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Cinema- - À L’Affiche

Destins et destinées

Le 7e art narre en images les destinées des grands hommes, mais raconte aussi le destin d’anonymes que ballotte la vie. Par la magie du cinématographe, ces anonymes-là deviennent des héros.

Chadi Haddad, quand les seconds rôles sous-tendent bien l’action.

Blind Intersections (Ossit Sawani),
de Lara Saba

Avec Carole el-Hajj et Alaa’ Hammoud.

Si le film de Lara Saba relate l’histoire de trois personnages appartenant à des milieux sociaux différents et vivant dans la ville de Beyrouth, il traite également, à travers ces trois principaux protagonistes, de questions sociales encore taboues dans la société libanaise, comme l’abus sexuel des enfants, la drogue, la prostitution, etc. Bien que les trois destins soient parallèles, il semblerait qu’ils tendent à se rencontrer. Comment ? Quand et pourquoi ? Tel est le mystère de la vie qui est subtilement narré par la cinéaste et sa scénariste Nibal Arakji. « Je me pose souvent des questions concernant les décisions que j’ai prises, si elles sont bonnes ou mauvaises, et si ma vie aurait été différente si j’avais choisi un chemin différent. Toutes ces questions me viennent toujours à l’esprit. Notre destin est-il tracé dès notre naissance, ou est-il changeable ? D’où l’idée du film Ossit Sawani » dit Arakji. Quant à Lara Saba, elle décrira son film par ces propos : « C’est comme si nous avions pris un morceau de la vie de ces personnes, un échantillon d’ADN ou une biopsie de la ville de Beyrouth, pour l’observer et l’analyser sous un microscope. Beyrouth est omniprésente dans le film. Pour moi, elle est la ville de tous les extrêmes, de l’extrême pauvreté à l’extrême richesse, de l’extrême culture au degré minimal de culture. C’est la ville des contradictions et la vie y est comme schizophrène. » Elle ajoutera que ses films insistent « sur l’homme dans sa vie quotidienne et en société, et sur les relations interhumaines. J’aime me pencher sur les relations qui unissent les gens les uns aux autres. J’aime travailler avec les acteurs. Nous partageons en effet une sorte d’interaction même si nous nous retrouvons de deux côtés différents de la caméra. »
Leurs sorts et leurs destins en effet vont s’imbriquer. Il suffit de quelques secondes pour que tout catapulte dans la vie. Il y a d’abord Nour, le premier personnage qui perd ses parents dans un accident de la route et sa vie s’en retrouve bouleversée. Le deuxième protagoniste, India, possède tout ce dont une femme peut rêver, sauf un enfant. Et pourtant elle est éducatrice et côtoie des vingtaines de gosses tous les jours. Le troisième personnage est Marwan, un enfant de 12 ans qui vit auprès d’une mère alcoolique et de mauvaise réputation. Il fuit alors sa maison pour mettre fin aux mauvais traitements émotionnels et physiques auxquels il est soumis. Le film nous introduit dans l’univers de ces personnages dont la vie s’effondre suite à une série de réactions, de contre-réactions et d’une chaîne d’événements, de décisions et des conséquences qui en découlent. Un très bon film dans la lignée du réalisme italien et qu’on n’est pas prêt d’oublier de sitôt, car il n’impose rien mais suggère en délicatesse par la subtilité de la narration et de la mise en scène.
Le film a été projeté au gala d’ouverture du Festival international du film indépendant (FIFI) qui a eu lieu à Bruxelles (Belgique) où il a remporté le prix du meilleur acteur, décerné au jeune Aalaa’ Hammoud, pour sa première expérience au cinéma.
Ossit Sawani a participé à plusieurs autres festivals, dont la 20e édition du Festival Camerimage à Bydgoszcz (Pologne) en novembre 2012, où il a été sélectionné dans la compétition des premiers films de réalisateurs.

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Blind Intersections (Ossit Sawani),de Lara SabaAvec Carole el-Hajj et Alaa’ Hammoud. Si le film de Lara Saba relate l’histoire de trois personnages appartenant à des milieux sociaux différents et vivant dans la ville de Beyrouth, il traite également, à travers ces trois principaux protagonistes, de questions sociales encore taboues dans la société libanaise, comme l’abus sexuel des enfants, la drogue, la prostitution, etc. Bien que les trois destins soient parallèles, il semblerait qu’ils tendent à se rencontrer. Comment ? Quand et pourquoi ? Tel est le mystère de la vie qui est subtilement narré par la cinéaste et sa scénariste Nibal Arakji. « Je me pose souvent des questions concernant les décisions que j’ai prises, si elles sont bonnes ou mauvaises, et si ma vie aurait été différente si j’avais choisi un...
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