Ali Khassan Khalil ne tient pas seulement un portefeuille très important pour la grande majorité des Libanais, celui de la Santé. Il a aussi la clé de dossiers très délicats en sa qualité de conseiller politique du président de la Chambre Nabih Berry. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il ne donne pas beaucoup d’interviews à la presse. Mais il a fait une exception pour la délégation de l’ordre des rédacteurs, menée par Élias Aoun.
Le ministre de la Santé commence donc par exposer les réalisations de son ministère et ses projets, notamment celui d’assurer une couverture médicale pour tous les Libanais, qu’ils soient ou non inscrits à la CNSS ou assurés. Il a ainsi expliqué aux présents les trois programmes d’aides accordés par son ministère aux patients souffrant de maladies chroniques, à ceux atteints de maladies difficiles à soigner et à ceux qui ont besoin d’être hospitalisés, sachant que chaque jour 2 000 Libanais entrent à l’hôpital. Mais comme on peut bien l’imaginer, ce sont les questions politiques qui ont occupé la plus grande partie de la rencontre. À la question directe de savoir si les élections auront lieu à la date prévue, le ministre a préféré répondre en disant que le plus dangereux serait de déclarer qu’il n’y aura pas d’élections législatives, car ce serait un constat de faillite pour l’État et ses institutions, indépendamment des courants politiques. C’est encore plus grave, selon lui, si on voit ce qui se passe dans la région et l’instabilité générale. Ali Hassan Khalil estime donc qu’il est encore possible de s’entendre sur une loi consensuelle, si les différentes parties mettent de côté leurs paris régionaux et leurs intérêts personnels. « Mais si chacun continue à vouloir une loi découpée à ses propres mesures, nous allons droit dans le mur. Nous autres, nous restons ouverts à toutes les propositions, privilégiant l’entente. C’était la position du président Berry même au moment où les commissions votaient en faveur du projet orthodoxe. » À ce sujet, il a refusé de dire si Berry compte soumettre le projet orthodoxe au vote de l’Assemblée plénière, se contentant de déclarer : « Les élections doivent avoir lieu sur la base d’une loi consensuelle. »
Toujours au sujet des élections, Ali Hassan Khalil a rejeté le concept de ce qu’on appelle « le report technique », précisant que s’il y a une volonté de s’entendre, elle peut bien se faire dans les délais prévus. En même temps, il a émis des doutes sur la possibilité « d’une prorogation collective » (du mandat du directeur des FSI et de celui du commandant en chef de l’armée et de plusieurs autres officiers qui vont bientôt à la retraite, en concomitance avec la prorogation du mandat du Parlement, et de celui du président de la République, avec le maintien en fonction de l’actuel gouvernement). Tout en reconnaissant que ce scénario est évoqué dans la presse, Ali Hassan Khalil a déclaré qu’il donnerait une image désastreuse du Liban, ajoutant qu’il n’y croit pas trop.
Par contre, il s’est montré moins vague au sujet de la situation sécuritaire, affirmant que la multiplication des incidents sécuritaires nuit à l’image de l’État et de ses institutions et met en cause la confiance des citoyens dans cet État. Selon lui, c’est là un problème fondamental, qu’il faut absolument traiter, car il est autrement plus important que les discussions politiques. Ali Hassan Khalil a estimé qu’il ne suffit plus de déclarer son appui aux forces de l’ordre et d’affirmer la levée de la couverture politique sur tel ou tel. Il faut prendre des mesures drastiques. il n’est pas permis d’avoir une vingtaine de gangs qui enlèvent et rançonnent les citoyens sans que les forces de l’ordre ne puissent rien contre eux. Le ministre de la Santé a insisté sur le fait qu’il s’agit d’une responsabilité collective, de la majorité et de l’opposition et elle dépasse donc celle du gouvernement.
S.H.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine