Nadine Nassar : un récital au format intimiste.
Mais pour ce concert à l’Espace musical Trabaud, la chanteuse avait choisi une formule plus intimiste et plus épurée, seule avec son pianiste et dans un répertoire alliant mélodies et airs d’opéra sans limitation d’espace et de temps. Le récital s’ouvre sur deux mélodies de Reynaldo Hahn, compositeur français de la Belle Époque. Puis, Nadine Nassar, avec une aisance notable, tantôt légère et tantôt grave, mais toujours juste, alterne les styles et les langues, passant du baroque au contemporain, faisant un détour par le romantique, et maniant avec autant de naturel le français, le polonais, l’italien pour enfin clôturer avec l’allemand.
Mystère et orientalisme pour l’aria de Roxane de l’opéra Le Roi Roger du compositeur polonais Karol Szymanowski, légèreté et sensibilité pour Les Chemins de l’amour de Francis Poulenc, sérieux et retenue pour l’aria de Cléopâtre de l’opéra Jules César de Georg Friedrich Haendel, prouesse technique pour l’aria d’Elvira, de l’opéra I Puritani de Vincenzo Bellini et, pour finir, feu d’artifice et crème fouettée à la viennoise pour Mein Herr Marquis, aria d’Adèle, extraite de l’opérette La Chauve-souris de Johann Strauss. À chaque fois, avec un remarquable sens du phrasé, la voix de Nadine Nassar trouve la bonne couleur pour transporter l’auditeur dans les univers si différents qu’ouvrent tous ces changements d’atmosphère.
Rien d’ostentatoire dans l’interprétation de Nadine Nassar et dans la manière subtile dont elle aborde ces différents répertoires. Le pianiste Marc Karam entre intelligemment en communion avec sa partenaire et met remarquablement en valeur sa grâce éloquente.
Zeina SALEH KAYALI


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