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Économie - Quatre Questions À

« Le Liban est doté d’une “baraka” »

Ferid Belhaj, directeur régional de la Banque mondiale pour le M-O

Vous êtes arrivés au Liban il y a quelques mois, quelles sont vos premières impressions ?
Il y a beaucoup de tensions qui affectent aujourd’hui l’économie libanaise. Des tensions exogènes liées, entre autres, à la crise syrienne et des tensions internes provoquées par la lenteur des réformes et les importants problèmes d’infrastructure. Vu sous cet angle, un observateur étranger pourrait facilement tomber dans les prévisions les plus pessimistes et affirmer que le Liban est au bord du gouffre. Et si l’on appliquait les chiffres et les réalités du Liban à un autre pays, ce serait la catastrophe assurée.
Mais le Liban est doté d’une « baraka ». L’économie libanaise a de tout temps démontré beaucoup de résistance et une grande résilience face aux crises et aux conflits de tout genre. Avec la mise en place de réformes sérieuses, le Liban pourrait faire un bond significatif en termes de développement et de croissance car il en a toutes les capacités et les ressources. De plus, le pays jouit de deux éléments très importants qui lui assurent une certaine stabilité : ses expatriés et sa banque centrale, qui, grâce à une politique monétaire très bien pensée, permet de maintenir les grands équilibres économiques.

Comment la Banque mondiale choisit-elle ses priorités pour le financement de projets au Liban ?
Nos stratégies d’engagement avec les pays membres durent entre trois et quatre ans, renouvelables. La Banque mondiale (BM) met en place une enveloppe et s’accorde avec le gouvernement sur une série d’activités et d’objectifs pour la période donnée.
Aujourd’hui, nous arrivons à mi-parcours de la stratégie d’engagement pour le Liban, qui a débuté en 2011 et prendra fin en 2015. Le montant de l’enveloppe est de 600 millions de dollars. Cette somme couvre en réalité des prêts que la BM accorde au pays. Le Liban faisant partie des pays à revenus intermédiaires, ces prêts se font à des taux très bas (environ 1,5 %), remboursables sur 17 à 20 ans. Il est par ailleurs important de souligner que ces stratégies d’engagement sont adaptables et flexibles, selon les réalités du terrain et l’évolution de la situation socio-économique du pays.

Quels sont selon vous les plus grands défis à venir du Liban ?
Aucun budget n’ayant été approuvé depuis 2006, le pays est dans l’impossibilité de se projeter à long terme et d’entreprendre des réformes. L’important aujourd’hui est qu’il y ait un véritable dialogue entre toutes les composantes de la société libanaise pour définir des objectifs très précis.
La BM travaille très étroitement avec le gouvernement et avec la société civile (presse, universités, secteur privé, ONG...) pour être le plus en phase possible avec la réalité sur le terrain. On demande également à tous ces acteurs de nous accompagner dans les activités qu’on entreprend.
Nos principaux axes d’engagement concernent la protection sociale, l’éducation, l’innovation, le soutien aux PME et aux technologies de l’information, l’infrastructure, le transport et la préservation du patrimoine culturel.
La BM accorde également une importance particulière au dossier énergétique et nous menons un dialogue touffu avec le ministère de l’Énergie et de l’Eau pour essayer d’avancer efficacement. Les découvertes pétrolières et gazières en mer sont une excellente nouvelle pour le Liban, à condition de bien savoir les gérer. Il est primordial de mettre en place un système de gouvernance qui permette une redistribution efficace et équitable dans le tissu socio-économique.

Comment la Banque mondiale gère-t-elle le problème des réfugiés syriens au Liban ?
Ce qu’on espérait être une crise temporaire s’est révélé être un conflit à long terme et le problème des réfugiés syriens devient de plus en plus pesant pour le Liban. Il est encore trop tôt pour chiffrer exactement leur impact réel sur l’économie libanaise, mais on peut clairement dire que le contribuable libanais va devoir, tôt ou tard, participer au financement de l'absorption socio-économique de tous ces réfugiés.
La BM n’a pas pour l’instant de programme spécifique à l’intention des réfugiés syriens car il n’est pas dans ses prérogatives d’agir dans l’urgence et l’immédiat, mais plutôt dans une approche sur le moyen et le long terme. Si le conflit en Syrie venait à durer encore plusieurs années, il est clair qu’il faudra repenser notre stratégie d’engagement au Liban.

 

Pour mémoire

« Pour relancer la croissance au Liban, il faut privatiser les télécoms et EDL »

 

Roger Nasnas : Pas de croissance sans une société civile épanouie

 

 

 

Vous êtes arrivés au Liban il y a quelques mois, quelles sont vos premières impressions ?Il y a beaucoup de tensions qui affectent aujourd’hui l’économie libanaise. Des tensions exogènes liées, entre autres, à la crise syrienne et des tensions internes provoquées par la lenteur des réformes et les importants problèmes d’infrastructure. Vu sous cet angle, un observateur étranger pourrait facilement tomber dans les prévisions les plus pessimistes et affirmer que le Liban est au bord du gouffre. Et si l’on appliquait les chiffres et les réalités du Liban à un autre pays, ce serait la catastrophe assurée.Mais le Liban est doté d’une « baraka ». L’économie libanaise a de tout temps démontré beaucoup de résistance et une grande résilience face aux crises et aux conflits de tout genre. Avec la mise en place...
commentaires (4)

De BARAKA, à RAKIBA wa ZAHABA fa GHATASSA wa GHARIKA... WA ALLAH I 3AWID BI SALAMTAK... QUE SERA SERA !

SAKR LEBNAN

15 h 17, le 12 mars 2013

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Commentaires (4)

  • De BARAKA, à RAKIBA wa ZAHABA fa GHATASSA wa GHARIKA... WA ALLAH I 3AWID BI SALAMTAK... QUE SERA SERA !

    SAKR LEBNAN

    15 h 17, le 12 mars 2013

  • Il a fumé la moquette et mangé les champignons....plus simplement,il est à la BM...MO...Bordel Mafiieux...Mafieuse Organisation.

    GEDEON Christian

    17 h 06, le 11 mars 2013

  • On se demande si c'est bien du Liban qu'il s'agit quand on lit cette interview. Je cite : "prêts remboursables sur 17 à 20 ans" et "le pays est dans l’impossibilité de se projeter à long terme et d’entreprendre des réformes". Comment peut-on prêter sur 20 ans à un pays qui n'offre aucune garantie de stabilisation et encore moins de redressement ? Ou encore : "Nos principaux axes d’engagement concernent la protection sociale, l’éducation, l’innovation, le soutien aux PME et aux technologies de l’information, l’infrastructure, le transport et la préservation du patrimoine culturel". Phew ! Peut-on savoir, pour chacun de ces dossiers, où réside la moindre évolution, le moindre progrès ? Quant au "dialogue touffu avec le ministère de l’Énergie et de l’Eau", ce sont surtout certaines poches que les Libanais voient touffues, voire surchargées. Ce qui fait que pour "mettre en place un système de gouvernance qui permette une redistribution efficace et équitable (découvertes pétrolières et gazières) dans le tissu socio-économique", on peut toujours rêver. Autre aberration : "le contribuable libanais va devoir, tôt ou tard, participer au financement de l'absorption socio-économique de tous ces réfugiés". Je me demande si M. Belhaj sait ce qu'est un gouvernement armé qui instaure la loi de la jungle. Autrement dit, où sont passés ces 600 millions ?

    Robert Malek

    15 h 45, le 11 mars 2013

  • Baraka plus superstition plus surnaturel et pourquoi pas confier la gestion du pays à un marabout! Malgré les propos pleins de sympathie du responsable de la BM il y a beaucoup à faire.

    Emile Antonios

    06 h 49, le 11 mars 2013

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