« Je serai rassasié quand ta gloire apparaîtra »
(Paul Claudel)
Dans l’amertume et la douleur profondes, frappé par la disparition d’un ami très cher, un compagnon de route depuis plus de cinquante ans, Me Sleiman Dagher, qui vient de nous quitter, je voudrais que ces quelques lignes d’adieu soient un hommage à cet homme de justice et de paix, et constituent, pour ceux qui ne l’ont pas connu, un témoignage de vie d’un être exceptionnel.
Dans sa vie, comme dans sa profession d’avocat, Sleiman Dagher, avec sa discipline et son sens du devoir, en plus de sa personnalité attachante, ne s’était jamais, mais vraiment jamais, départi d’une sérénité, d’une humilité et d’une bonté de l’âme qui le caractérisaient.
Un humaniste, un homme juste et un homme « pacifique jusque dans les os », il ne ménageait aucun moyen, aucun effort, pour toujours tenter de concilier les antagonismes, éteindre les querelles et les haines, établir la paix, la concorde et la fraternité.
Il était vraiment « l’artisan de paix » dont parle l’Évangile. Ses nombreux amis et ses collègues, surtout de l’étude de notre éminent ami commun et collègue, Me Salim el-Méouchi, avaient tâté du doigt la rectitude morale et exemplaire de cet homme qui avait le mépris du mensonge, et qui réunissait en sa personne les vertus de noblesse du cœur et de l’esprit, qui sont le propre des grandes âmes. Par ses conseils judicieux, il avait toujours le souci de propager l’espoir, la paix, la concorde, d’encourager et de réconforter. Ces qualités n’étaient que des vertus, qui touchaient de près à la perfection.
Le « Tout est grâce » de Bernanos était devenu coutumier chez Sleiman Dahger, devant les vicissitudes, le tumulte de la vie, et le désordre moral et humain.
Sleiman,
Il paraît que le Seigneur prend auprès de Lui ceux qu’il aime. Maintenant que ton périple sur terre se termine, tu emportes avec toi, derrière ton sourire aimable et affectueux, le mystère de cette sérénité, et le secret de ce message de paix que tu as su si bien personnaliser et appliquer.
À travers ta ferveur coutumière, dans le dialogue avec le Christ ton Créateur, je t’entends t’écrier avec Claudel : « Je serai rassasié quand Ta gloire apparaîtra. »
En rejoignant Bickfaya, ta chère terre natale que tu aimais tant, pour y reposer de ton dernier sommeil, « les portes du Seigneur te sont ouvertes, et maintenant, tes yeux peuvent voir pleinement la véritable Lumière, réservée aux pacifiques et aux justes ».
Sleiman, mon ami et mon frère, du haut de ton ciel, prie pour nous.
Maroun Joseph ACHKAR
Dans l’amertume et la douleur profondes, frappé par la disparition d’un ami très cher, un compagnon de route depuis plus de cinquante ans, Me Sleiman Dagher, qui vient de nous quitter, je voudrais que ces quelques lignes d’adieu soient un hommage à cet homme de justice et de paix, et constituent, pour ceux qui ne l’ont pas connu, un témoignage de vie d’un être exceptionnel.Dans sa vie, comme dans sa profession d’avocat, Sleiman Dagher, avec sa discipline et son sens du devoir, en plus de sa personnalité attachante, ne s’était jamais, mais vraiment jamais, départi d’une sérénité, d’une humilité et d’une bonté de l’âme qui le caractérisaient. Un humaniste, un homme juste et un homme « pacifique jusque dans les os », il ne...

