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Nos lecteurs ont la parole

Préparons-nous à affronter 2013

Dr Fouad ZMOKHOL
L’année 2012 fut une année rude pour le secteur privé libanais, nul ne pourrait le nier.
La récession mondiale nous a vite rattrapés, les crises arabes ont eu des répercussions directes sur nos échanges commerciaux, la guerre syrienne s’est dramatiquement amplifiée avec des effets néfastes sur notre économie et la stabilité du pays. Nos conflits politiques internes ont fait fuir nos touristes arabes, repoussé les investissements externes et gelé une grande partie des projets expansionnistes privés, faisant avancer notre croissance à reculons, affichant des chiffres alarmants sans précédent. La mauvaise gestion et les diverses décisions gouvernementales non étudiées ont aggravé la crise sociale, bloquant nos dirigeants dans un cercle vicieux improductif et sans évidente issue...
Les regards et les priorités sont désormais braqués sur les prochaines élections parlementaires (si elles ont lieu), et peu d’attention et d’importance sont données à la crise économique et sociale qui secoue le pays.
Dans un contexte aussi sombre, comment pouvons-nous nous préparer à affronter l’année 2013?

1.- Plan de secours à court terme
L’objectif ne devrait sûrement pas être de se noyer dans un pessimisme autodestructeur mais au contraire de faire face à la crise avec réalisme et objectivité en bâtissant une stratégie ponctuelle et un plan de secours à court et moyen terme pour atteindre des résultats tangibles, rapides et efficaces. Nous devons recourir à des initiatives peu coûteuses, qui seront mises en action rapidement pour donner un peu d’oxygène à notre économie. L’unique solution serait de bâtir donc des stratégies à court terme, basées sur de petits objectifs réalisables, et de se contenter d’accumuler des succès succincts mais permanents.
En effet, il est inutile de bâtir des plans à long terme qui ne pourront jamais aboutir étant donné que ces projets risquent d’être facilement modifiés et modulés à chaque retournement de protagonistes, nous ramenant continuellement à la case de départ. La plupart des études établies et achevées d’une manière productive et efficace se retrouvent régulièrement gelées et rangées dans les oubliettes, encombrant les archives des ministères concernés.

2.- Soutenir les PME et les microentreprises
Durant ces moments critiques, les grandes sociétés ont l’habitude de ralentir les embauches et de réduire leurs investissements en attente du passage du cyclone en récession. Par contre, les PME, et spécialement les microentreprises, peuvent réagir plus vite à la crise et changer de cap plus facilement.
Ces petites organisations sont très souples : leur taille, leur dynamisme et leur créativité leur permettent d’identifier les opportunités cachées. Nos jeunes entrepreneurs peuvent créer de la valeur, engendrer des emplois, se développer, exporter leurs idées et attirer les investisseurs... Il est crucial de soutenir et d’encourager ces initiatives et de leur assurer les fonds nécessaires pour survivre, se développer et croître. Il est indispensable de créer des fonds de financement, non seulement pour l’investissement, mais aussi et surtout pour financer le fond de roulement (FDR) à coût réduit en aidant les PME à honorer leur dette, subvenir à leurs coûts et les accompagner à traverser cette période difficile.

3.- Revivifier le secteur touristique et attirer la diaspora libanaise
D’autre part, nous avons désormais perdu une très grande partie de nos touristes. Nos visiteurs qui entraient par la frontière terrestre syrienne ont évidemment disparu, et le reste de nos touristes arabes qui nous visitaient par voie aérienne se retrouvent menacés par des « groupuscules armés » tenus par des ficelles. Il devrait être un devoir national que nos dirigeants, tous bords confondus, déploient leurs efforts pour ramener les touristes arabes et leur assurer la sécurité et la stabilité nécessaires.
En parallèle, n’est-il pas opportun de rebâtir nos liens stratégiques avec notre communauté d’expatriés ? Une idée peu coûteuse au Trésor mais très efficace pourrait être par exemple d’offrir pour les trois premiers mois de l’année 2013 des rabais (de 50 %) pour tous les vols vers le Liban et d’organiser des itinéraires pratiques à partir de pays à grande densité libanaise (Brésil, Australie, ...). Si uniquement 10% de nos expatriés visitent le Liban une fois par an, notre économie se portera nettement mieux et trouvera une solution pour la majeure partie de nos maux.

4.- Une réforme fiscale interne
À l’ombre de ces crises économique et sociale dramatiques, il serait pertinent de ne pas se pencher uniquement sur le revenu des salariés, mais surtout sur leur coût journalier dépourvu de tout support étatique, qui les empêche de progresser.
Ils sont asphyxiés par une double facturation récurrente d’électricité, d’eau, de communication, de santé et d’éducation.
Pour augmenter leur pouvoir d’achat et leur niveau de vie, il est crucial de se concentrer surtout sur leur coût improductif et superflu. Par exemple, restructurer les écoles publiques, surveiller les prix des générateurs de quartier, réorganiser le transport publique.
Pendant cette période critique de ralentissement économique et de faible croissance, il est impensable – et serait un crime économique impardonnable – d’augmenter les impôts et taxes. Une telle décision amplifierait dramatiquement la pression sur les contribuables et les sociétés, réduirait davantage la croissance et aurait donc des résultats contraires aux objectifs vu qu’elle réduirait éventuellement les bénéfices et donc les recettes de l’État.
Toute reforme fiscale devrait débuter en priorité par une restructuration des dépenses étatiques qui devrait se pencher sur une réduction des coûts bien avant de penser à augmenter les recettes.

5.- Bâtir des partenariats avec les chefs d’entreprise syriens
Enfin, il serait important et productif de bâtir des partenariats privilégiés avec les sociétés privées syriennes et d’attirer ces investisseurs ou leur chef d’entreprise à venir installer leurs industries, leur commerce, leurs affaires, etc. au Liban. Les grandes usines syriennes, au lieu de se diriger vers la Jordanie, l’Égypte, les Émirats arabe unis, pourraient rapidement être délocalisées et venir s’installer dans nos régions rurales. Cela contribuerait à réduire notre taux de chômage et à redynamiser notre croissance sur le territoire. Nos dirigeants sont connus pour être les spécialistes des occasions manquées! Ne les laissons pas passer une fois de plus à côté d’une énième opportunité à portée de main...
Pour conclure, à l’ombre de ce paysage sombre qui se dessine à l’horizon de l’année 2013, notre objectif est de survivre, de préserver et surtout d’utiliser notre plus grand atout divin, celui de savoir identifier les opportunités à travers les crises. Notre secteur privé s’est développé durant les années de guerre les plus dures, je suis personnellement confiant qu’il relèvera le défi une fois encore quels que soient les obstacles!

Dr Fouad ZMOKHOL
Président du Rassemblement
de dirigeants et chefs
d’entreprise libanais (RDCL)
L’année 2012 fut une année rude pour le secteur privé libanais, nul ne pourrait le nier.La récession mondiale nous a vite rattrapés, les crises arabes ont eu des répercussions directes sur nos échanges commerciaux, la guerre syrienne s’est dramatiquement amplifiée avec des effets néfastes sur notre économie et la stabilité du pays. Nos conflits politiques internes ont fait fuir nos touristes arabes, repoussé les investissements externes et gelé une grande partie des projets expansionnistes privés, faisant avancer notre croissance à reculons, affichant des chiffres alarmants sans précédent. La mauvaise gestion et les diverses décisions gouvernementales non étudiées ont aggravé la crise sociale, bloquant nos dirigeants dans un cercle vicieux improductif et sans évidente issue... Les regards et les priorités sont...
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