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Nos lecteurs ont la parole

Les faux arguments des partisans du projet orthodoxe

Par Anthony FÉGHALI
Certains politiciens ont oublié qu’il y a juste un mois, ils célébraient l’avènement de l’an 2013, un pas de plus dans le XXIe siècle, et que l’ère dans laquelle ils vivent devraient les inciter à s’orienter vers une optique évolutive, constructive et positive.
Depuis quelque temps, nous avons droit à de grands discours pompeux et lyriques, visant à charmer les Libanais, et plus précisément les chrétiens de ce pays. « Les droits des chrétiens », on vous dira. Oui, messieurs, mais épargnez-nous ce discours lorsque vous prônez les soi-disant vertus d’une loi électorale qui ne fera que diviser les Libanais et démolir les efforts d’un peuple qui a montré son attachement à son unité en 2005 – et je dis bien de tout un peuple. Discours qu’il nous est pour le moins difficile d’accepter, surtout de la bouche de son auteur. Où étiez-vous, M. Ferzli, quand les droits des chrétiens étaient bafoués sous l’occupation syrienne ? On ne vous a pas vu aux côtés du patriarche Sfeir dans son vaillant combat pour un Liban souverain. L’histoire n’épargnera personne, pas même ceux qui tentent de redorer leur blason.
Gebran Tuéni n’a pas choisi ses mots à la légère : « Unis, musulmans et chrétiens » après toutes ces années durant lesquelles le régime syrien a inlassablement semé la discorde confessionnelle pour empêcher le pays du Cèdre d’être gouverné par ses fils. Mais on a tendance à oublier les serments que l’on prononce... « Unis, musulmans et chrétiens. »
Un des arguments phares de cette proposition de loi est qu’elle fait élire 64 députés chrétiens par des voix exclusivement chrétiennes, « des députés de race pure », dira-t-on, quitte à choquer les partisans du combat en faveur d’une citoyenneté digne de ce pays et de ses fondateurs. Qu’on est loin du Liban message de Jean-Paul II ; Michel Chiha et le patriarche Hoyek se retournent dans leur tombe.
On se veut « protecteur » et « défenseurs » des chrétiens, de leurs droits, de leur existence même. Quelle protection ? Est-ce en transformant la société chrétienne en une entité autarcique/bastion hermétique que l’on élimine les préoccupations des chrétiens ? Non que ces craintes ne soient pas légitimes, leur légitimité tenant même du fait qu’elles sont ressenties, mais on ne peut pas effacer ce sentiment par une loi qui conduirait le pays et les chrétiens vers l’inconnu. On ne résout pas le mauvais par le pire ni la crainte par un apaisement simpliste et trompeur.
Même durant les années noires de la guerre, le « réduit chrétienne » fut un projet abandonné en faveur d’un Liban uni sur ses 10 452 kilomètres carrés, scellant la coopération islamo-chrétienne, pierre angulaire de cet édifice que les ennemis et les faux amis de la nation tentent constamment d’ébranler.
Les Libanais chrétiens ont toujours constitué l’avant-garde et le bouclier de la société libanaise ; leur rôle ne doit pas changer. Bachir Gemayel disait : « On nous a attaqués parce que nous sommes chrétiens, mais nous nous sommes défendus en tant que libanais. »
On a qualifié le projet dit orthodoxe de « première entente entre grands partis chrétiens ». Entre les faux arguments des uns et les considérations personnelles des autres, c’est tout un pays que l’on pousse, volontairement ou involontairement, à travers cette triste entente, vers l’abîme. La formule est simple : un discours lyrique de sauveur des chrétiens en traitant tout opposant à cette proposition de traître et bourreau des droits des chrétiens. La conséquence directe de cette proposition (avec scrutin proportionnel) est une majorité parlementaire certaine au Hezbollah et ses alliés, propulsant ainsi le général au poste tant convoité.
La mise en avant d’un tel projet par certaines composantes du 14 Mars, alors que leur projet initial prévoyait 50 circonscriptions dans une tentative de contrer la propagande populiste de Michel Aoun tentant de mettre l’ombre sur deux ans de fiasco gouvernemental, fut le piège dans lequel vous êtes tombés, messieurs les politiciens.
Une propagande populiste orange si bien reprise par la télévision orange en faisant parler ces jeunes. « Je suis maronite, je suis catholique, je suis grec-orthodoxe, je suis... ». Eh bien moi, je suis libanais, chrétien, maronite et je ne veux pas voter que pour des maronites.
Le problème ne trouve pas sa solution dans cette proposition de loi sectaire, mais dans un débat national franc et honnête, exposant les craintes des uns et des autres. Un pacte national nouveau, un régime nouveau à travers une décentralisation du pouvoir où tous se retrouveraient.
Le remède n’est pas dans une optique d’isolement confessionnelle, ni pour les chrétiens ni pour toute autre confession. Il fut une époque où les Libanais chiites de Baalbeck considéraient Camille Chamoun comme leur leader. Cela faisait-il ces Libanais des traîtres à leur confession ou Camille Chamoun moins chrétien ?
Les chrétiens en ont assez d’être grugés par de grands slogans vides de sens. Non, les Libanais ne sont pas, chrétiens et musulmans, un peuple d’imbéciles. Tâchez de vous en souvenir.

Anthony FÉGHALI
Ancien président de l’amicale de la faculté de droit de l’USJ
Certains politiciens ont oublié qu’il y a juste un mois, ils célébraient l’avènement de l’an 2013, un pas de plus dans le XXIe siècle, et que l’ère dans laquelle ils vivent devraient les inciter à s’orienter vers une optique évolutive, constructive et positive. Depuis quelque temps, nous avons droit à de grands discours pompeux et lyriques, visant à charmer les Libanais, et plus précisément les chrétiens de ce pays. « Les droits des chrétiens », on vous dira. Oui, messieurs, mais épargnez-nous ce discours lorsque vous prônez les soi-disant vertus d’une loi électorale qui ne fera que diviser les Libanais et démolir les efforts d’un peuple qui a montré son attachement à son unité en 2005 – et je dis bien de tout un peuple. Discours qu’il nous est pour le moins difficile d’accepter, surtout de la...
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Je suis né au Liban et je n’ai connu que des Maronites, Orthodoxes, des Sunnites, des Druzes… et pas de Juifs et de Francs-maçons, mais jamais un Libanais, sauf sur son (إخراج قيد). Je vis en Belgique depuis 37 ans et je n’ai connu que des Wallons, des Flamands, et des Arabes, mais jamais un Belge, que sur papier. Ici, cher Monsieur, c’est un pays de communautés et de régions. Ils étaient les premiers (dès le XIX siècle) à adopter le mode de scrutin proportionnel, puisque c’est un pays de communautés linguistiques, (sans aborder tous les particularismes propres à la Belgique), alors qu’un chef de guerre Libanais, ‘’ne veut pas de la proportionnelle, quelque soit sa forme, parce qu’elle me prend pour cible’’ OLJ 27/4/2012. Faites votre marché sur tous les modes de scrutins, et vous allez constater que la démocratie n’est qu’un mot dans un dictionnaire. Un conseil, ne retenez pas la parole de l’autre prosyrien qui propose une ‘’lecture profane’’ sic du conflit au Liban en méprisant les ‘’identités primaires’’.

Charles Fayad

06 h 35, le 15 février 2013

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Commentaires (1)

  • Je suis né au Liban et je n’ai connu que des Maronites, Orthodoxes, des Sunnites, des Druzes… et pas de Juifs et de Francs-maçons, mais jamais un Libanais, sauf sur son (إخراج قيد). Je vis en Belgique depuis 37 ans et je n’ai connu que des Wallons, des Flamands, et des Arabes, mais jamais un Belge, que sur papier. Ici, cher Monsieur, c’est un pays de communautés et de régions. Ils étaient les premiers (dès le XIX siècle) à adopter le mode de scrutin proportionnel, puisque c’est un pays de communautés linguistiques, (sans aborder tous les particularismes propres à la Belgique), alors qu’un chef de guerre Libanais, ‘’ne veut pas de la proportionnelle, quelque soit sa forme, parce qu’elle me prend pour cible’’ OLJ 27/4/2012. Faites votre marché sur tous les modes de scrutins, et vous allez constater que la démocratie n’est qu’un mot dans un dictionnaire. Un conseil, ne retenez pas la parole de l’autre prosyrien qui propose une ‘’lecture profane’’ sic du conflit au Liban en méprisant les ‘’identités primaires’’.

    Charles Fayad

    06 h 35, le 15 février 2013

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