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Cinema- - Entre Parenthèses

Alain « Renaît »

Il est toujours aussi fringant. Toujours aussi jeune avec ses baskets blanches, ses lunettes noires, sa chemise carmin et son imperméable, lorsqu’il apparaît, la crinière toute blanche, à l’entrée de la salle Lumière, au haut des marches du Festival de Cannes où il est souvent l’invité. Avec sa grande famille de comédiens, les indéfectibles Sabine Azéma, André Dussolier, Pierre Arditi ou Lambert Wilson, Alain Resnais n’a jamais cessé de faire du cinéma. Et pourtant, à ses débuts, lorsqu’il se passionne pour la photographie, la bande dessinée, la littérature et le 7e art et que son père lui offre une caméra Kodak 8 mm avec laquelle il commence à tourner ses premiers courts-métrages, le petit Resnais désire tout d’abord devenir acteur. Il fréquente le Cours Simon et obtient, à l’âge de vingt ans, un rôle dans Les Visiteurs du soir de Marcel Carné. Il est ensuite admis à l’IDHEC en 1943, dans la section montage.
Mais très vite, il réalisera une vingtaine de courts-métrages, surtout des documentaires tournés en noir et blanc. C’est de toute évidence Nuit et brouillard, son film sur les camps de concentration nazis, écrit en collaboration avec l’écrivain Jean Cayrol, qui va le révéler. Proche de la nouvelle vague, il travaillera également à cette époque avec Chris Marker et Agnès Varda.
Il aime la littérature, Alain Resnais, et les écrivains aussi avec lesquels il collaborera pour ses scénarios. Pour son premier long-métrage, il travaille avec Marguerite Duras dont il adapte le roman Hiroshima mon amour. Ce film qui révolutionnera les conceptions du récit classique est, avec 2,2 millions d’entrées, un succès à la fois public et critique. De ce long-métrage, Louis Malle dira : « Ce film fait faire un bond dans l’histoire du cinéma », alors que Jean-Luc Godard déclarera plus tard : « Je me souviens avoir été très jaloux de Hiroshima mon amour. Je me disais : ça c’est bien et ça nous a échappé, on n’a pas de contrôle là dessus. »
Si Alain Resnais est à ses débuts un cinéaste engagé – guerre et politique sont des thèmes récurrents dans ses premières œuvres –, les années 80 vont assister à un tournant radical dans sa carrière. Resnais est l’homme du changement, du renouvellement, de l’éternelle jeunesse. Il va réaliser des films davantage tournés vers le théâtre et le goût du spectacle, et c’est à cette période qu’il commencera à travailler avec le trio d’acteurs auxquels il restera fidèle, Pierre Arditi, Sabine Azéma et André Dussolier. Dans les années 90, il réalise deux films en collaboration avec Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui : Smoking / No Smoking et la comédie musicale On connaît la chanson.
Tout au long de sa carrière, il n’aura de cesse de mélanger les genres (théâtre, comédie musicale, opérette, documentaire, film historique...). Pour décrire son travail, Resnais dira : « Quand je tourne un film, j’ai l’impression d’être un archéologue qui trouve une statue recouverte de terre dans le désert... l’important, c’est de savoir à quel moment il faut cesser de donner les petits coups de ciseaux qui dégagent l’œuvre d’art. »
En 2009, pour la septième fois et après vingt-neuf ans d’absence, il retrouve la compétition du Festival de Cannes avec Les Herbes folles pour lequel il reçoit le Prix exceptionnel pour l’ensemble de sa carrière et sa contribution à l’histoire du cinéma. Il revient quelques années plus tard au haut des marches légendaires tapissées de rouge pour présenter Vous n’avez encore rien vu, adapté d’Eurydice de Jean Anouilh.
Reconnu par la critique et par ses pairs comme l’un des plus grands réalisateurs du nouveau cinéma, le nonagénaire Alain Resnais n’en finit pas d’étonner. N’a-t-on vraiment encore rien vu d’Alain Resnais ?
Il est toujours aussi fringant. Toujours aussi jeune avec ses baskets blanches, ses lunettes noires, sa chemise carmin et son imperméable, lorsqu’il apparaît, la crinière toute blanche, à l’entrée de la salle Lumière, au haut des marches du Festival de Cannes où il est souvent l’invité. Avec sa grande famille de comédiens, les indéfectibles Sabine Azéma, André Dussolier, Pierre Arditi ou Lambert Wilson, Alain Resnais n’a jamais cessé de faire du cinéma. Et pourtant, à ses débuts, lorsqu’il se passionne pour la photographie, la bande dessinée, la littérature et le 7e art et que son père lui offre une caméra Kodak 8 mm avec laquelle il commence à tourner ses premiers courts-métrages, le petit Resnais désire tout d’abord devenir acteur. Il fréquente le Cours Simon et obtient, à l’âge de vingt ans, un...
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