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À La Une - Diplomatie

William Hague à Beyrouth : d’une pierre deux coups

Londres s’intéresse – aussi – aux hydrocarbures du Liban.

William Hague, chef du Foreign Office à Baabda, le 21 février 2013 : la G-B veut agir pour la prospérité et la stabilité du Liban. Photo Dalati et Nohra

Est-ce l’odeur du pétrole et du gaz offshore qui a attiré au Liban le chef de la diplomatie britannique, William Hague ? Pas vraiment, si l’on en croit le ministre de l’Énergie, qui a parlé à ce propos d’une « heureuse coïncidence », mais c’est un fait qu’aux volets politique, diplomatique et humanitaire de la visite de M. Hague s’est ajouté un intéressant volet économique.
Arrivé mercredi soir à Beyrouth, le ministre britannique a quitté Beyrouth hier après avoir rencontré le chef de l’État, Michel Sleiman, le président de la Chambre, Nabih Berry, le Premier ministre, Nagib Mikati, le ministre de l’Énergie, Gebran Bassil, et le commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi.
William Hague a longuement rencontré le ministre de l’Énergie, avant d’inaugurer avec lui les travaux de la société britannique Spectrum chargée d’explorer le sous-sol libanais, à la profondeur de 6 kilomètres, dans l’espoir d’y trouver des hydrocarbures.

 

(Pour mémoire : Bassil : Le forage pétrolier débutera fin 2015)


Prenant la parole à cette occasion, le ministre britannique a affirmé qu’une bonne gestion du dossier pétrolier par le Liban offrira au Liban « des occasions phénoménales » et lui permettra notamment le règlement de sa dette et de développer son infrastructure dans les secteurs de l’électricité, de l’eau, des transports et des communications ».
« Cette situation offrira des possibilités précieuses pour les sociétés britanniques », a dit M. Hague qui a ajouté que la Grande-Bretagne serait également heureuse de « proposer son expertise » dans le domaine du forage offshore.

Stabilité
Le chef du Foreign Office a remis au président Sleiman un message du Premier ministre britannique, David Cameron, dans lequel ce dernier a réaffirmé la nécessité de préserver la stabilité du Liban et a exprimé l’espoir de pouvoir continuer, à cette fin, à travailler « en étroite coopération » avec l’armée libanaise.
Après avoir rencontré le commandant en chef de l’armée, M. Hague a engagé la responsabilité de son gouvernement dans le financement de l’entraînement de 2 000 membres de la troupe, en 2013.
M. Hague a également exprimé l’intention de son gouvernement de contribuer à hauteur de 1,58 million de dollars au financement du tribunal spécial chargé de juger les assassins de Rafic Hariri.
Sur le plan humanitaire, M. Hague a visité un centre de distribution d’aide à Bourj Hammoud et annoncé que son gouvernement versera 17,3 millions de dollars d’allocation humanitaire aux réfugiés syriens, portant ainsi le total du montant accordé par son pays, à ce titre, à 30 millions de dollars.

 

(Lire aussi : L’urgence de relever le défi économique face à l’afflux des réfugiés syriens)

Il est temps qu’Assad parte
 À partir de Aïn el-Tineh, M. Hague a exprimé l’appui de son pays à la stabilité du Liban et exhorté le régime du président syrien Bachar el-Assad à répondre positivement à l’offre de dialogue du chef de l’opposition. Il a appelé le chef de l’État syrien à quitter le pouvoir. « Il est temps de partir », a-t-il dit, interrogé s’il avait un message à adresser à M. Assad.
« La Syrie (...) a connu assez de souffrances et de morts. Cette menace à la stabilité de toute la région ne doit pas être subie parce qu’une personne souhaite rester au pouvoir », a encore ajouté M. Hague.
Le chef de l’opposition Ahmad Moaz al-Khatib s’était dit prêt fin janvier à entamer des discussions directes avec des représentants du régime n’ayant pas « de sang sur les mains », précisant que tout dialogue devait nécessairement porter sur le départ du président, dont le clan est au pouvoir depuis 30 ans.

 

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