Du dynamisme pour cette famille désunie et réunie. Photo Marwan Assaf
Ainsi, en dépeignant avec tendresse et humour les accords et désaccords amoureux de quatre couples de générations différentes, la compagnie Free-Vol, sous la direction de Valéry Debahy, a relevé le défi et a reproduit avec sincérité le texte de Francis Joffo de la pièce Quelle famille qui a été présentée pendant plus de douze ans en France.
Unions et désunions
Il y a d’abord la mère (Patricia Baddour) qui, pour la vingt-deuxième fois (elle les a bien comptées), a quitté le domicile conjugal pour se réfugier chez sa fille interprétée par Valéry Debahy (de l’autre côté de la rue). Vient ensuite le papy (Jean-Pierre Toutounji) arrivé de son bled lointain en quête d’affection (sans l’avouer vraiment) et qui assume lui aussi vouloir quitter sa femme. Il y a aussi dans la foulée la jeune fille de la maison (Tala Khlat) qui vient de se marier et qui abandonne voyage de noces, chalet, sports d’hiver et conjoint (Marc Khoury) pour regagner le cocon parental. Tout ce petit monde gravite autour de Michelle et Bernard (Joe Toutounji), le seul couple qui ne semble pas avoir de problèmes. De fil en aiguille et de paroles mal placées en gestes déplacés, tout cet équilibre va voler soudain en éclats pour se reconstituer par la suite. Un vent de divorces simultanés va souffler sur la scène, mais la tempête s’apaisera aussitôt grâce à un papy au verbe haut, déterminé à employer la manière forte. Il parvient ainsi à changer la situation après avoir créé une joyeuse pagaille.
Une très belle énergie se dégage de cet ensemble de comédiens réunis pour la bonne cause. En effet, la compagnie Free-Vol s’est créée d’abord pour faire rire, ensuite pour aider les associations caritatives. Le dynamisme et la fougue sont perceptibles et ravageurs tout au long de la pièce. Qu’ils soient amateurs ou non, qu’ils aient côtoyé de près ou de loin les planches, un lien unit tous ces personnages: l’amour du théâtre et celui de l’autre. Neuf soirées sont d’ailleurs à l’agenda de cette troupe qui a prouvé, au cours de cette avant-première, qu’«à cœur vaillant rien n’est impossible».
En effet, le temps que les comédiens apprivoisent à la fois la scène et le public et les voilà le pied à l’étrier, prêts à rebondir et à faire rouler la pièce à pleines turbines dans un décor très coloré (salon avec portes qui s’ouvrent et se referment, et tableaux de Willy Aractingi). Si, par instants, un acteur accuse une faiblesse, il est vite repêché par les autres et c’est reparti. Les répliques fusent à vive allure. Pas de gestuelle ronflante ou débordante, mais du jeu précis et un dialogue qui fait mouche. Autour du papy et de Bernard, les deux chefs de la maisonnée et pivots de la pièce, la famille a tournoyé comme une belle farandole et continuera à tourner.
Les représentations prochaines sont prévues pour ce soir, jeudi, ainsi que pour les 8, 9,11,12,13,15 et 16 février.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine