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Nos lecteurs ont la parole

Georges Ibrahim Abdallah, un terroriste ?

Youssef MOUAWAD
Comment expliquer à Georges Ibrahim Abdallah qu’il n’est pas un terroriste au sens où l’entendait le romancier Joseph Conrad, un sens auquel on peut souscrire, ne serait-ce que par solidarité littéraire? Ainsi pour l’un des personnages de L’Agent secret, les attentats ne sont terroristes que dans la mesure où ils sont irrationnels et purement destructifs car seul la folie aveugle ne peut être désamorcée ou contrecarrée! Rien à voir avec les attentats ciblés dont se sont rendues coupables les équipes des Fractions armées révolutionnaires libanaises (dont l’inénarrable pétroleuse dénommée «gros cul» par les renseignements généraux français) . Un terroriste qui tient à sa réputation doit frapper au hasard et doit faire payer aux innocents le prix de leur indécence; ne vivent-ils pas tranquilles alors que les misérables de tous les pays croulent sous les injustices? Aussi, peut-on valablement considérer que l’assassinat d’ un lieutenant-colonel américain ou d’un diplomate israélien sont des actes vindicatifs certes, mais point terroristes aux yeux de l’auteur anglo-polonais. Toute la différence entre une exécution «sélective» et une machine infernale qui fauche au hasard des individus, pour faire plier les responsables de la sécurité, les amener à reconnaître l’adversaire et le cas échéant à négocier avec lui et accéder à ses exigences.
À ce stade se pose la question de la qualification juridique: Monsieur Georges Ibrahim a-t-il commis des crimes de droit commun ou des crimes politiques ? Il est indéniable que son mobile était politique, «honorable» diraient certains; mais les choses ne sont pas aussi simples qu’on le croit.
Un juriste du siècle dernier pouvait écrire qu’une infraction est «considérée de droit commun ou politique suivant l’impression qu’elle provoque dans la conscience collective. Lorsqu’elle est empreinte de  “noblesse d’âme”, lorsqu’elle ne soulève pas une réprobation profonde et universelle, on l’accueille volontiers parmi les infractions politiques. Lorsque, soit dans ses motifs, soit dans son mode d’exécution, elle porte la marque de la criminalité vulgaire, on s’efforce de la rejeter parmi les infractions de droit commun».
Or la jurisprudence française a toujours refusé de considérer comme politiques, les infractions de droit commun par leur objet, mais commises dans un but politique. Dans l’affaire de l’assassinat du président de la République française Paul Doumer par l’anarchiste Gorguloff , la chambre criminelle a décidé que l’infraction qui porte atteinte à la vie d’une personne est une infraction de droit commun. Et le pourvoi en cassation a été rejeté au motif que «l’assassinat, par sa nature et quels qu’en aient été les mobiles, constitue un crime de droit commun» (Crim. 20 août 1932, D.1932.1.121). Une jurisprudence constante a mis la finalité sous le boisseau et c’est en prenant en considération l’objet du délit uniquement qu’elle a refusé de voir des infractions politiques dans les violences envers les personnes (Crim. 7 mars 1972, bull. n° 85)
Mais depuis cette date, avec le terrorisme frappant au cœur même de l’Europe sanctuarisée, l’arsenal répressif allait être renforcé. Et par un retour du balancier, le législateur allait recourir à la notion de finalité pour considérer les délits de droit commun comme terroristes afin d’exposer les auteurs d’infractions à des peines aggravées. Et c’est d’après une heureuse formule que le terrorisme a finalement intégré le droit criminel français avec la loi du 9 septembre 1986, qui sanctionne de manière spécifique les infractions visant à intimider et à terroriser.
Mais n’est-ce pas du verbiage quand une personne attend la lumière du fond de sa geôle, et quand on sait pertinemment que l’État français était moins inflexible du temps où M. Pasqua était aux affaires?
Et crime de droit commun, crime politique ou attentat terroriste, trente ans derrière les barreaux, c’est assez!

Youssef MOUAWAD
Comment expliquer à Georges Ibrahim Abdallah qu’il n’est pas un terroriste au sens où l’entendait le romancier Joseph Conrad, un sens auquel on peut souscrire, ne serait-ce que par solidarité littéraire? Ainsi pour l’un des personnages de L’Agent secret, les attentats ne sont terroristes que dans la mesure où ils sont irrationnels et purement destructifs car seul la folie aveugle ne peut être désamorcée ou contrecarrée! Rien à voir avec les attentats ciblés dont se sont rendues coupables les équipes des Fractions armées révolutionnaires libanaises (dont l’inénarrable pétroleuse dénommée «gros cul» par les renseignements généraux français) . Un terroriste qui tient à sa réputation doit frapper au hasard et doit faire payer aux innocents le prix de leur indécence; ne vivent-ils pas tranquilles alors...
commentaires (4)

Quelle Question ? Mais Nonnn.... c'est un PUTTI ; un angelot Quoi !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

09 h 29, le 01 février 2013

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Commentaires (4)

  • Quelle Question ? Mais Nonnn.... c'est un PUTTI ; un angelot Quoi !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 29, le 01 février 2013

  • Il est grand temps qu'il sorte, il a paye pour son acte, et au regard du droit pour lequel il a ete emprisonne, si on pretent etre un pays de droit et de democratie respectueux des lois qu'on a soi meme pondu, on le LIBERE, un point c'est tout. Sinon on ne critique plus les pays sans lois ni droits, parce qu'on commence a leur ressembler.France ou pas france !!!

    Jaber Kamel

    07 h 08, le 01 février 2013

  • Cette manie ou hystérie de tuer des Juifs, hommes femmes ou enfants, pour la simple raison qu'ils sont Israéliens, et de se présenter en héros est aberrante et répugnante à tout point de vue et à tout homme, digne de s'appeler ainsi. On est ASSASSIN et du pire genre...

    SAKR LEBNAN

    04 h 59, le 01 février 2013

  • Ah non ! Tout le monde se trompe, Georges-Ibrahim ABDALLAH n'était pas un "terroriste", mais bien un "touriste". Une nuance qu'il ne faut pas perdre de vue ! Écoutez, il y a eu des atteintes très graves à l'ordre public, et la magistrate lui a fait remarqué à l'époque "j'ai cru qu'entre le Liban et la France, il y a une histoire d'amitié"... (Je cite de mémoire). À votre place je ferai un parallélisme entre cette affaire et celle de Samir el Kantar. Même époque, même cause, et hasard du calendrier, même durée de peine (28 ans). À la seule différence, que le Maronito-marxiste n'aura pas les mêmes honneurs dès son retour à Beyrouth que le Libano-palestinien.

    Charles Fayad

    02 h 31, le 01 février 2013

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