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Culture - Exposition

« Anges, démons et sauvages », ou le trio Pollock, Dubuffet et Ossorio

« Anges, démons et sauvages » est l’histoire d’un dialogue pictural établi au milieu du siècle dernier de part et d’autre de l’Atlantique.

« Portrait n°7 », de Jackson Pollock.

C’est sur les cimaises de la Phillips Gallery of Art que l’on retrouve ce dialogue à trois voix qui, de prime abord, ne devraient pas s’accorder : le Français Jean Dubuffet et son «art sauvage», le Philippino-Américain Alfonso Ossorio et son inspiration religieuse, et l’Américain Jackson Pollock et son énergie démoniaque. D’où le titre de l’exposition «Anges, démons et sauvages», illustrée par 55 de leurs toiles, exécutées entre 1945 et 1958: un moment-clé de l’art d’après-guerre et de son transfert de l’Europe vers les États-Unis. «On a voulu, précise l’un des responsables de l’exposition, faire ressortir les affinités entre ces artistes d’horizons différents et leur interaction: l’impact de “l’art brut” de Dubuffet (productions de personnes exemptes de culture artistique et autres malades mentaux), l’esprit expérimental de la technique de Pollock et le langage figuratif d’Ossorio.» À partir d’une relation personnelle, faite de va-et-vient d’un continent à l’autre, ces trois grands noms de l’art contemporain ont mutuellement infusé leurs préoccupations esthétiques et leurs défis.
À l’origine de cette connexion, la grande admiration que voue Ossorio à Pollock et Dubuffet. Il rencontre le premier en 1949, à New York, et acquiert plusieurs de ses toiles. Puis Pollock lui suggère d’aller visiter Dubuffet à Paris. Ce qu’il fait. Ce sera par la suite au tour de Dubuffet de faire le trajet inverse. Ont suivi une correspondance, des retrouvailles et des collaborations régulières. Dans le fond, le trio appréhendait l’abstraction et la mouvance au-delà du courant figuratif. Une démarche mise en relief par un accrochage de recoupement: l’une des toiles d’Ossorio intitulée Visage réformé (1952) révèle les différentes manières qu’il a tentées dans le sens du non-figuratif et côtoie Brume de lavande de Pollock qui fait face à Texturologies de Dubuffet (qui essaie de rendre l’idée du sol).

Arts scéniques et arts plastiques
La Phillips Collection (premier musée américain à s’être impliqué dans l’art contemporain européen) a voulu aussi, dans ce contexte, jouer le jeu des correspondances entre les arts scéniques et les arts plastiques. Elle a ainsi invité une troupe de danseurs à créer une chorégraphie inspirée de l’exposition. Côté « ange », cela a donné une pièce éthérée, purement dans la note classique et inspirée de L’Ange disponible d’Ossorio. Les jets de couleurs de Pollock ont été dansés sur un mode saccadé, alors que les visions sauvages de Dubuffet ont été incarnées par un danseur se mouvant à contre-courant d’un groupe de danseurs qu’il est censé suivre. La chorégraphe a travaillé ces intermèdes selon cette idée, «peut-être quelqu’un viendrait vous sauver quand vous en avez besoin, peut-être quelqu’un réveillerait les démons en vous quand ils ont besoin d’être réveillés et un événement de grande passion peut être d’une beauté
sauvage».
Quand «les anges ont eux aussi leurs diables et les diables leurs anges»!
C’est sur les cimaises de la Phillips Gallery of Art que l’on retrouve ce dialogue à trois voix qui, de prime abord, ne devraient pas s’accorder : le Français Jean Dubuffet et son «art sauvage», le Philippino-Américain Alfonso Ossorio et son inspiration religieuse, et l’Américain Jackson Pollock et son énergie démoniaque. D’où le titre de l’exposition «Anges, démons et sauvages», illustrée par 55 de leurs toiles, exécutées entre 1945 et 1958: un moment-clé de l’art d’après-guerre et de son transfert de l’Europe vers les États-Unis. «On a voulu, précise l’un des responsables de l’exposition, faire ressortir les affinités entre ces artistes d’horizons différents et leur interaction: l’impact de “l’art brut” de Dubuffet (productions de personnes exemptes de culture artistique et autres...
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