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Nos lecteurs ont la parole

Les hiboux du Nouvel An

Par Mario KFOURY
Comme si l’inquiétude et l’appréhension que la prophétie de la fin du monde en l’an 2000 – puis l’attente douze ans durant de la subséquente prophétie maya – avaient suscitées n’avaient pas suffi, nos prophètes autoproclamés, apprentis sorciers, annonceurs de la fin des temps sont revenus à la charge avec leurs idées noires, leurs prédictions de catastrophes et de désastres dignes du plus sordide des films d’horreur. Malintentionnés ou ignorant qu’ils sèment l’angoisse et la peur dans le cœur et l’inconscient des gens, ils ne cherchent qu’à s’attirer gloire et renommée. Mais cela n’est pas l’objet de ma lettre ouverte ; il s’agit plutôt de l’irresponsabilité, l’insouciance, l’indifférence de nos médias, qui sont supposés, hélas, éduquer et cultiver un public assoiffé de modèles et de sens, et qui, on le sait, n’a pas besoin d’un « tambour pour danser ». Au lieu de quoi, ils préfèrent nourrir sa tendance et son enclin à la consommation facile, au pessimisme, à la violence et son imagination fertile. On n’ignore pas que si ces sordidités n’agissent pas par programmation suggestive dans la tête des gens, elles trouveront sûrement inspiration dans l’esprit d’un criminel en quête de scénario pour mettre à exécution son crime.
Ce que nous suivons sur nos écrans de télévision revient à orienter toute une société dans un sens déterminé. Laisser ces programmes sévir équivaut à un enchantement collectif. Ces jeteurs de sort jouent avec le feu, et avec eux ces chaînes qui n’ont plus aucun programme valable à présenter. La psychologie, la programmation neurolinguistique, la physique quantique nous prouvent et nous démontrent que le monde est construit et constitué par notre conscience et croyance, et qu’il est le fruit et le produit de notre imagination, que la vie est une condition psychosomatique. « L’homme est ce qu’il croit ».
Avec une rancœur sans égale, nos apprentis devins sadomasochistes reviennent à la charge à chaque Nouvel An, comme si les années précédentes n’avaient pas suffi a apaiser leur soif de mauvaises nouvelles, pour nous parler en énigmes. L’être humain est impressionnable et susceptible surtout à la suggestion. Laisser ces semeurs de pessimisme et ces programmes sévir revient à jeter un sortilège à toute une société.
L’avenir comporte et comportera toujours des hauts et des bas, des bonheurs et des malheurs, des comédies et des tragédies ; la vie a toujours été tiraillée entre deux pulsions majeures, la pulsion de vie et celle de la mort. Prétendre prédire l’avenir ressort de l’hallucination. Bien sûr, nous vivons dans un monde qui perd peu a peu ses sens et repères, que la Terre est rendue de plus en plus petite face a notre gloutonnerie. Point n’est besoin d’un « prophète » pour nous l’annoncer car il suffit de connaître les lois de la physique, celle de Murphy en l’occurrence (« Tout ce qui peut aller mal ira mal »), de Newton (« À chaque action, une réaction égale et opposée ») et de Lavoisier (« Rien ne se perd, tout se transforme ») pour comprendre tout ce qui se passe dans ce monde. La responsabilité, le blâme et les reproches, il n’appartient pas à l’apprenti sorcier en quête de gloire de les exprimer. Si notre société est victime de torpeur et d’abrutissement culturels et sociaux, c’est principalement dû à deux facteurs correspondants : des gens en quête de sens et de directives substitutives à l’autorité parentale dans leur vie et qui la trouvent dans leurs hommes politiques ou religieux, et une fatalité mal réglementée et gérée.
À tous ceux qui annoncent la fin des temps, il convient de rappeler qu’ « au début, était le verbe ». Prenez soin aux mots que vous prononcez, Messieurs, ils ont le pouvoir de créer...
Comme si l’inquiétude et l’appréhension que la prophétie de la fin du monde en l’an 2000 – puis l’attente douze ans durant de la subséquente prophétie maya – avaient suscitées n’avaient pas suffi, nos prophètes autoproclamés, apprentis sorciers, annonceurs de la fin des temps sont revenus à la charge avec leurs idées noires, leurs prédictions de catastrophes et de désastres dignes du plus sordide des films d’horreur. Malintentionnés ou ignorant qu’ils sèment l’angoisse et la peur dans le cœur et l’inconscient des gens, ils ne cherchent qu’à s’attirer gloire et renommée. Mais cela n’est pas l’objet de ma lettre ouverte ; il s’agit plutôt de l’irresponsabilité, l’insouciance, l’indifférence de nos médias, qui sont supposés, hélas, éduquer et cultiver un public assoiffé de...
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