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Lifestyle - Éducation

Apprendre le mandarin en immersion, en plein cœur des... USA

Avec l’aide de Pékin, la langue chinoise est en plein essor tandis que l’enseignement des autres langues recule.

Yuli Sun, professeure de mandarin à la Broadway Elementary School, enseigne aux petits étudiants grâce à des jeux.         Robyn Beck/AFP

Susan Wang ne parlait pas un mot d’anglais en arrivant en Californie depuis son Taïwan natal, du haut de ses 16 ans. Aujourd’hui âgée de 49 ans, elle dirige une école qui offre aux jeunes Américains une expérience similaire, en les plongeant dans la culture chinoise. Dès cinq ans, les élèves de la Broadway Elementary School de Venice, à l’ouest de Los Angeles, suivent des cours entièrement en chinois, dans des classes décorées d’affiches également en chinois, avec des livres remplis de caractères chinois. « Je ne parlais pas anglais en arrivant ici, donc tout ce qui relève de l’apprentissage d’une nouvelle langue est cher à mon cœur », raconte Susan Wang. « La chose la plus étonnante est de regarder les enfants apprendre et de voir avec quelle rapidité ils intègrent un nouveau langage. »
Le mandarin est en plein essor aux États-Unis depuis une dizaine d’années. « C’est l’une des rares langues à avoir décollé, alors que la plupart des autres reculent, y compris le français, l’allemand et le japonais », explique Nancy Rhodes, du Center for Applied Linguistics (CAL), basé à Washington. Les programmes d’immersion au mandarin ne sont pas nouveaux aux États-Unis, mais l’influence et le rôle grandissants de la Chine, aujourd’hui deuxième puissance mondiale, n’ont fait que grossir la demande.

Très attrayant
Le ministère chinois de l’Éducation y est aussi pour quelque chose, et Pékin envoie sans scrupule des professeurs de langue maternelle venir enseigner, gratuitement ou pour de très bas salaires, dans des écoles américaines. « Les écoles font face à des coupes budgétaires importantes, donc l’offre de professeurs de langue maternelle venus enseigner ici pour rien, ou pour très peu, est très attrayante », selon Mme Rhodes. La Californie, située dans l’ouest des États-Unis, a toujours été à la tête de cet essor, à la fois géographiquement et historiquement, depuis l’arrivée en masse de travailleurs chinois pour la construction du chemin de fer. San Francisco et Los Angeles détiennent les deux plus importantes communautés chinoises du pays, après New York.
Traditionnellement cependant, les parents qui plaçaient leurs enfants dans ce genre de programmes avaient des origines chinoises et souhaitaient que leurs progénitures connaissent leur « héritage » culturel. Désormais, les motivations se situent aussi du côté de la carrière future des enfants. « Je voulais qu’ils puissent être capables de quitter les États-Unis s’ils le veulent et de trouver du travail ailleurs, explique Julie Wang, une Australienne arrivée aux États-Unis à l’âge de 25 ans. C’est une opportunité fantastique de découvrir des cultures différentes et d’autres modes de vie. »

Origines diverses
Dans les salles de classe de la Broadway Elementary School, les visages des petits écoliers témoignent d’ailleurs d’origines diverses : africaines-américaines, européennes, hispaniques. Beaucoup ne parlent pas un mot de mandarin en arrivant. « Au début c’est difficile », note Carol Chan, l’une des enseignantes. « J’utilise beaucoup d’images et de musique (...), ça marche vraiment et ils s’amusent en plus. » La petite Grace Ehlers confie que désormais elle est aussi à l’aise en anglais qu’en chinois : « C’est pareil, ou peut-être un peu plus facile en chinois car mon père parle plusieurs langues et quelquefois il m’enseigne le chinois. »
De son côté, la directrice de l’école reconnaît que le fait que les professeurs soient embauchés gratuitement a été décisif dans la décision de lancer ces programmes. « Si nous avions pu avoir des professeurs gratuits de français ou d’espagnol, nous enseignerions ces langues. » Selon le CAL, les programmes d’immersion les plus suivis aux États-Unis sont l’espagnol à 45 %, suivis du français (22 %), du mandarin (13 %), puis de l’hawaïen, du japonais et de l’allemand.

(Source : AFP)
Susan Wang ne parlait pas un mot d’anglais en arrivant en Californie depuis son Taïwan natal, du haut de ses 16 ans. Aujourd’hui âgée de 49 ans, elle dirige une école qui offre aux jeunes Américains une expérience similaire, en les plongeant dans la culture chinoise. Dès cinq ans, les élèves de la Broadway Elementary School de Venice, à l’ouest de Los Angeles, suivent des cours entièrement en chinois, dans des classes décorées d’affiches également en chinois, avec des livres remplis de caractères chinois. « Je ne parlais pas anglais en arrivant ici, donc tout ce qui relève de l’apprentissage d’une nouvelle langue est cher à mon cœur », raconte Susan Wang. « La chose la plus étonnante est de regarder les enfants apprendre et de voir avec quelle rapidité ils intègrent un nouveau langage. »Le...
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