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À La Une - Crise

Tunisie : Les islamistes d'Ennahda font une concession clé

L'annonce du nouveau gouvernement pourrait intervenir "à la fin de la semaine", selon Ghannouchi.

L'actuel ministre de l'Intérieur, l'islamiste Ali Larayedh, chargé la semaine dernière de former un nouveau gouvernement en Tunisie. AFP PHOTO / FETHI BELAID

Les islamistes tunisiens d'Ennahda ont annoncé mercredi céder les ministères régaliens à des indépendants, acceptant une revendication clé de la classe politique et ouvrant la voie à la mise en place d'un nouveau gouvernement pour sortir le pays d'une profonde crise.


"Nous confirmons la +neutralisation+ des quatre ministères de souveraineté, le ministère de l'Intérieur y compris sera sous une personnalité hors des partis politiques", a déclaré Rached Ghannouchi, le chef d'Ennahda, à l'antenne de la radio privée Kalima. Selon lui, l'annonce du nouveau gouvernement pourrait dès lors intervenir "à la fin de la semaine".


Actuellement, Ennahda dirige les ministères de l'Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères. Le quatrième, celui de la Défense, est contrôlé par un indépendant, Abdelkarim Zbidi, en fonction depuis janvier 2011 et la révolution qui a fait chuter le régime de Zine El Abidine Ben Ali.


Le parti islamiste, après avoir longtemps résisté, cède ainsi à une revendication de la quasi-totalité de l'opposition et de ses partenaires laïques au gouvernement, Ettakatol et le Congrès pour la République (CPR) du président Moncef Marzouki. "Nous voyons que c'est dans l'intérêt de la Tunisie que le gouvernement, dans la période transitoire et pour la période à venir, réunisse les islamistes et les laïcs (...) même si nous sommes majoritaires", a encore dit M. Ghannouchi. 

Il a indiqué, qu'outre l'alliance en place depuis fin 2011, le mouvement Wafa -formé de dissidents du CPR- le bloc parlementaire Liberté et Dignité -de tendance islamiste- et l'Alliance démocratique -composé de dissidents d'un parti d'opposition- pourraient rejoindre le futur cabinet.

 

 

Toujours pas de compromis
Mais selon Mohamed Bennour, le porte-parole d'Ettakatol, cette concession positive ne signifie pas qu'un compromis a été trouvé.
"Il y a un accord pour que les ministères soient confiés à des indépendants mais pas sur les noms des ministres", a-t-il expliqué à l'AFP, jugeant peu probable que les pourparlers aboutissent avant "le milieu de la semaine prochaine".
"Il y a aussi encore la question des autres ministères", a ajouté M. Bennour dont le parti réclame encore qu'Ennahda revienne sur une série de nominations controversées à la tête d'institutions publiques et des régions tunisiennes.


L'actuel ministre de l'Intérieur, l'islamiste Ali Larayedh, a été chargé la semaine dernière de former un nouveau gouvernement après la démission d'Hamadi Jebali face aux refus d'Ennahda de constituer un cabinet de technocrates.
Ce dernier avait avancé cette idée le 6 février, jour de l'assassinat de l'opposant anti-islamiste Chokri Belaïd, estimant qu'il s'agissait du seul moyen pour sortir la Tunisie de la paralysie politique et de juguler l'essor de la violence.
M. Larayedh, qui a promis un gouvernement pour "tous les Tunisiens et Tunisiennes" lors de sa nomination, a multiplié les consultations ces derniers jours mais ne s'est pas exprimé sur leurs avancées. Il a jusqu'au 8 mars pour présenter son cabinet et son programme au président.


En théorie, avec 89 députés, Ennahda peut réunir assez facilement la majorité nécessaire de 109 élus sur 217 à l'Assemblée nationale constituante (ANC), mais il doit trouver un soutien bien plus large pour pouvoir prétendre à sortir la Tunisie de sa crise.
Car si l'assassinat de Chokri Belaïd a fait imploser le gouvernement sortant, cela fait des mois que la vie politique est paralysée. La Constitution est dans l'impasse faute d'accord sur la nature du régime politique, bloquant l'organisation de nouvelles élections. Or l'adoption de la loi fondamentale nécessite une majorité des deux-tiers à l'ANC.
La Tunisie est aussi confrontée à l'essor d'une mouvance salafiste violente, qui selon les autorités, a assassiné Chokri Belaïd.

 

"Nos frères sont tués en Palestine, et vous, vous dansez!"

Mercredi matin, une dizaine de militants islamistes radicaux ont d'ailleurs investi l'Institut des langues Bourguiba à la cité El Khadra de Tunis, provoquant une bagarre pour tenter d'empêcher la tenue d'une mise en scène du buzz planétaire en ligne "Harlem Shake" organisée par les étudiants.
A l'arrivée des intrus, accompagnés de femmes voilées, les étudiants de l'Institut des langues ont commencé à scander "Dégage ! Dégage !", déclenchant des affrontements à coups de poings, a constaté une journaliste de l'AFP.
"Nos frères sont tués en Palestine par les Israéliens, et vous, vous dansez!", a lancé l'un des assaillants, vêtu d'une tenue militaire et tenant à la main un cocktail Molotov qu'il n'a pas utilisé.
Finalement, les militants islamistes ont quitté les lieux et les étudiants ont pu filmer leur "Harlem Shake".


La cité El Khadra de Tunis est un bastion de la mouvance radicale salafiste. De nombreuses pages proches de ce courant et d'autres groupes islamistes ont dénoncé le "Harlem Shake", le jugeant indécent et non-conforme à l'islam.


L'une de ces vidéos, réalisée samedi dernier dans la cour d'un lycée de Tunis, avait déjà provoqué la colère du ministre de l'Education, Abdellatif Abid, qui a ordonné une enquête. En réaction, le site de son ministère a été piraté et un appel a été lancé sur les réseaux sociaux pour la tenue d'un "Harlem Shake" géant vendredi devant le ministère de l'Education.


La chanson électro-dance "Harlem Shake" du DJ américain Baauer sert de base à un mème (phénomène viral sur Internet), dont se sont emparés en deux semaines plusieurs dizaines de milliers d'internautes sur le site de partage de vidéos Youtube. Sur les vidéos, on peut voir plusieurs personnes, déguisées à outrance ou dénudées, danser de façon frénétique. Le buzz a été lancé par un groupe d'adolescents australiens qui ont mis en ligne sur YouTube une vidéo de 30 secondes intitulée "The Harlem Shake v1 (TSCS original)", et qui a été visionnée près de 16 millions de fois depuis le 2 février.

 

 

Pour mémoire

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Les islamistes tunisiens d'Ennahda ont annoncé mercredi céder les ministères régaliens à des indépendants, acceptant une revendication clé de la classe politique et ouvrant la voie à la mise en place d'un nouveau gouvernement pour sortir le pays d'une profonde crise.
"Nous confirmons la +neutralisation+ des quatre ministères de souveraineté, le ministère de l'Intérieur y compris sera sous une personnalité hors des partis politiques", a déclaré Rached Ghannouchi, le chef d'Ennahda, à l'antenne de la radio privée Kalima. Selon lui, l'annonce du nouveau gouvernement pourrait dès lors intervenir "à la fin de la semaine".
Actuellement, Ennahda dirige les ministères de l'Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères. Le quatrième, celui de la Défense, est contrôlé par un indépendant, Abdelkarim Zbidi, en...
commentaires (2)

Allez Tunisiens...virez les...encore un effort!

GEDEON Christian

19 h 50, le 27 février 2013

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Commentaires (2)

  • Allez Tunisiens...virez les...encore un effort!

    GEDEON Christian

    19 h 50, le 27 février 2013

  • Et on nous parle quand du gouvernement du régime raciste ? parce que c'est la foire d'empoigne aussi !

    Jaber Kamel

    15 h 24, le 27 février 2013

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