Le patriarche Raï en compagnie du cardinal Sfeir, hier, avant son départ pour Moscou. Photo bkerke.org
Le prélat maronite, qui s’exprimait à l’AIB avant son départ en Russie pour une visite paroissiale, a évoqué la crise socio-économique qui secoue le pays avec son lot de grèves et de manifestations, estimant que les politiques doivent trouver les solutions. Cependant, a-t-il ajouté, « la classe politique n’est pas la seule responsable mais le peuple l’est également ».
« L’État doit réaliser la situation désolante à laquelle sont parvenus les citoyens qui souffrent au quotidien », a-t-il encore dit, soulignant que les « paroles mielleuses ne suffisent pas mais il faut passer à l’action », d’autant que la « crise sociale et économique s’est amplifiée » et que la sécurité s’est nettement dégradée. « Le Liban ne peut plus supporter de plus amples secousses », a-t-il dit en espérant que les grèves n’en arrivent pas à paralyser le pays.
Prié de s’exprimer sur ses préférences en matière de loi électorale et de dire s’il avalisait le projet du Rassemblement orthodoxe, le patriarche a indiqué qu’une loi électorale n’est pas exclusivement pour les chrétiens ni exclusivement pour les musulmans. Évoquant l’image d’un oiseau qui ne peut voler si l’une de ses ailes est brisée, il a affirmé que la situation au Liban « n’est pas parfaite puisque les deux ailes ne sont pas à égalité et ne produisent pas un équilibre ». « Bien entendu, la loi électorale est susceptible de rectifier l’équilibre », a ajouté Mgr Raï.
Reprenant les critiques adressées au projet orthodoxe « qui donne toutefois des droits à tout le monde », il a affirmé qu’il faut trouver quelque chose de « semblable afin de maintenir les deux ailes du Liban en équilibre ». Et de dénoncer le principe consistant à « concocter une loi à la juste mesure de certains ».
À son arrivée en Russie, le patriarche a affirmé que le thème de la paix sera au centre de ses entretiens.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
La situation économique est déplorable. Tout autant que la situation du statut de la religion dans notre pays. Pour supprimer un jour le confessionnal, il faut commencer par éliminer du champ politique tous les intervenants religieux, chrétiens et musulmans. D'autant que ces temps ci, ils en sortent des contresens, aussi bien Raï que Kabalan que Nasrallah.
18 h 14, le 27 février 2013