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Nos lecteurs ont la parole

Lincoln

Par Peter GERMANOS
Le professeur Philippe Ardent martelait dans les années quatre-vingt du siècle dernier dans l’amphithéâtre de Paris II Assas : « La Constitution d’une nation est une figure géométrique où tout a un sens et une fonction », tandis que le père Clément répétait aux élèves de Notre-Dame de Jamhour : « Même si votre raisonnement est juste, avec une hypothèse fausse, vous allez obtenir un résultat qui est faux. La Révolution américaine (1775-1783), la première en son genre dans l’histoire moderne, créa un sens et une direction pour l’humanité entière et adopta un axiome que tous les hommes sont libres et égaux devant la loi. Elle donna lieu à des textes de référence (Déclaration d’indépendance, Constitution), dans lesquels sont affirmés les droits à la liberté, à l’égalité et à la recherche du bonheur. La Constitution des États-Unis est le fruit d’un compromis entre les différents États et entre deux conceptions politiques : les fédéralistes et les républicains. Les premiers, comme Hamilton et Adams, désirent un gouvernement central fort. Jefferson est, sans aucun doute, celui qui incarne le mieux les idées des républicains. Pour lui, le gouvernement central doit être faible et ses pouvoirs très limités. Le compromis de 1787 entre en vigueur en janvier 1789. Le 4 mars, George Washington devient le premier président des États-Unis, et, au cours de la même année, Madison propose les 10 premiers amendements à la Constitution (Bill of Rights).
Voici le célèbre préambule de la Constitution des États-Unis : « Nous, le peuple des États-Unis, en vue de former une union plus parfaite, d’établir la justice, d’assurer la tranquillité intérieure, de pourvoir à la défense commune, de développer le bien-être général et d’assurer les bienfaits de la liberté à nous-mêmes et à nos descendants, ordonnons et établissons la présente Constitution pour les États-Unis d’Amérique. » Pendant la Révolution française, Benjamin Franklin, inspiré par les bouleversements s’étant produits dans son pays et ceux qu’il voit naître, affirme : « Dieu veuille que non seulement un pur amour de la liberté, mais aussi une connaissance parfaite des droits de l’homme se répande sur toutes les contrées du globe ; de sorte qu’un philosophe, en posant le pied où que ce soit sur la terre, puisse s’écrier : c’est ici mon pays ! »
Au début de 1865, la guerre civile fait rage dans le sud des États-Unis. Le président Abraham Lincoln, qui vient tout juste d’être réélu, essaie de convaincre les membres du Congrès de voter pour le treizième amendement, qui vise à interdire l’esclavage dans tout le pays. Pour ce faire, des agents sont engagés pour convaincre un à un les membres indécis du Congrès. Mais l’opposition est vive et le processus plus difficile que prévu, surtout que des rumeurs d’une paix négociée commencent à faire surface à Washington. Le président doit user de tout son pouvoir pour que l’amendement soit adopté. Le treizième amendement à la Constitution des États-Unis prend effet le 18 décembre 1865. « Ni esclavage ni aucune forme de servitude involontaire ne pourront exister aux États-Unis, ni en aucun lieu soumis à leur juridiction », énonce-t-il. Lincoln est assassiné en avril 1865 dans un théâtre de Washington par John Wilkes Booth, quelques jours après la fin de la guerre. Quelques mois plus tard, un quatorzième amendement assure aux Noirs le droit de vote et l’égalité avec les Blancs devant la loi.
Quelles sont les conceptions de Lincoln ? Pourquoi a-t-il déclaré une guerre civile meurtrière qui a fait plus de six cent mille morts pour abolir l’esclavage des Noirs ?
Imaginons un président libanais déclenchant une guerre civile sanglante pour interdire les travailleuses à domicile ! Ou pour imposer le mariage civil obligatoire !
Ou une législation unifiée sur les statuts personnels ! « L’esclavage, déclare-t-il, se fonde sur l’égoïsme de la nature humaine. S’opposer à son existence, c’est s’appuyer sur l’amour de la justice. » Il croit qu’à longue échéance, le problème peut entraîner la destruction de la République. « Nous voulons, avait-il dit à Peoria, que les Blancs libres puissent y trouver une patrie. Or, la chose ne sera en aucune manière possible si l’esclavage s’y installe. » Lincoln avait justement la profonde conviction qu’une grande nation ne pouvait pas être bâtie que sur des principes. Ce que je veux dire par tout cela est que tant que la philosophie fondatrice en Orient n’est pas basée sur l’égalité de chacun et chacune devant la loi (une même loi pour tous), sur la liberté (surtout de conscience) des hommes et des femmes, et sur une répartition juste des charges et des devoirs, rien de bon ne pourra y voir le jour quels que soient les chemins et les volontés des uns et des autres. Il ne sert à rien d’aller dans toutes les directions, il faut prendre la bonne.
Le professeur Philippe Ardent martelait dans les années quatre-vingt du siècle dernier dans l’amphithéâtre de Paris II Assas : « La Constitution d’une nation est une figure géométrique où tout a un sens et une fonction », tandis que le père Clément répétait aux élèves de Notre-Dame de Jamhour : « Même si votre raisonnement est juste, avec une hypothèse fausse, vous allez obtenir un résultat qui est faux. La Révolution américaine (1775-1783), la première en son genre dans l’histoire moderne, créa un sens et une direction pour l’humanité entière et adopta un axiome que tous les hommes sont libres et égaux devant la loi. Elle donna lieu à des textes de référence (Déclaration d’indépendance, Constitution), dans lesquels sont affirmés les droits à la liberté, à l’égalité et à la recherche...
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