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À La Une - Syrie

Au lendemain du carnage d'Alep, les universités en deuil, l'armée en action

"Maher el-Assad a donné l'ordre d'en finir avec Daraya même si la ville doit être rasée".

Un rebelle syrien regarde les bâtiments détruits par les raids de l'armée dans une banlieue de Damas. REUTERS/Goran Tomasevic

Les universités syriennes étaient fermées mercredi en signe de deuil, selon le ministre de l'Enseignement supérieur, Mohamad Yahia Moalla, au lendemain de la mort de 87 personnes à l'université d'Alep, un carnage dont s'accusent mutuellement régime et opposants.

 

Outre les 87 tués, le bombardement mardi de l'université d'Alep, dans le nord de la Syrie, a fait plus de 150 blessés, dont certaines sont dans un état grave, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Le bilan de cette attaque, l'une des plus meurtrières en 22 mois de conflit, pourrait en outre encore s'alourdir, l'indentification des corps déchiquetés n'étant pas terminée.

 

Le président Bachar el-Assad a ordonné "la réparation immédiate des destructions à l'université pour permettre aux étudiants de poursuivre leurs études et leurs examens", selon l'agence officielle Sana.

 

Pour les Comités locaux de coordination (LCC), qui animent la contestation sur le terrain, c'est l'aviation qui a tiré deux missiles contre l'université. "Le régime est responsable de ce qui s'est passé à l'université d'Alep. Nous soulignons qu'il est le seul capable de commettre des massacres et des destructions, mais l'université d'Alep restera toujours un symbole du soulèvement du peuple syrien", ont ajouté les LCC.

Alep, longtemps à l'écart de la contestation anti-régime, avait vu ses premières manifestations se tenir sur le campus de l'université.

 

En revanche, pour le quotidien gouvernemental Techrine, "les ennemis de la lumière, ceux qui font commerce du sang, les ennemis de la science et de la civilisation, ont visé des étudiants qui se rendaient à leurs examens dans un crime terroriste". Les deux explosions ont visé la faculté d'architecture et la cité universitaire où vivent de nombreux déplacés ayant fui les combats dans la région.

 

 

 

Attentats-suicides, bombardements...
Mercredi, au lendemain de l'attaque, les forces syriennes fidèles au président Assad ont lancé une nouvelle offensive à Alep.

L'agence officielle Sana rapporte que l'armée a tué des dizaines de "terroristes" (terme officiellement employé par le régime pour désigner les rebelles) dans les quartiers de Soukari, Bab el-Hadid et Boustan el-Kasr, tenus par la rébellion.

L'agence précise que les forces pro-Assad ont aussi tué des rebelles dans le quartier d'al-Laramon, d'où les insurgés auraient tiré deux roquettes à l'origine des explosions de mardi, selon la version gouvernementale.

 

Dans le même temps, l'armée semblait déterminée à en finir avec le réduit rebelle de Daraya, au sud de Damas, dont elle cherche à prendre le contrôle depuis plusieurs semaines. "L'intensité des bombardements est incroyable" a affirmé à l'AFP via Internet un militant anti-régime basé à Daraya, Abou Kinan. "A chaque fois que l'armée s'empare d'une nouvelle position, les rebelles combattent les troupes pour la récupérer. Les affrontements sont terribles".

 

"Il s'agit de la journée la plus violente depuis deux mois à Daraya", une localité de 200.000 habitants, aujourd'hui quasi-déserte, a assuré de son côté Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. Le frère du président en charge de la région de Damas à la tête de la 4e division du 1er corps d'armée, le colonel "Maher (el-Assad) a donné l'ordre d'en finir avec Daraya même si la ville doit être rasée", a-t-il affirmé.

 

L'armée a récemment progressé dans cette localité qui avait connu durant l'été 2012 le massacre le plus sanglant du pays depuis le début du conflit, avec 500 personnes tuées, selon l'OSDH.

 

Parallèlement, dans la province de Homs (centre), l'armée menait une offensive à l'artillerie lourde contre les villes de Rastane et de Qousseir, aux mains des insurgés, toujours selon l'OSDH.

 

Deux attentats suicide à la voiture piégée ont en outre causé mercredi la mort de 22 personnes à Idleb, un ville du nord-ouest de la Syrie tenue par les forces gouvernementales, a indiqué l'agence officielle Sana.

"Des terroristes en mission suicide ont fait exploser deux voitures piégées dans la ville d'Idleb (...) Selon une source au gouvernorat, le premier véhicule, qui a explosé au rond-point Zeraa, et le second, au carrefour Motlaq, ont tué 22 citoyens et fait 30 blessés", a précisé l'agence.

 

L'OSDH, qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de médecins à travers le pays, a fait état de 48.000 morts documentés depuis le début des violences en mars 2011. L'ONU avance de son côté le chiffre de 60.000 personnes tuées.

 

 

L'aide internationale à un million de Syriens de plus 

Par ailleurs, l'aide internationale devrait rapidement parvenir à un million de Syriens de plus après l'autorisation donnée par le gouvernement de Damas de la distribuer aussi via des ONG locales, a annoncé mercredi la directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, Ertharin Cousin.

L'aide était distribuée uniquement via le Croissant rouge syrien à 1,5 million de personnes dans le pays et le Croissant rouge n'avait pas les moyens d'en faire plus. Le 9 janvier, le gouvernement syrien a donné une liste de 110 ONG locales pouvant participer à cette distribution, 34 ont été retenues par le PAM, a indiqué Mme Cousin dans une conférence de presse.

 

Sur le plan diplomatique, l'Iran a de nouveau apporté son soutien au régime de Damas, son président Mahmoud Ahmadinejad estimant que "la coopération entre les deux pays est dans l'intérêt des deux peuples et ceux de la région", lors d'un entretien à Téhéran avec le Premier ministre syrien Waël al-Halaqi.

 

 

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Les universités syriennes étaient fermées mercredi en signe de deuil, selon le ministre de l'Enseignement supérieur, Mohamad Yahia Moalla, au lendemain de la mort de 87 personnes à l'université d'Alep, un carnage dont s'accusent mutuellement régime et opposants.
 
Outre les 87 tués, le bombardement mardi de l'université d'Alep, dans le nord de la Syrie, a fait plus de 150 blessés, dont certaines sont dans un état grave, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Le bilan de cette attaque, l'une des plus meurtrières en 22 mois de conflit, pourrait en outre encore s'alourdir, l'indentification des corps déchiquetés n'étant pas terminée.
 
Le président Bachar el-Assad a ordonné "la réparation immédiate des destructions à l'université pour permettre aux étudiants de poursuivre leurs études et...
commentaires (3)

TRAGIQUE ET CONDAMNABLE ! Les doigts pointent sur les criminels...

SAKR LEBNAN

06 h 05, le 17 janvier 2013

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Commentaires (3)

  • TRAGIQUE ET CONDAMNABLE ! Les doigts pointent sur les criminels...

    SAKR LEBNAN

    06 h 05, le 17 janvier 2013

  • Nous devons remercier la france, la turquie et les arabies du golfe et leurs acolytes (les autres nous le savions qu'ils étaient des ennemis criminels) pour avoir introduit et aidé en Syrie, berceau de Bilad-el-cham, ces terroristes obscurantistes en les faisant passer pour des demandeurs de justice et de démocratie. On ne réclame pas la démocratie et les droits du citoyens en massacrant des étudiants avec les armes; c'est un contre-sens. Alep subit une punition pour ne pas avoir soutenu la pseudo-révolution de ces bandes armées on sait bien par qui. Nous devons dire aux familles de ces pauvres victimes de la terreur à Alep toute notre solidarité dans ce moments difficiles que traverse la Syrie et que la Syrie fléchit certes... mais elle ne cassera pas!

    Ali Farhat

    11 h 56, le 16 janvier 2013

  • Si les terroristes avaient des dons d'orateur et des micros, ils poseraient moins de bombes et ne tueraient plus d'innocents . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    08 h 49, le 16 janvier 2013

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