Le comité restreint chargé de plancher sur une nouvelle loi électorale reprend aujourd’hui ses réunions au Parlement alors que l’horizon politique entre partisans et adversaires du projet de loi dit « orthodoxe », qui a la faveur du Courant patriotique libre (8 Mars), des Kataëb et des Forces libanaises (14 Mars), est toujours bouché. Le comité va réfléchir, au cours des prochains jours, à une alternative à ce projet, faute de quoi celui-ci sera soumis au vote de la Chambre. L’alternative serait un projet de loi qui combinerait à la fois les scrutins majoritaire et proportionnel, comme le préconise par exemple le projet de loi Boutros.
La semaine dernière, le président de la République avait affirmé que le projet « orthodoxe » est contraire au pacte de coexistence à la base du Liban et qu’on ne peut parler de « consensus chrétien » sur ce projet sans tenir compte de son avis. À sa voix est venue se joindre samedi celle du député Boutros Harb. Ce dernier a précisé à son tour qu’on ne peut parler de consensus chrétien, « mais seulement de majorité chrétienne » en faveur du projet. Il a précisé qu’il fait partie du conseil chrétien qui s’est réuni au siège patriarcal maronite pour en discuter, et qu’il s’y était opposé en cours de réunion.
Le chef du CPL, Michel Aoun, lui, n’a pas changé d’avis : le projet de loi, en vertu duquel chaque communauté libanaise élira ses propres députés, est le seul capable de corriger le déséquilibre au niveau de la représentation de l’électorat chrétien.
« Ce projet dispose, selon notre pointage, d’une majorité parlementaire de 70 voix, sur 128, alors que la majorité absolue est de 65 voix », a affirmé M. Aoun, qui a précisé « n’avoir pas de raison de douter » que ses alliés du Hezbollah et du mouvement Amal l’appuieront.
On sait toutefois que ces deux dernières formations n’ont toujours pas adhéré publiquement et sans ambiguïté au projet de loi orthodoxe et se contentent de déclarations vagues, en attendant d’y voir plus clair. Ainsi, M. Berry a tenu une réunion avec le courant du Futur, qui rejette le projet et travaille à la recherche d’un « consensus national », rapporte le député Nouhad Machnouk.
À l’accusation d’un retour à la politique isolationniste lancée par Walid Joumblatt, M. Aoun a répondu qu’il n’est pas normal, non plus, que le chef du PSP « colonise » sa circonscription électorale, qui compte 110 000 électeurs chrétiens, et y fasse élire les députés chrétiens de son bord, grâce à la majorité numérique dont il dispose au sein de l’électorat druze.
(Pour mémoire : Loi électorale : comment sortir du projet dit orthodoxe ...)
« Nul ne devrait craindre ce projet de loi, qui accorde à toutes les parties une représentation équitable », a lancé M. Aoun, qui réfute l’avis contraire du chef de l’État sur sa constitutionnalité.
Tel est l’avis aussi d’Élie Ferzli, l’ancien député à l’origine de ce projet de loi. Ce dernier a affirmé dans une déclaration hier que « la proportionnelle au sein de chaque communauté contribuera beaucoup à réduire l’effet des pétrodollars », en allusion à l’hégémonie du courant du Futur au sein de la communauté sunnite. « En transférant la lutte politique à l’intérieur de chaque communauté, a encore avancé l’ancien député, des blocs transcommunautaires se formeront au Parlement, et comment en pourrait-il en être autrement? Des alliances devront être nouées, si l’on veut qu’une majorité apparaisse. »
« Le projet de loi aura également l’avantage de libérer les candidats de leurs dépendances politiques et du clientélisme », a encore affirmé M. Ferzli.
Pour sa part, s’exprimant au nom des Kataëb, Samy Gemayel a affirmé hier que son parti reste ouvert à d’autres projets de loi que le projet orthodoxe, à condition qu’ils assurent une juste répétitivité des communautés chrétiennes, comme le fait ce dernier. M. Gemayel a parlé du projet dit des petites circonscriptions, élaboré par les Kataëb et jamais rendu public dans ses détails, et le projet de la circonscription uninominale.
En prévision de l’adoption du projet de loi orthodoxe, le Conseil supérieur grec-catholique a insisté hier sur la nécessité de respecter les pourcentages régissant la répartition des sièges entres les différentes confessions au sein du Parlement, tout en mettant l’accent sur l’importance du pacte d’entente nationale.
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C'est quand déjà les élections ?
08 h 28, le 21 janvier 2013