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« Le printemps de la francophonie » sous le signe de la jeunesse, de la créativité et de l’inédit

Mois de la francophonie « Francophones de tous les pays, unissez-vous » : c’est l’appel fédérateur et passionné hier d’un ambassadeur de France qui prend des notes en... arabe. Au cours de la conférence de presse pour l’annonce des activités du mois de la francophonie 2013 tenue au ministère de la Culture en présence de Gaby Layoun, et des ambassadrices de Suisse. Ruth Flint et du Canada, Hilary Childs-Adams, ainsi que de l’ambassadeur de Roumanie Daniel Tanase et des attachés culturels marocain, roumain et arménien, Patrice Paoli a en effet tracé, sur son croquis, quelques mots d’une belle calligraphie arabe. Le pont Orient-Occident ne s’est pas arrêté là. M. Paoli a en effet émaillé son discours de quelques phrases en arabe littéraire, insistant sur l’importance du dialogue des civilisations. « Le mois de la francophonie n’est pas le mois d’une seule langue. C’est l’occasion d’encourager la diversité », a-t-il affirmé dans la langue, non pas de Molière, mais d’Avicenne. Beau moyen, s’il en est, d’affirmer le dialogue des langues et des civilisations. C’est sous le signe de la jeunesse, de la créativité et de l’inédit que se déroule tout au long du mois de mars cette fête de la langue française et de la culture francophone, en partenariat avec le ministère de la Culture, l’Agence universitaire de la francophonie et l’ensemble des ambassades francophones.
28/02/2013

L’ambassadeur de France avait entamé son allocution en assimilant ce mois à « un nouveau printemps francophone ».
Un mois qui prend de l’ampleur et du succès puisqu’au début, on a commencé par lui consacrer une journée. Puis une semaine et maintenant un mois entier. « Jusqu’où cela peut-il mener ensuite ? » s’est-il demandé, mi-figue, mi-raisin.
Cette nouvelle édition, intitulée « Rêvons la francophonie », est une invitation à célébrer la francophonie dans tous ses états. Au programme : des activités pluridisciplinaires résolument tournées vers la jeunesse et un public familial avec du théâtre, des expositions, des performances, des ateliers pour les enfants animés par des graffeurs, des chorégraphes danseurs, des comédiens et des écrivains.


« Cette initiative de l’Organisation internationale de la francophonie est accueillie avec beaucoup d’intérêt dans notre pays où une grande partie de nos concitoyens s’expriment (encore) en français », a déclaré le ministre Gaby Layoun en rappelant que le Liban a été l’un des fondateurs les plus actifs des organisations francophones internationales. Il a ensuite rendu un hommage au dynamisme des ambassades francophones, notamment celle de France et ses organismes attachés, mais aussi de Roumanie, de Suisse, du Canada, d’Arménie et de Pologne « grâce auquel ce programme riche et varié a pu être mis en place ». Le ministre Layoun a mis l’accent ensuite sur les initiatives locales très louables qui cherchent sous la houlette de son ministère à promouvoir les jeunes talents et les encourager : le spectacle lyrique au musée national, le spectacle de danse de Beirut Dance Company (Nada Kano au théâtre al-Madina) et la soirée de musique arménienne et française. Le ministre de la Culture (« l’enfant pauvre de la République », comme il l’a désigné lui-même) a conclu en invitant le public à participer à ces évènements festifs afin de prouver que « notre pays, même quand il se débat dans des crises politiques interminables, est capable de s’élever dans les sphères, ô combien plus enrichissantes, du bien et du beau ».


Le coup d’envoi des festivités sera donné demain vendredi 1er mars, à l’Espace des lettres de l’Institut français, rue de Damas, avec le vernissage à 18h30, des expositions des œuvres de deux artistes, l’un français, le graffeur Tanc, l’autre libanais, le peintre Willy Aractingi, suivi d’une soirée littéraire et musicale avec l’actrice Carole Bouquet. Plusieurs évènements se succéderont tout au long du mois avec notamment une pièce de théâtre de Jean-Marie Piemme, Les Pâtissières, mise en scène par Nabil el-Azan au théâtre Tournesol. Côté scènes également, un spectacle jeune public avec les « Amis des marionnettes », le festival du conte au théâtre Monnot. En musique, une création de Zad Moultaka pour le festival al-Bustan, un concert de Karim Ghrabi en partenariat avec l’ambassade de Belgique, une performance de Sandra Iché à Ashkal Alwane, et enfin deux soirées de clôture festives avec des artistes du festival « La Voix est libre » : danseurs, musiciens, chanteurs, acrobates et libres penseurs, les 22 et 23 mars au théâtre Montaigne.
Comme en 2012, des ateliers seront proposés, sur 3 semaines, aux écoles publiques et privées, pour les enfants de 4 ans à 15 ans : ateliers d’initiation à l’art du graff, d’écriture, de danse, d’arts plastiques et de théâtre
À souligner que la francophonie sera également à l’honneur dans tous les Instituts français en région à Tripoli, Saida, Zahlé, Deir el-Qamar, Jounieh, avec des expositions, des spectacles, des ateliers artistiques, des conférences et des projections de films. À Tyr, le concours des « 10 mots », organisé en partenariat avec la Finul, se tiendra pour la 3e année consécutive. Dans la Békaa, la 2de édition du Concours de la chanson francophone sera ouverte le 20 mars.

 

Les ambassadeurs des pays francophones entourant le ministre libanais de la Culture, Gaby Layoun. Crédit photo : Institut français du Liban



Le programme du mois de la francophonie se présente comme suit. Pour une version plus détaillée, consulter le site de l’Institut français du Liban.

Expositions
 Les graffitis de TANC
 Tancrède Perrot, dit Tanc, l’un des artistes du fameux « White Wall » au Beirut Art Center il y a quelques mois, revient avec ses tableaux, cette fois construits comme des morceaux de musique électronique, par superposition de couches qui ne s’obturent pas les unes les autres. Ses peintures, qui semblent si évidentes et si minimales au premier coup d’œil, sont en fait le résultat d’une longue réflexion sur la couleur et l’illusion optique. À la médiathèque de l’IFL, du 1er au 23 mars.

Willy Aractingi : « Quatorze Fables de La Fontaine »
 Artiste autodidacte, Willy Aractingi s’est fait connaître à travers de multiples expositions, illustrations de livres et de calendriers. C’est en 1989 qu’il a entamé son opus magnum, l’illustration des 244 Fables de La Fontaine. Seul peintre à avoir illustré la totalité des Fables, il achève cette œuvre en 1995 au terme de sept années de travail.
Les Fables sont sorties transformées du pinceau d’Aractingi : toutes illuminées de couleurs, imprégnées de naïveté et de merveilleux, elles s’accordent au monde imaginaire du peintre que l’on devine pourtant complice de l’esprit caustique de La Fontaine.
Les œuvres sont exposées avec l’aimable autorisation de Mme Aractingi-Nabaa et en collaboration avec le collège Notre-Dame de Jamhour où sont conservés 28 tableaux du peintre dans un lieu qui lui est dédié, la « salle Willy Aractingi ».
Du 1er au 23 mars, dans le hall d’entrée du théâtre Montaigne.

Le « Manège des Fables » de Nicole Bouldoukian
Installation dans l’espace de 25 fables sculptées autour des Fables de Jean de La Fontaine.
En salle d’exposition de l’Institut français du Liban, du 1er au 23 mars.

 


Théâtre
« Lettres à Génica », par Carole Bouquet
Cette lecture musicale sur la correspondance d’Artaud s’oriente particulièrement sur son amour pour Génica, sa maladie, sa jalousie, sa folie... Voir l’interview réalisée par Colette Khalaf avec l’actrice française dans notre édition du mercredi 26 février.
« Là où d’autres proposent des œuvres, je ne prétends pas autre chose que de montrer mon esprit », écrit Artaud, « le poète maudit », en préambule de L’Ombilic des Limbes. Et posant cela, il dit toute l’essence de son œuvre et de ses poèmes. Anarchie, désordre, délire et surtout quête de lui-même, de l’esprit et de la réalité. L’impossible harmonie entre son corps et sa pensée, et la difficulté à trouver le sens de l’être le conduiront à être interné pendant 9 ans en hôpital psychiatrique (notamment à Rodez où il subit les électrochocs dans les années 40).
Vendredi 1er mars à 20h00 au théâtre Montaigne.

« Les Pâtissières », pièce de Jean-Marie Piemme, mise en scène par Nabil el-Azan
 Une comédie noire. Mina, Flo et Lili, les sœurs de la pâtisserie Charlemagne, ont dû mettre un terme à leurs activités. Ça les met de méchante humeur. Elles reviennent sur les circonstances qui les ont forcées à vendre la pâtisserie, retracent le visage d’une époque qui préfère les produits industriels à la qualité « faite main ». « Le goût merdeux est au goût véritable ce qu’Helmut Loti est l’art lyrique », décrète l’une d’elles qui a toujours rêvé d’être une Traviata...
Du 7 au 10 mars à 20h30 au théâtre Tournesol (Tayyouneh). Renseignements et réservations au 01/381290.

 


Musique
Conte musical de Zad Moultaka
Tous les hommes dansent, conte musical de Zad Moultaka pour cinq chanteurs absents, un ténor soliste, saxophone, percussions & vidéos d’après un récit de sir Laurens Van der Post par l’ensemble Mezwej : Marc Manodritta, Joël Versavaud, Claudio Bettinelli, chœur d’hommes enregistré sur une commande du festival al-Bustan.
« Quelque chose d’inexplicable m’a poussé avec persistance vers un peuple que je connais peu... Je ne connaissais des Bushmen que leur langue, et c’est déjà merveilleux et précieux pour un musicien de les avoir croisés sur le chemin. Les Bushmen ont quasiment disparu, mais leurs danses et leurs chants existent toujours. Questionner l’énergie de ces hommes, leur rapport au sol et à la terre, réfléchir sur la disparition d’un peuple, d’une terre, d’une civilisation, un danger qui nous guette tous, tel est l’ambition de ce projet », écrit Zad Moultaka à propos de son œuvre qui sera présentée le 14 mars à 20h30 à l’auditorium Émile Boustany.
Informations et réservations au 04/972980-1-2.

Concert de Karim Gharbi
 Karim Gharbi est sorti 1er lauréat de la Biennale de la chanson française 2010-2011 et a reçu le prix Jeunes Découvertes du festival « Alors chante Montauban » 2011, le prix du Chainon Manquant 2011 et le 1er prix du concours « Le Mans cité chanson » 2009. « C’est beau, c’est juste, ça remue, ça perturbe les préjugés. Humour et émotion sont conjugués en mode majeur. On aperçoit parfois la dégaine de Charlie Chaplin, on entend Paul Verlaine, on croit voir se déhancher Michael Jackson sur un tcha-tcha-tcha. L’écriture est précise, la théâtralité de l’interprétation est remarquable, le chant est envoûtant. Rien ne permet de savoir à l’avance si la chanson qu’il commence vous fera rire ou dresser les poils », écrit Philippe Pagès, directeur du théâtre Le Bijou, à Toulouse à propos de Ghrabi.
Avec Clément Nourry à la guitare, et le soutien de Wallonie-Bruxelles International.
Vendredi 15 mars à 20h00 au théâtre Montaigne

 


Performance
« Wagons libres » de Sandra Iché
En 2000, Sandra Iché écrit une histoire de L’Orient-Express, magazine francophone beyrouthin des années 1990, fondé et dirigé par l’historien et journaliste Samir Kassir. Dix ans plus tard, en 2010, Iché mène une nouvelle série d’interviews avec les anciens de L’Orient-Express. Mais cette fois, chacun se prête à un entretien dont le protocole est pensé pour que la parole ne redouble plus le réel, indéfiniment sombre, du « malheur arabe », s’autorisant toutefois la fiction : l’interview a lieu en 2030, et depuis ce 2030, nous nous souvenons d’aujourd’hui. Par cette démarche à la fois rétrospective et d’anticipation, le souvenir, habituellement lieu de la nostalgie, devient un outil de remise en jeu du présent. Un projet conçu par Sandra Iché et réalisé par Mary Chebbah, Ali Cherri, Virginie Colemyn, Gaël Chapuis, Laure de Selys, Sylvie Garot, Renaud Golo, Sandra Iché, Lenaïg Le Touze, Carol Mansour, Pascale Schaer, Vincent Weber.
Production : Association Wagons libres.
Coproduction : Les Halles de Schaerbeek (Bel) ; Pact Zollverein (All) ; Le Parc de La Villette (Fr) ; Les Subsistances (Fr).
Les 21 (en français) et 22 mars (en anglais) à Ashkal Alwan à 20h30.
Entrée libre – nombre de places limité,réservations conseillées au 01/423879.

Festival « La Voix est libre »
Joué chaque année devant un public fervent en France, voyageant de ville en ville (théâtre Garonne/Toulouse, scènes nationales de Calais et d’Annecy...), le festival qui se présente comme une « célébration du “libre-étrange”, hymne à la rencontre lancé tel un geste vital contre le clivage des genres et des identités humaines », est accueilli pour la première fois à l’international pour deux soirées au ton fureteur et atypique, honorant la liberté d’expression au sens le plus intransigeant.

Vendredi 22 mars : « Les Indomptables »
 Musique des mondes, jazz, danse, acrobatie, génétique ou astrophysique : tout prouve que la vie n’émerge et ne persiste qu’à travers une infinité de formes nées de la collision et du hasard.... « Tout feux-tout femmes », telles seraient les propriétés de ce spectacle réunissant Frédérique Bruyas – porte-parole de poétesses d’Afrique, d’Asie, et du Moyen-Orient – et Elise Dabrowski, cantatrice, contrebassiste et improvisatrice à la voix volcanique. Avec Peter Corser, souffleur de feu, Mathieu Desseigne, acrobate et danseur de hip-hop, sans oublier le batteur d’élite Edward Perraud et l’irrésistible Élise Caron. Après un entracte, le spécimen Fantazio, figure culte de l’underground parisien, descend de son ovni sonore avec sa voix lactée, ses ukulélés et autres contre-barrissements.
Durée : 2 heures avec entracte, à l’Institut français de Beyrouth.

Samedi 22 mars : « Rhizomes »
 Elise Dabrowski improvise un corps-à-cordes sensible, à fleur de mots, créant un chant éclectique dont le genre et l’origine échappent à tout contrôle. Du jazz à l’opéra, sa voix hypnotique semble tour à tour libérée et apprivoisée par les charmes de sa contrebasse, dans une valse des émotions où la colère jubile, la rage se fond dans la délicatesse, la liberté devient nécessité. La danseuse, acrobate et vocaliste Marlène Rostaing est rejointe par le chaman-accordéoniste Pascal Contet, interprète majeur et figure libre des musiques d’aujourd’hui. Après un entracte, Forabandit promet un voyage « poélitique », offert par trois musiciens. Rythmées par le zarbvirtuose de Bijan Chemirani, les voix saisissantes de Sam Karpienia (Dupain) et d’Ulas Özdemir révèlent la verve libertaire des poètes d’Oc et d’Anatolie dans un sublime écrin méditerranéen.
Durée : 2 heures avec entracte. Et prolongation des festivités pour un after à partir de 23h au Métro al-Madina(Hamra) : informations et réservations au 76/309363.

 

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Carole Bouquet veut être une osmallya...

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