Sur les 2.500 grands de ce monde qui se sont rendus à Davos, seuls 17% sont des femmes. Sur la photo, La reine Rania de Jordanie. REUTERS/Denis Balibouse
Un des aspects les plus frappants du Forum économique mondial à Davos, un rassemblement de l'élite politique mondiale et des milieux d'affaires, est la prédominance masculine dans tous les débats.
Sur les 2.500 grands de ce monde qui se sont rendus dans cette station de sports d'hiver suisse, seuls 17% sont des femmes, un écart à propos duquel les organisateurs ont tenté de réagir en lançant un débat sur l'égalité des chances, avec des participantes de tout premier plan.
Bien que les discours de la chancelière allemande Angela Merkel, considérée par le magazine Forbes comme la femme la plus puissante du monde, ou de Christine Lagarde, directrice du FMI, sont très attendus, nombreux sont ceux qui pensent que Davos a besoin de plus de parité.
"Seuls 17% des participants à Davos sont des femmes, c'est juste un reflet de la réalité", a déclaré à l'AFP la ministre allemande du Travail, Ursula von der Leyen.
"Il n'y a que les leaders du monde qui sont là, et les femmes sont sous-représentées dans les postes de direction", a regretté la ministre, proche d'Angela Merkel, et quelquefois présentée comme pouvant prendre sa succession. "Les femmes reçoivent une brillante éducation, elles ont les capacités, mais il y a un plafond de verre au-dessus d'elles", qui est très solide, a ajouté la ministre.
L'artiste Fernando Morales-de la Cruz a illustré l'inégalité à Davos en créant un poster à partir des portraits de 18 femmes présentes à Davos, aux côtés de quatre hommes, juste pour montrer à quoi ressemblerait la réalité si on inversait les rôles.
Mme Lagarde a lancé un appel aux femmes pour qu'elles dénoncent l'inégalité et estimé qu'inclure plus de femmes était un impératif aussi bien économique que moral.
"La participation des femmes est d'une importance cruciale, et franchement, trop souvent négligée par les décideurs politiques. Dans le monde d'aujourd'hui, il n'est plus acceptable que les femmes soient bloquées dans leur parcours", a-t-elle déclaré.
"Pensez bien à cela, les femmes contrôlent 70% des dépenses de consommation globales, c'est évident et le message est clair : lorsque les femmes progressent, les économies progressent aussi", a déclaré Mme Lagarde en exhortant les élites présentes à Davos à s'engager pour l'égalité des sexes.

Christine Lagarde, directrice du FMI, AFP PHOTO ERIC PIERMONT
Le Forum économique mondial a mis en place des quotas depuis 2011 pour s'attaquer à ce problème, a déclaré Saadia Zahidi, une directrice de l'organisation chargée de l'égalité, et ce programme commence à porter ses fruits, surtout en ce qui concerne les participants les plus jeunes.
Les très grosses entreprises sont priées d'inscrire au moins une femme cadre de haut rang au sein de leur délégation à Davos forte de 5 personnes.
Selon la commissaire européenne Viviane Reding, la représentation des femmes dans les conseils d'administration a augmenté, pour atteindre 15,8%. La Commission européenne veut fixer un quota de 40% dans ces instances d'ici 2020. Selon elle, les quotas sont un mal nécessaire. Car sans eux, il faudrait attendre jusqu'en 2060 pour arriver à la parité dans les conseils d’administration en Europe.
La ministre allemande Ursula von der Leyen a indiqué pour sa part que les quotas introduits dans les milieux politiques allemands avaient été un succès et avaient permis à des femmes "d'avoir accès à des postes de direction".
"Je pense qu'on n'en aura davantage besoin d'ici quelques années", a-t-elle dit.
Il faut surtout "éradiquer tous les obstacles sur le chemin des femmes, y compris ceux logés dans le subconscient", a souligné de son côté Mme Lagarde.
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Bien que les discours de la chancelière allemande Angela Merkel, considérée par le magazine Forbes comme la femme la plus puissante du monde, ou de Christine Lagarde, directrice du FMI, sont très attendus, nombreux sont ceux qui pensent que Davos a besoin de plus de parité. "Seuls 17% des participants à Davos sont des femmes, c'est juste un reflet de...

