M. Frangié, qui s’exprimait dans le cadre d’une conférence au campus tripolitain de l’Université arabe de Beyrouth, a rappelé qu’« une occasion pour la paix nous a été donnée du fait des retrouvailles islamo-chrétiennes du 14 mars 2005, les retrouvailles nationales les plus profondes et les plus importantes dans l’histoire du Liban ».
« Cela a contraint les forces syriennes à se retirer du Liban le 26 avril de la même année et poussé le Conseil de sécurité à mettre en place un tribunal international pour le Liban. Mais cette occasion de paix a été avortée par le régime syrien qui a déclenché face à l’intifada de l’indépendance une véritable contre-révolution et une campagne d’assassinats politiques sans précédent », a-t-il ajouté.
Pour M. Frangié, cette « bataille pour la paix intérieure » du Liban doit reposer sur deux fondements : le premier, d’ordre moral, consiste pour les Libanais à ne pas répéter les erreurs du passé et faire assumer à une communauté tout entière les erreurs terribles que commet tel ou tel parti qui accapare la représentation de sa communauté ; et le second, d’ordre politique, est de « reconstruire la vie commune » des Libanais « sous les conditions de l’État rassembleur et non pas sous celles d’une communauté, d’un parti politique ou d’une milice armée ».
Et de poursuivre : « Nous devons réhabiliter l’État en tant que détenteur du droit exclusif de l’usage de la force et mettre fin à sa dépendance aux conditions des forces confessionnelles et sectaires. Nous devons construire un État qui respecte les droits de l’homme et de l’individu en tant que citoyen (...), un État civil, démocratique et moderne, nous devons réhabiliter la politique en tant qu’activité noble au service du citoyen et nous devons inciter au développement d’espaces et de rassemblements transconfessionnels rendant possibles les retrouvailles sur des bases nationales communes. »
Selon lui, « nous sommes aujourd’hui devant un choix : ou bien nous attendons les résultats de ce qui se passe en Syrie, ce qui nous mettrait en marge de l’histoire qui s’écrit aujourd’hui dans la région, ou bien nous prenons l’initiative de renouveler le printemps du Liban et d’édifier sa paix permanente ».
« Le 14 mars 2005, les Libanais ont déclenché la première intifada civile de l’histoire du Liban. Cette journée historique n’a été liée à aucune communauté ou parti politique (...). Pour être en mesure de mener la bataille pour la paix du Liban, nous avons besoin aujourd’hui d’une nouvelle intifada civile qui nous rendrait notre dignité humaine loin de toute forme d’accaparement confessionnel », a-t-il conclu.


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Vous avez entièrement raison, Mr Frangié. Toutes les solutions passant au travers de forces religieuses ou confessionnelles nous ont mené à des impasses répétitives depuis un demi siècle. Il est temps que la nouvelle génération opte pour le message civil, uniquement civil. C'est le seul moyen de conserver la République. Le message religieux a fait son temps. L'Eglise et la Mosquée doivent le réenfermer dans leurs murs et laisser l'Etat devenir laïc à travers une intimida laïque. Que le religieux s'occupe des âmes qu'il n'a su humaniser en un demi siècle et qu'il rentre dans ses pénates. Plus de Raï ou de Nasrallah ou de Kabalan parlant au nom du peuple. Parlez au nom de vos dieux dans les lieux qui leur sont consacrés et laissez le peuple se réinventer une conscience civile et laïque loin de vos élucubrations.
12 h 23, le 12 février 2013