On reconnaît, de gauche à droite, Élias Atallah, Michel Pharaon, Dory Chamoun, Boutros Harb et Fouad el-Saad. Photo ANI
Réunies chez le député Boutros Harb, des personnalités chrétiennes indépendantes du 14 Mars ont exprimé hier leur « rejet absolu » de la proposition de loi électorale du Rassemblement orthodoxe et fait part de leur détermination à faire échec à ce projet « dangereux ».
La réunion a regroupé, outre M. Harb, le vice-président de la Chambre, Farid Makari, le chef du PNL, Dory Chamoun, les députés Michel Pharaon, Fouad el-Saad, Antoine Saad et Nicolas Ghosn, le président du mouvement du Renouveau démocratique, Camille Ziadé, et le secrétaire du RD, Antoine Haddad, les anciens députés Samir Frangié, Élias Atallah et Jawad Boulos, et le président du mouvement de l’Indépendance Michel Moawad.
Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion et lu par M. Ziadé, les personnes présentes dénoncent « une déviation du débat sur la loi électorale loin de son cadre démocratique sain ». Pour elles, il aurait fallu « rechercher la formule assurant la meilleure représentation possible pour les diverses catégories du peuple, tout en garantissant dans le même temps la vie commune des Libanais et en préservant l’unité du pays ».
Elles soulignent que « le rejet de la proposition orthodoxe par les députés chrétiens incarne leur attachement au Liban uni et leur refus de toute politique exposant la présence chrétienne au Liban au péril de l’isolement, du cloisonnement et de l’extrémisme, ce qui serait en contradiction avec leur rôle historique dans l’édification de l’État du Liban et dans leur environnement arabe ».
Plus spécifiquement, les signataires « regrettent la décision de limiter les discussions au sein des commissions parlementaires conjointes à la seule proposition orthodoxe ». « Cela a transformé la séance en une rude joute entre les forces politiques, s’achevant sur le retrait de certaines parties politiques essentielles de la réunion et donnant à un camp bien déterminé la possibilité d’imposer son projet de façon contraire aux dispositions du règlement interne qui parle de la nécessité de soumettre tous les projets et propositions à la discussion », ajoute le texte.
Pour les personnes présentes, « il est nécessaire d’adopter une loi qui rectifie la représentation, notamment chrétienne ». Mais elles précisent qu’elles avaient soumis à cette fin « diverses formules de loi électorale, comme par exemple la majoritaire uninominale ou les petites circonscriptions, ou encore le mode de scrutin mixte dans des proportions acceptables ». « Cependant, soulignent les signataires, les forces du 8 Mars, sous l’égide du Hezbollah et avec ce qu’elles comptent comme chrétiens, ont rejeté toutes ces formules parce qu’elles sont en contradiction avec leurs intérêts partisans, politiques ou mêmes familiaux. »
« Cela prouve que le slogan de défense des droits des chrétiens n’est qu’une matière de surenchère électorale chez certaines parties, l’objectif étant d’assurer par avance une mainmise sur le pouvoir ou bien, si cela se révèle impossible, de torpiller le déroulement des élections afin que leur gouvernement reste en place loin de tout contrôle et de toute sanction parlementaire », note le texte.
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Partant de ces considérations, les personnes présentes expriment leur « rejet absolu du projet du Rassemblement orthodoxe parce qu’il est susceptible de conduire à la partition du Liban en mini-États sectaires qu’aucun souci national commun ne rassemble et qui seraient dominés par l’esprit de repli sur soi, d’extrémisme et de surenchère. Cela mènerait aussi à dynamiter l’interaction culturelle positive entre la chrétienté et l’islam, qui a toujours caractérisé le Liban dans son environnement et a fait de lui un sanctuaire pour les libertés et un modèle pour les systèmes démocratiques ».
« En outre, poursuit le texte, ce projet est en contradiction avec l’aspiration des Libanais à un État civil dont parle la Constitution libanaise. »
Les signataires affirment en conséquence leur « détermination sûre à affronter ce projet dangereux et à œuvrer pour empêcher qu’il soit adopté à la Chambre. Dans ce but, ils s’emploieront à unifier les rangs des forces souverainistes à l’égard de la question de la loi électorale.
En effet, il est de leur devoir, face à leur public, à leurs militants et à leurs martyrs de la révolution du Cèdre, de préserver l’unité des forces souverainistes, leurs principes et leurs acquis, et de rectifier leur parcours afin qu’elles soient en mesure de faire face aux efforts continus des régimes syrien et iranien de mettre la main sur le pouvoir de décision nationale libanaise », conclut le communiqué.
Pharaon : Le but est d’ajourner les élections
Par ailleurs, dans une déclaration à la presse faite après son retour d’une visite dans le Golfe, M. Pharaon s’est déchaîné contre le chef du CPL, le général Michel Aoun, à la suite des déclarations faites par ce dernier au sujet de la situation à Bahreïn. « À l’extérieur, les Libanais ne parlent ni de loi électorale ni de projet du Rassemblement orthodoxe, mais du soutien apporté par le général Aoun à l’opposition bahreïnie qui ne s’est jamais souciée du Liban », a relevé M. Pharaon. « Ses propos mettent en danger les intérêts des Libanais dans le Golfe qui font vivre des milliers de familles libanaises », a-t-il lancé, accusant le général de « ne plus se soucier que des intérêts du ministre Gebran Bassil dont le portefeuille s’enrichit de propriétés foncières qu’il acquiert et de sociétés qu’il fonde ».
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Au sujet du projet orthodoxe, M. Pharaon a souligné que « le seul but de ce que nous avons vu ces jours derniers est l’ajournement des élections et la prolongation de la vie du gouvernement en place ».
Au sein du courant du Futur, plusieurs voix se sont élevées hier pour critiquer le projet du Rassemblement orthodoxe. Ainsi, par exemple, pour Mohammad Kabbani, député de Beyrouth, ce projet est « un faire-part du décès du Liban de la coexistence ».
Son collègue Nidal Tohmé, du Akkar, a toutefois assuré que le projet orthodoxe « ne passera pas en séance plénière à la Chambre, non seulement parce qu’il est menacé d’invalidation, mais aussi parce que la volonté populaire aura de l’influence sur la position de certains députés ».
Quant au député Joseph Maalouf, membre du bloc des Forces libanaises mais qui s’était abstenu de voter en commissions pour ce projet, s’il a admis que cette formule « assure, du point de vue confessionnel, une représentation authentique », elle n’en demeure pas moins « bourrée de failles aux yeux de tout le monde ».
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ça se voit que ça a été écrit à la hate!??
06 h 41, le 22 février 2013