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Culture - Que Me Chantez-Vous Là ?

« Tout va très bien Madame la Marquise »

Il est étonnant que la chanson « Tout va très bien Madame la Marquise », composée en 1935, n’ait pas pris une seule ride. Plus que cela, telle un caméléon, elle peut s’adapter à toutes les situations et à toutes les époques et être perçue à chaque fois différemment. Mais quelle est son histoire ?

Bach et Laverne, les comiques dont le sketch a inspiré la chanson.

Revenons à cette année 1935 où Paul Misraki compose et écrit ce refrain, et le publie aux éditions Ray Ventura. Ce sera très vite un grand succès de l’orchestre Ventura et ses collégiens («Qu’est ce qu’on attend pour être heureux?»). Mais cette chanson est-elle vraiment de Misraki? On a beaucoup de doutes sur le sujet. En effet, ce refrain ressemblait étrangement à un sketch créé quatre ans auparavant par Bach et Laverne, un duo comique qui enregistrait des sketches entre 1928 et 1938 et notamment ce (1931) qui servira de toile de fond à Paul Misraki. D’ailleurs, Ray Ventura acceptera de faire figurer leurs noms comme paroliers de la chanson. Selon Jacques Hélian dans son livre sur les grands orchestres, il semble que c’est Louis Gasté – l’époux de Line Renaud – qui se la serait fait piquer par Misraki. Par ailleurs, dans un livre intitulé Alphonse Allais, son auteur prétend que Gabriel de Lautrec avait signé en 1893 une comédie anglaise si drôle que, 43 ans plus tard, elle est plagiée par Paul Misraki. Les histoires et les rumeurs vont bon train jusqu’à prétendre même que cette suite de rebondissements catastrophiques proviendrait d’une nouvelle d’Alexandre Dumas. Que de mystères pour une chanson!
Entonnée à l’origine à trois voix, la chanson raconte donc une conversation téléphonique entre une vieille aristocrate et son valet James. Absente depuis quinze jours, elle appelle ce dernier pour s’enquérir des nouvelles de sa propriété. Le brave majordome va donc lui faire part des pires catastrophes. Cela commence par la mort de la jument grise jusqu’au suicide de l’époux de la marquise, en passant par l’incendie des écuries ainsi que du château. Le paradoxal et le drôle de l’histoire, c’est que le loyal valet racontera toutes ces sordides histoires sur un ton léger et badin en y ajoutant avec le flegme le plus british: «On déplore un tout petit rien.»
Aussitôt sur les ondes (1935), cette chanson dépeindra moult situations tragiques sur un ton sarcastique. Elle deviendra vite une expression proverbiale pour désigner une sorte d’aveuglement face à une situation désespérée. La formule «Tout va très bien Monsieur Herriot» est employée au moment des grèves de juin 1936. Suivi très vite par «Tout va très bien Monsieur Mussolini» et enfin «Tout va très bien mon Führer», diffusée sur les ondes de Radio-Londres.
Et si on l’actualisait un peu, ce serait dans notre jargon libanais «Les routes se ferment les unes après les autres, les poches se vident les unes après les autres, les cris d’alarme s’élèvent, la pauvreté devient endémique, la criminalité aussi. L’insécurité est partout, les tambours de guerre se font entendre.» Mais à part çà, Madame la Marquise tout va très bien, tout va très bien...».
Revenons à cette année 1935 où Paul Misraki compose et écrit ce refrain, et le publie aux éditions Ray Ventura. Ce sera très vite un grand succès de l’orchestre Ventura et ses collégiens («Qu’est ce qu’on attend pour être heureux?»). Mais cette chanson est-elle vraiment de Misraki? On a beaucoup de doutes sur le sujet. En effet, ce refrain ressemblait étrangement à un sketch créé quatre ans auparavant par Bach et Laverne, un duo comique qui enregistrait des sketches entre 1928 et 1938 et notamment ce (1931) qui servira de toile de fond à Paul Misraki. D’ailleurs, Ray Ventura acceptera de faire figurer leurs noms comme paroliers de la chanson. Selon Jacques Hélian dans son livre sur les grands orchestres, il semble que c’est Louis Gasté – l’époux de Line Renaud – qui se la serait fait piquer par Misraki....
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