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À La Une - Tourisme

Au Liban, le secteur hôtelier poursuit sa descente aux enfers

Le secteur hôtelier ne semble pas voir le bout du tunnel. Tandis que les uns sont obligés de réduire drastiquement leurs frais de fonctionnement, les autres se voient contraints de mettre la clef sous la porte après avoir essuyé de trop lourdes pertes en 2012. Les annonces de fermetures partielles se multiplient et les choses ne s’annoncent guère mieux pour 2013.

Après l’annonce de la fermeture des deux hôtels quatre étoiles l’Acropolis et le Century Park Hotel dans la région de Kaslik, le Grand Hills Hotel de Broumana a dû fermer partiellement son établissement, a indiqué Pierre Achkar, le président du syndicat des hôteliers, dans une interview accordée à L’Orient-Le Jour. « Comme l’ensemble du secteur touristique, ces hôtels ont essuyé de lourdes pertes financières en 2012, explique-t-il. L’heure est ainsi aux réductions de coûts et frais de fonctionnement. » Contacté par L’Orient-Le Jour, le Grand Hills Hotel n’a pas souhaité communiquer sur le sujet. Selon Jean Beyrouthi, le secrétaire général de la Fédération des syndicats touristiques, les deux premiers hôtels auraient préféré éviter de nouvelles pertes qu’ils n’auraient pas pu rembourser dans un environnement encore incertain et instable. « Pour la première fois, l’ensemble du secteur hôtelier ne sait pas à quoi s’attendre pour la saison à venir, indique-t-il. Si les touristes arabes ne viennent plus et que les Européens décident d’en faire autant, sur quels marchés allons-nous travailler ? »


se demande-t-il. Le sort semble en effet s’acharner sur le tourisme libanais, beaucoup d’établissements ne parvenant plus à financer leurs dépenses, se trouvent obligés de réduire drastiquement leurs coûts notamment salariaux. « Les coupes se font un peu partout, explique le professionnel, des étages entiers sont fermés, le staff réduit, les salaires aussi, la situation est très difficile. »

Pierre Achkar : Les fermetures pourraient se multiplier
Selon le président du syndicat des hôteliers, « les choses ne sont pas près de s’améliorer en 2013 et les fermetures d’hôtels pourraient bien se multiplier. C’est la première fois que le tourisme va aussi mal au Liban », réitère le professionnel. « Seule la levée de l’embargo arabe et une entente politique pourraient ramener les touristes du Golfe et sauver le secteur touristique. » Selon les estimations de Pierre Achkar, il y aurait environ 30 % de salariés en moins dans les hôtels depuis la fin du ramadan. Les hôtels fonctionnent alors en « management de crise », comme l’explique Joyce Mouawad, directrice marketing de l’hôtel Le Royal. « Nous avons dû relever de nombreux challenges en 2012.

 

Pour cela nous avons dû minimiser le staff. » Les 320 employés de l’hôtel ont conservé leur poste mais nous ne travaillons plus avec les contractuels pour le moment, ceux que nous appelons les « extras ». « Par ailleurs, toujours dans l’objectif de réduire les coûts, trois étages ont dû être fermés pour une gestion des chambres plus optimale. » Pour le moment, les propriétaires tiennent le coup, mais jusqu’à quand ? s’interroge Joyce Mouawad. Le Royal a enregistré une diminution de son chiffre d’affaires de 17 % en 2012 en comparaison avec 2011. Cela dit, l’établissement a réussi à éviter les pertes grâce à la politique de gestion des coûts.


Il faut dire que l’année 2012 aura été la pire qu’ait connue le secteur touristique depuis la fin de la guerre civile, selon les professionnels. La saison estivale qui comprenait les périodes-clés du ramadan et de la fête de l’Adha a été plombée par les affrontements armés, manifestations, enlèvements et violences en tout genre. En réaction, les monarchies du Golfe avaient interdit à leurs ressortissants arabes de se rendre au Liban, annonce qui a véritablement sonné le glas du secteur touristique libanais.


Les fêtes de fin d’année n’auront en rien changé la donne. En décembre, les Émirats arabes unis avaient réitéré leur mise en garde, tandis que les taux d’occupation des hôtels atteignaient les 35,1 % en novembre 2012, soit une baisse de 47,2 % en glissement annuel et le taux le plus bas depuis mai 2008.

 

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