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Nos lecteurs ont la parole

Histoire d’une entreprise fictive

Par Adib Y. TOHMÉ
C’est l’histoire d’une entreprise située sur un marché régional important et prometteur, mais boycottée par ses clients historiques et qui assiste, impuissante, à la stagnation de son marché interne avec un faible taux de croissance, proche de 1,5 %.
Une entreprise malheureusement structurellement déficitaire, qui continue d’accroître ses dépenses inutiles et de dilapider ses fonds, et qui, à défaut de pouvoir accroître ses recettes par une augmentation de ses volumes ou par une amélioration de leur recouvrement, aurait comme seul recours l’augmentation arbitraire de ses tarifs, au risque d’asphyxier ses clients.
Une entreprise qui a d’ailleurs une drôle d’habitude d’afficher l’entrée de flux financiers – en contrepartie de coûts destructeurs pour son activité – comme un indicateur de sa bonne santé économique. Une entreprise qui, au lieu de penser à améliorer sa compétitivité et en l’occurrence l’attractivité de ses biens et services pour les clients étrangers (comme le tourisme par exemple) par la maîtrise de ses coûts de production et de sa productivité (elle-même affectée par la qualité des infrastructures? et par la stabilité et la sécurité de son environnement), prône la liquidation à 50 % de ses prix de vente (sans réduire ses coûts) et accumule les accusations de complot contre ses concurrents (qui sont en même temps ses principaux clients).
Une entreprise dont le conseil d’administration donne l’impression de naviguer à vue, en mal de repères et de stratégie, et dont chaque membre, obnubilé par son propre agenda privé, pousse le déni de réalité et l’arrogance aveugle aux limites du supportable, ce qui l’empêche d’entendre et de voir le grondement et la colère de ses actionnaires. Une entreprise dont les actionnaires n’ont pas les mêmes droits et obligations, alors que la majorité d’entre eux n’a pas de droit de vote effectif et subit depuis des décennies les mensonges et turpitudes d’une infime minorité qui représente les intérêts de groupements, d’États, de régimes et d’institutions étrangers à l’entreprise.
Une entreprise qui est obligée depuis de nombreuses années de recourir à de l’endettement pour financer son déficit, et dont la charge d’intérêt annuelle représente près de 40 % de son chiffre d’affaires.
Ajoutons à cela le fait que son endettement représente près de six fois son chiffre d’affaires, non inclus ses engagements hors bilan, et est détenu à 80 % par ses actionnaires minoritaires.
Cette entreprise doit emprunter à nouveau chaque année un montant supérieur à son déficit pour honorer ses engagements passés, payer ses intérêts et financer son déficit supplémentaire.
 Une entreprise qui a heureusement découvert sous ses locaux un trésor colossal – le gaz –, un actif périssable mais qui génère des ressources considérables.
En espérant toutefois que ses créanciers (pour la plupart ses actionnaires minoritaires et les membres de son conseil d’administration) ne soient pas tentés un jour de s’en emparer (comme ils le laissent entendre de temps en temps) en transformant les dettes qu’ils détiennent sur l’entreprise en capitaux propres et deviennent ainsi les vrais propriétaires de cet actif et les bénéficiaires réels des ressources générées. 
Heureusement, cette entreprise n’existe pas.
C’est l’histoire d’une entreprise située sur un marché régional important et prometteur, mais boycottée par ses clients historiques et qui assiste, impuissante, à la stagnation de son marché interne avec un faible taux de croissance, proche de 1,5 %. Une entreprise malheureusement structurellement déficitaire, qui continue d’accroître ses dépenses inutiles et de dilapider ses fonds, et qui, à défaut de pouvoir accroître ses recettes par une augmentation de ses volumes ou par une amélioration de leur recouvrement, aurait comme seul recours l’augmentation arbitraire de ses tarifs, au risque d’asphyxier ses clients.Une entreprise qui a d’ailleurs une drôle d’habitude d’afficher l’entrée de flux financiers – en contrepartie de coûts destructeurs pour son activité – comme un indicateur de sa bonne...
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