Le coordinateur du comité central des Kataëb, le député Samy Gemayel, a mis l’accent sur la responsabilité sécuritaire de l’État. « Nous tenons l’État pour responsable des incidents sécuritaires au Liban, et surtout dans la région de Kesrouan qui a été secouée par des troubles de cette nature au cours de la semaine dernière », a affirmé le jeune député à l’issue de la réunion hebdomadaire du bureau politique des Kataëb. « Le Kesrouan se conforme entièrement à la volonté de l’État, mais lorsque les habitants réclament à l’État d’œuvrer pour l’application de la loi, ils se heurtent à un atermoiement officiel », a-t-il ajouté, appelant l’État à « accomplir son devoir en interdisant toute mobilisation en dehors du cadre de la loi ». Il a également appelé les habitants du Kesrouan au calme, les incitant à « être l’exemple du respect de la loi ». Interrogé sur les menaces « d’une guerre civile et confessionnelle » proférées samedi par un cheikh chiite lors des funérailles de Ghassan et Hadi Saifeddine à Lassa, le député Gemayel a assuré que « les chrétiens du Kesrouan ne craignent rien ». « Le problème réside dans l’inertie de l’État, qui se pose en spectateur de menaces adressées à toute une région. » Ce qui suivra dans l’affaire de Wata el-Joz, qui fait l’objet d’une enquête judiciaire, « est un test pour l’État et sa disposition à assumer ses responsabilités ».
La situation « saugrenue » de Roumieh
Samy Gemayel a évoqué dans ce cadre la situation dans la prison de Roumieh, « devenue une république autonome, du jamais-vu dans toute l’histoire libanaise ». « Ce qui était censé être soumis par excellence à l’autorité de l’État est devenu un État dans l’État », a-t-il ajouté, estimant impossible « de contrôler le territoire » lorsque l’on ne peut contrôler une prison. En référence à l’assassinat la semaine dernière d’un prisonnier palestinien par les autres détenus, le député s’est étonné de l’existence d’un « îlot à part entière avec ses lois et son tribunal propres, qui condamne les prisonniers et les exécute à son gré ». Là aussi, « l’État est responsable de protéger les citoyens dans les prisons », a-t-il ajouté, dénonçant le caractère saisonnier des réhabilitations de la prison et s’étonnant des déclarations faites par certains officiers qui « attendent la couverture politique pour agir ». « La prison de Roumieh est un point d’arrêt important des actes saugrenus que commet le gouvernement depuis sa formation », a-t-il conclu sur ce point.
Loi électorale
S’agissant enfin de la loi électorale, le député Gemayel a rappelé « l’ouverture des Kataëb à toutes les propositions qui ne dérangent personne ». Il a insisté sur l’enjeu de garantir « la juste représentation de tous les Libanais et la parité effective ». « Nous disposons d’un mois pour clore le débat », a-t-il signalé, énumérant les propositions de loi actuellement débattues (la loi basée sur des circonscriptions uninominales ; le découpage en circonscriptions restreintes ; le scrutin mixte ; la proposition du Rassemblement orthodoxe). « Nous appuierons la proposition qui récolte le plus grand soutien, mais au final, si toutes les portes sont fermées, personne ne peut nous en tenir pour responsables », a-t-il conclu.
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