Le président du Parlement européen Martin Schulz, en visite à Lisbonne hier, a relevé une contradiction dans les recommandations du FMI qui prêche l’austérité pour les pays sous assistance financière, tels que le Portugal, tout en admettant que trop de rigueur freine la croissance.
Le responsable européen réagissait à un rapport du FMI sur le Portugal, rendu public cette semaine, dans lequel l’institution défendait un renforcement des mesures d’austérité afin de permettre au pays de réaliser des économies de 4 milliards d’euros. Dans ce rapport, le FMI a notamment recommandé au Portugal de diminuer le nombre des fonctionnaires, tout en réduisant leurs salaires et leurs retraites. « J’ai pris note du rapport du FMI, mais j’ai également en tête des remarques du FMI qui, il y a quelques jours, estimait que la recette (d’austérité) était erronée. Ils semblent à nouveau ressortir une vieille recette, qu’ils estimaient pourtant mauvaise », a déclaré M. Schulz, à l’issue d’un rencontre jeudi soir avec le chef de l’opposition socialiste, José Seguro.
M. Schulz faisait apparemment allusion à de récentes déclarations de l’économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, selon lequel les plans de réduction des déficits publics à l’œuvre en Europe ont eu un impact sur la croissance plus important que prévu. « Je propose au FMI de commencer par se mettre d’accord sur ce qu’ils estiment être la meilleure solution » pour les pays sous assistance financière, a observé M. Schulz dont les propos étaient rapportés dans les médias portugais.
Les propositions du FMI, sollicitées par le gouvernement qui souhaite entamer une vaste réforme de l’État, ont provoqué un flot de critiques, en particulier des syndicats. Face à ces réactions, le gouvernement s’est empressé d’affirmer que ce rapport était uniquement une « contribution » en vue d’un débat national sur la réforme de l’État.


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