges communs où l’élémentaire est paradoxalement négligé :
L’anniversaire :
Tout ce monde est là : père, mère, grands-parents, voisins, amis et étrangers, invités à célébrer ce jour bénit. On s’embrasse, sourit, chante, danse, mange. Beaucoup de paroles, de gesticulations pour « partager » l’événement.
Le résultat : on est tous fatigués à la fin, mais sans la joie attendue car cette dimension requiert une intimité qui nous fait sentir la complicité de vrais sentiments souvent bâclés au détriment d’artifices attractifs.
La réunion :
Les copains attendent que le dernier arrive pour entamer le repas. Ils sont bien là physiquement mais absents d’esprit la majorité du temps. Le clavier, ce nouvel humanoïde virtuel, les autorise, entre deux bouchées, à placer un mot, à avoir un regard.
Ainsi partager peut davantage impliquer la négligence de l’autre et privilégier en un même lieu et temps l’individualisme intimiste du jeu de touches.
Une soirée avec Mona :
Ce moment privilégié du spectateur où Mona et Michel présentent le meilleur du pouls de la ville. On parle de tout, avec un humour subtilement adapté à chaque invité.
La réalité libanaise :
On regarde une émission et l’on manifeste le besoin de fuir, de parler des autres et rarement de nous-mêmes afin de réfléchir, d’avoir à répondre et à une solitude profonde.
À quand des célébrations, repas, émissions qui rendent un véritable hommage :
– Au contenu, au-delà de la forme.
– À la joie intérieure plus qu’aux fards extérieurs.
– Au face à face des regards au lieu du face au cellulaire.
– À la communication qui permet de partager des vécus qui rendent nos vies passionnantes.
– Au dialogue à la place des monologues.
En cherchant à nous réconcilier avec des valeurs personnelles, nous apprenons à découvrir l’humilité. Celle qui porte, au-delà de la cohabitation vécue avec ce compagnon à quatre pattes, un regard attentif et soigné aux autres.
Ce fils de la jungle offre curieusement une si belle leçon de disponibilité !
Joe ACOURY


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