Cette disparition m’a fait réfléchir. Bien plus jeune que lui, je suis déjà désabusée. Je traîne mes pas dans les rues de ma ville en me demandant à quoi bon. À quoi bon lutter contre un système qui, bousculé il y a quelques années, revient en force pour nous écraser.
La liberté est partie. Son vent nous a à peine effleurés un matin de mars. Il nous a remplis les poumons, éclairés le regard, nous a fait redresser le dos. Et puis il s’est echappé. Vite, trop vite.
La fraternité est partie. Sur une place de Beyrouth, par un matin de printemps, on s’était découverts. On s’était vus pour la première fois. Tiens ! Comme on se ressemblait ! Et puis le rêve dura ce que durent les rêves, l’espace d’un battement de paupières. Mon frère de droite, celui dont je serrais la main en répétant le serment de fidélité, a pris peur. Il s’est recroquevillé dans son coin, il s’est isolé, récupéré par des discours obsolètes. Mon frère de gauche, celui dont j’espérais le retour à la maison, s’en est allé porter ses rêves de justice ailleurs. Il va mourir au combat pour une cause qui ne le concerne pas. Ou si peu. Mon frère de sang, lui, continue à se noyer dans sa rancœur quand il ne se perd pas dans des calculs de probabilité alambiqués.
Reste l’égalité. Elle, elle est encore là. Égalité dans la médiocrité, dans la privation des droits élémentaires, dans l’indignité d’une vie quotidienne toujours plus difficile, dans la soumission toujours plus passive à des êtres qui n’ont rien à cirer de notre avenir. Égalité devant le sort qui nous attend. Égalité dans la bêtise, tout simplement.
Y a t-il encore quelqu’un pour s’indigner ? Pour rêver d’un Liban meilleur ? Pour rêver de ce qui n’est, en somme, que notre droit : un État pour tous ? Y a-t-il quelqu’un pour faire plus que rêver ? Pour agir ?


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
ET PUISQU'ILS NE DÉGAGENT PAS, IL FAUT LES DÉGAGER.
15 h 42, le 13 mars 2013