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À La Une - Religion

Benoît XVI : "Priez pour moi, pour l'Eglise et le futur pape"

Le conclave pour élire le nouveau pape devrait "commencer à partir du 15 mars".

"J'ai démissionné en pleine liberté, pour le bien de l'Eglise", a dit Benoît XVI le 13 février 2013. Filippo Monteforte/

Le pape Benoît XVI, qui a annoncé son abdication à la date du 28 février, a demandé mercredi aux catholiques du monde entier de "prier pour (lui), pour l'Eglise et pour le futur pape", lors de l'audience générale hebdomadaire.

"J'ai démissionné en pleine liberté, pour le bien de l'Eglise", a-t-il assuré, alors qu'il était applaudi avec enthousiasme par quelque 3.500 fidèles réunis dans la salle Paul VI au Vatican. Il s'est interrompu, ému: "merci pour votre sympathie". "Je vous remercie pour l'amour et la prière qui m'ont accompagné pendant ces derniers jours pas faciles, j'ai senti quasi physiquement la force de cette prière", a dit le pontife de 85 ans, en répétant qu'il part à cause de l'affaiblissement de ses forces.

 

(Portrait : Le pape théologien confronté aux scandales de l’Église)

 

C'est la deuxième démission volontaire d'un pape en 2.000 ans d'histoire de l'Eglise.

 

La dernière audience générale de Benoît XVI, qui se tient habituellement à l'intérieur, aura lieu le 27 février sur la Place Saint-Pierre "parce qu'il y aura beaucoup de monde", a annoncé le porte-parole du pape au cours d'une conférence de presse au Vatican.

 

D'ici là, Benoît XVI maintiendra "tous les engagements programmés" y compris des entretiens cette semaine avec les présidents du Guatemala et de Roumanie, a précisé le porte-parole, le père Federico Lombardi.

 

Très attendue aussi jeudi, son intervention devant le clergé de Rome, qui pourrait être une sorte de testament théologique. Suivra ensuite une semaine d'exercices spirituels dans le cadre du Carême, au cours de laquelle il disparaitra de la scène jusqu'à ses adieux.

 

(Lire aussi: Le processus d’élection d’un nouveau souverain pontife)

 

Benoît XVI redeviendra le cardinal Joseph Ratzinger le 28 février à 19h00 GMT, tout simplement "parce que d'habitude, c'est l'heure à laquelle il finit sa journée normale de travail", a expliqué le porte-parole. S'ouvrira alors la période de "siège vacant", pendant laquelle le "patron" du Vatican sera le camerlingue, l'actuel numéro deux et secrétaire d'Etat du Vatican, Tarcisio Bertone.

 

Le conclave des cardinaux qui éliront le prochain pape devrait pouvoir commencer "à partir du 15 mars", a indiqué mercredi le porte-parole du Vatican. "Nous pouvons prévoir qu'il débute le 15, le 16, le 17, 18 ou 19 mars", a indiqué le père Lombardi en faisant référence à la Constitution apostolique qui prévoit un délai de 15 à 20 jours pour la convocation du Conclave après un décès ou une démission. Mais "la décision sur la date est du ressort des cardinaux qui seront réunis en congrégations" au Vatican dès le lendemain du départ du pape, selon le porte-parole.

 

Le père Lombardi a une nouvelle fois balayé les rumeurs sur l'état de santé du pape: il a admis que Benoît XVI portait un pacemaker "depuis un certain temps", dès avant son accession à la papauté en 2005, mais a minimisé une intervention récente révélée mardi par un journal, qui n'a consisté, selon lui, qu'"à changer les batteries (de ce pacemaker), une opération de routine, qui n'a rien à voir avec sa décision".

"Le motif est celui qu'a avancé le pape, la perception que ses forces diminuent avec l'avancement de l'âge", a martelé le porte-parole, en répétant qu'"il n'y a pas de maladies spécifiques".

 

(Lire aussi : Sleiman : « C’est par le Liban que Benoît XVI a achevé sa mission »)

 

Le père Lombardi a confirmé que Benoît XVI avait pris sa décision au retour d'un voyage au Mexique et à Cuba, en mars 2012. Un cercle très restreint de collaborateurs, dont son secrétaire Georg Gaenswein, en avait été informé, selon les médias italiens.

 

Le cardinal Angelo Sodano a parlé d'un "éclair dans un ciel serein". Comme en écho, un éclair a frappé le soir même la basilique Saint-Pierre, capturé par un photographe de l'AFP.

 

 

Filippo Monteforte/AFP

 

Selon le quotidien La Stampa, le pape, après avoir fait son annonce en latin lundi, s'est retiré et a fondu en larmes.

Le directeur du journal la Repubblica, Ezio Mauro, a salué "l'irruption de la modernité" dans une Eglise vieille de 2.000 ans.

 

Autre innovation: "l'Eglise aura deux papes: un régnant et un émérite. Du jamais vu", souligne le vaticaniste Marco Politi.

Benoît XVI continuera en effet d'habiter au Vatican, dans un monastère, "où il se dédiera à la prière et à la réflexion sans avoir de charge" au sein de l'Eglise, a répété le père Lombardi.

Selon lui, "il n'y aura aucun problème avec son successeur, aucune interférence à attendre ni même le moindre malaise pour son successeur" car "le pape est une personne d'une discrétion et d'une rigueur extrêmes".

Pour la Repubblica, cependant, "son poids intellectuel et spirituel ne pourra pas ne pas influencer" le nouveau pape.

 

En attendant, avant même que la date du conclave pour convoquer les 117 cardinaux électeurs (âgés au maximum de 80 ans) ne soit fixée, des noms circulent déjà avec insistance pour la succession: l'archevêque de Milan Angelo Scola, celui de Manille Luis Antonio Tagle, ses collègues de San Paolo, Claudio Hummes, de New York Timothy Dolan ou le Canadien Mgr Marc Ouellet.

 

(Repère : Les dix derniers papes et la durée de leur pontificat)

 

Les vaticanistes sont convaincus que le pape a insisté sur son âge avancé (presque 86 ans) pour inviter les cardinaux à choisir un homme relativement jeune.

 

Selon le prêtre italien Andrea Gallo, Benoît XVI a lancé un autre message en démissionnant: "Vu les scandales, la chute verticale des vocations, les couvents pour femmes et hommes vides, beaucoup de catholiques en Europe et dans le monde qui abandonnent l'Eglise, il a compris qu'il faut affronter ces problèmes avec un mini-concile, un Concile Vatican III".

 

Ce sera la mission du nouveau pape, selon ce curé progressiste qui a cité parmi les "thèmes fondamentaux" à aborder: "la collégialité, la bioéthique, la sexualité qui doit être vécue comme un don de Dieu, le célibat, l'ordination des femmes".

 

Mardi soir s'est tenue une cérémonie d'anniversaire des accords de Latran, en présence du numéro deux du Vatican, Tarcisio Bertone. Mais cette année, l'hôte de cette fête où se presse le gratin politique et religieux de Rome, l'ambassadeur d'Italie près le Saint-Siège, a relevé "une certaine mélancolie".

 

 

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"J'ai démissionné en pleine liberté, pour le bien de l'Eglise", a-t-il assuré, alors qu'il était applaudi avec enthousiasme par quelque 3.500 fidèles réunis dans la salle Paul VI au Vatican. Il s'est interrompu, ému: "merci pour votre sympathie". "Je vous remercie pour l'amour et la prière qui m'ont accompagné pendant ces derniers jours pas faciles, j'ai senti quasi physiquement la force de cette prière", a dit le pontife de 85 ans, en répétant qu'il part à cause de l'affaiblissement de ses forces.
 
(Portrait : Le pape théologien confronté aux scandales de l’Église)
 
C'est la deuxième...
commentaires (3)

Faut quand même dire que les frères du GO sont sérieusement bouffe-curé,non?

GEDEON Christian

10 h 54, le 13 février 2013

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Commentaires (3)

  • Faut quand même dire que les frères du GO sont sérieusement bouffe-curé,non?

    GEDEON Christian

    10 h 54, le 13 février 2013

  • A lire entre les lignes, le pâpe a l'air d'être atteint d'une maladie incurable ou du moins assez handicapante. Prions pour lui et pour toutes les personnes agées ayant besoin de réconfort. C'est un bon pâpe qui, comme JPaul II, a fait du bien autour de lui et a prêché la bonne parole, les vraies valeurs humaines et sociales. Alors que notre société est en décadence totale, Sa sainteté Benoît XVI a su préserver ces valeurs et a réussi sa mission : D'être le guide de la communauté catholique. A l'exception de certains couacs à ses débuts : En final, Il a su rapprocher les chrétiens entre eux (catholiques, orthodoxes, prostestants) ainsi que le rapprochement entre catholiques et musulmans / Juifs.

    Jean-Pierre EL KHOURY

    10 h 19, le 13 février 2013

  • C’est à mourir de rire ! C’est le monde à l’envers ! C’est à moi ‘’pathétique’’ Libanais de prier pour le Pape, alors que j’ai appris à l’école, que les papes, curés, évêques, métropolites etc… sont chargé par le bon Dieu pour sauver nos âmes … Surtout cet Allemand au cv hallucinant, intolérant envers les francs-maçons du Grand-Orient, les orthodo(k)ses, les homos, les musulmans. Ah non, non, et non, c’est au Pape de prier pour moi. Chacun dans sa fonction.

    Charles Fayad

    09 h 17, le 13 février 2013

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