Lors de sa rencontre hier avec les représentants de neuf municipalités et fédérations dont les projets ont remporté l’appel à propositions lancé en 2012 par l’Union européenne, l’ambassadrice Angelina Eichhorst s’est attardée un instant sur « le rêve que nous avions, il y a près de quatre ans, de pouvoir démarrer vite avec la décentralisation au Liban ». « Nous y avons cru, car nous avions réussi ce pari ailleurs », a-t-elle ajouté, avant de reconnaître, calmement, que « nous étions très ambitieux ». Pourtant, la méthodologie de travail de l’UE se dirige aussi bien vers le renforcement des autorités locales, en tant qu’acteurs directs du changement, que vers l’amélioration des rapports entre le pouvoir central et les municipalités. D’ailleurs, les mécanismes de dons diffèrent selon que c’est le développement local qui est visé, ou le renforcement des fédérations, en vue d’une décentralisation progressive.
Le premier enjeu relève de la ligne thématique définie par Bruxelles, sur base de laquelle 620 000 euros ont été récemment alloués au Liban (voir par ailleurs), tandis que le second relève d’une convention, datant de mai 2012, relative au financement de réformes structurelles.
D’ailleurs, l’UE avait initié une journée de dialogue avec les municipalités en mars 2012, à laquelle le ministère de l’Intérieur avait délégué un représentant, ayant révélé alors à L’Orient-Le Jour l’existence d’un projet visant à redéfinir les rapports entre le ministère et les autorités centrales. C’est dans ce contexte également que l’UE avait alloué 20 millions d’euros au bénéfice des fédérations municipales, dont elle a confié la gestion au ministère de l’Intérieur.
Or ces fonds sont bloqués depuis, dans l’attente que le ministère en approuve la distribution. Selon une source autorisée, cette réticence serait liée à la volonté du ministre d’octroyer ces fonds non pas aux fédérations municipales, mais aux petites municipalités situées en zones retirées. La source a également révélé à L’OLJ l’existence de tiraillements au sein du ministère de l’Intérieur, notamment entre le ministre et le directeur général des municipalités, empêchant le déploiement d’effectifs nécessaires à la mise en œuvre du projet de financement.
Parmi les élus locaux présents hier au siège de l’UE, le président de la Fédération des municipalités de Jabal Amel (Liban-Sud) a souhaité « le déblocage du don européen de 20 millions d’euros, relégué dans les tiroirs du ministère de l’Intérieur ». À cela, l’ambassadrice a répondu en précisant d’abord que « la décentralisation bénéficie de l’appui fort du président de la République, mais aussi du ministre de l’Intérieur ». « Toutefois, ce projet souffre d’un manque de capacités à l’heure actuelle », a-t-elle ajouté.
Ce « manque de capacités » promet de faire l’objet de l’entretien prévu vendredi entre l’ambassadrice et le ministre de l’Intérieur. Affaire à suivre...


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