M. Fatfat, qui donnait son avis sur les travaux de la commission, avait notamment affirmé que le projet de loi retenu par le CPL « ne sera pas voté, pour des raisons nationales », ajoutant que « les chrétiens hostiles à ce projet de loi sont plus nombreux que ceux qui l’approuvent » et qu’il est donc nécessaire « de chercher ce qui unit et non ce qui divise ».
Dans une déclaration faite en réponse à M. Fatfat, Nabil Nicolas, lui attribuant une phrase que le parlementaire assure n’avoir pas prononcée, a affirmé : « Ne vous en déplaise, le patriarche Raï représente les chrétiens du Liban et de tout l’Orient, alors que vous ne pouvez prétendre à d’autre influence que celle que vous avez sur le parti al-Tahrir (salafiste) ». « Le patriarche Raï ne représente pas (politiquement) tous les chrétiens », avait rapporté la presse, en attribuant cette remarque à M. Fatfat, qui s’en est défendu. Et le député Nabil Nicolas d’ajouter que M. Fatfat n’a aucun droit de s’exprimer au nom des chrétiens, et d’insister sur le fait que le projet de loi dit « orthodoxe » a obtenu une majorité au sein de la commission, et que son courant y est fermement attaché puisqu’il restitue aux chrétiens « leur droits spoliés ». « Que représente Boutros Harb, en dehors de Batroun ? » s’est encore interrogé avec hauteur M. Nicolas, pour qui la représentativité de ceux qui s’opposent au projet de loi est négligeable, par rapport « aux grands partis chrétiens qui se sont entendus à Bkerké ».
Puis se ravisant, après s’être rappelé que le chef de l’État est hostile à ce projet parce qu’il est contraire « au pacte de coexistence » qui lie les communautés libanaises entre elles, selon la Constitution, M. Nicolas a lancé : « Que le président Sleiman se rappelle qu’il est le président de tous les Libanais, et non des seuls chrétiens », oubliant que, justement, le chef de l’État a fait son observation en cette qualité. « Qu’il réclame la restitution du tiers de ses prérogatives, et nous aviserons... », a encore lancé, sans trop réfléchir, M. Nicolas.
Par ailleurs, M. Nicolas s’en est pris au député joumblattiste Akram Chehayeb, pour avoir accusé le ministre du Travail Salim Jreissati de fournir à l’ambassade de Syrie des dossiers établis par son ministère sur des ouvriers syriens. Le bouillant député a insisté sur le fait que M. Jreissati fait son devoir, et a indiqué que les services de renseignements de l’armée ont déjà fiché 20 000 Syriens accusé de divers délits et crimes.
Dans sa réponse, M. Chehayeb s’est contenté de rappeler les attaches prosyriennes de son adversaire politique.


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