S’agissant d’abord du dossier des réfugiés, la visite du commissaire s’est achevée par l’annonce d’une aide supplémentaire de 30 millions d’euros pour réduire l’impact de l’afflux des réfugiés syriens sur le Liban, le total de l’assistance européenne s’élevant désormais à 75 millions d’euros. « La somme supplémentaire prend en compte les besoins des réfugiés, mais aussi ceux de la société d’accueil. Nous sommes conscients de l’épreuve qu’endurent les citoyens libanais pour accueillir les réfugiés », a-t-il précisé. Les fonds seront alloués selon les priorités définies par le gouvernement dans son plan d’aide aux réfugiés. Le but est surtout de renforcer les institutions impliquées dans l’éducation et les services aux réfugiés (notamment les ministères des Affaires sociales, de l’Éducation et de la Santé, autour desquels s’articule d’ailleurs le plan d’aide présenté par le Liban lors de la conférence des donateurs en décembre dernier). Les ménages et communautés qui ouvrent leurs portes aux réfugiés seront également assistés.
La sécurité aux frontières
Füle a rappelé dans ce cadre l’esprit de partenariat caractéristique de la PEV, qui préconise un processus de réforme durable, au-delà de l’aide instantanée. Cette méthode est appliquée en situation de crise. Mais Füle n’occulte pas l’existence d’obstacles à la réforme durable, notamment « le manque de capacité administrative, ou ce que vous appelez un excès de confessionnalisme, mais aussi les pressions externes », liées aujourd’hui précisément à l’afflux des réfugiés. Interrogé par L’Orient-Le Jour sur la situation sécuritaire aux frontières avec la Syrie, Stefan Füle a rappelé l’objet de sa dernière visite au Liban en 2011. Il avait alors évoqué les incursions syriennes aux frontières avec les responsables libanais, avant de leur transmettre la disposition de l’UE « à offrir son expertise pour une gestion des frontières qui permette aux forces militaires et sécuritaires d’asseoir leur présence effective sur leurs propres frontières ». Il a réitéré cette proposition hier devant le ministre des Affaires étrangères...
L’accent sur les législatives
C’est justement au nom du processus de réforme que le commissaire européen a insisté sur la nécessité de la tenue des législatives. « Ces élections devraient se tenir à la date prévue comme l’exige votre Constitution, et sur la base des standards internationaux », a affirmé Stefan Füle. Il a surtout précisé que « la réforme électorale doit émaner d’un consensus (insistance sur ce terme) entre les différentes parties et que les élections unifient les Libanais ». Interrogé sur le risque sécuritaire que porterait le report des élections, il laisse entendre que les institutions, garantes de la sécurité, sont le produit des élections. « Je ne trouve aucune raison particulière qui pousserait les politiques libanais à ne pas appliquer leur propre Constitution », a-t-il encore ajouté, faisant remarquer que le Liban devrait constituer le terrain privilégié « des élections libres et justes, caractéristiques des démocraties, à l’heure des changements historiques dans la région ».
Interrogé enfin sur l’affaire de l’attentat de Burgas, à la veille de la réunion des ministres européens de l’Intérieur demain, il a rappelé que « l’enquête est toujours au stade préliminaire », le but premier étant « de prévenir les récidives en Europe et ailleurs... » Saluant une nouvelle fois la coopération de l’État libanais au niveau de l’enquête, il a affirmé qu’il quitte le Liban « avec un très bon sentiment ».


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