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Économie

Quand la MEA survole les difficultés

Liban - Transport Malgré une conjoncture touristique en berne et une situation sécuritaire régionale qui laisse à désirer, le transporteur aérien national tire son épingle du jeu en espérant toutefois un regain de dynamisme en 2013.
OLJ
31/12/2012

À l’heure où les bilans s’imposent, le transporteur national Middle East Airlines (MEA) semble tirer son épingle du jeu à la fin d’une année qui a été pour le moins morose pour l’économie libanaise en générale, mais pour les secteurs du tourisme et des transports en particulier. Rappelons-le, suite à 16 années de guerre civile et un bilan financier catastrophique, la MEA avait renoué avec les profits en 2002. Des efforts de restructuration entre 1998 et 2001 avaient mis fin à des pertes à répétition.
Selon le rapport hebdomadaire de la BLOM Bank, le Lebanon Brief, la MEA avait obtenu un chiffre d’affaires de 253 millions de dollars et un bénéfice net de 3 millions de dollars. Les années suivantes avaient été témoins d’un bond du chiffre d’affaires pour totaliser 387 millions de dollars et un bénéfice de 118 millions de dollars pour la même période. La guerre de juillet 2006 avait porté un coup dur à la MEA puisque l’aéroport international Rafic Hariri a dû fermer ses portes un mois durant. Le chiffre d’affaires et les bénéfices avaient alors chuté de 9,3 % et 15,3 % respectivement, mais une croissance à double vitesse en 2007 avait permis à la MEA de regagner en dynamisme. En 2008, le chiffre d’affaires ainsi que les bénéfices avaient augmenté de 35 % et 48 % à 555 millions et 92 millions de dollars respectivement, tandis que le nombre de passagers à l’aéroport enregistrait une hausse de 20 % à 4 millions de passagers.
Les troubles politiques sur la scène locale entre 2010 et 2012, suivis des mouvements de protestation du « printemps arabe », de la crise syrienne ainsi que d’une hausse du prix du pétrole, ont eu raison des profits de la MEA qui ont baissé pour totaliser 60 millions de dollars en 2011 malgré un nombre de passagers plus ou mois stable (5,65 millions de passagers annuellement).
Selon le PDG de la MEA, Mohammad el-Hout, l’année 2012 verra ses bénéfices stagner.
Cette conjoncture s’ajoute à la pression à laquelle fait face le transporteur national des suites de la politique du ciel ouvert mise en place en 2012 et qui permet à certains transporteurs « low-cost » d’atterrir au Liban.
Pourtant, la décision du Conseil des ministres, qui permet une prolongation du contrat d’exclusivité de la MEA pour une durée de 12 ans, doit profiter à la MEA puisque cette décision interdit à d’autres transporteurs d’obtenir un statut de transporteur national. S’ajoute à cela l’alliance Skyteam à laquelle fait désormais partie la MEA et qui lui permet de booster sa compétition avec d’autres transporteurs nationaux. Grâce à cette alliance, la MEA bénéficiera désormais des vols à destination du Canada, du Brésil et des États-Unis où réside une large diaspora libanaise.
Pour ce qui est de la situation financière de la MEA, les fonds propres de la compagnie ont été positifs en 2005 suite à plusieurs années où les bénéfices non distribués avaient augmenté de manière soutenue. Les fonds propres avaient alors augmenté pour totaliser 577 millions de dollars en 2009 et ont maintenu ce chiffre, tandis que la croissance des bénéfices accusait un frein. Les fonds propres négatifs enregistrés au cours des années qui ont précédé 2005 étaient la conséquence d’une avance de capital de la Banque du Liban (BDL) pour enclencher les mesures de restructuration. Cette avance avait permis à la MEA d’augmenter sa flotte et de devenir une compagnie rentable.
La MEA accorde une grande importance au renouvellement constant de sa flotte dont le nombre d’avions s’élève aujourd’hui à 16. Enfin, malgré une situation politique et sécuritaire précaire, la MEA a obtenu la plus grande part de marché en novembre 2012 avec 41,8 % des passagers à l’AIB, suivie par Emirates (5,4 %) et Turkish Airline (4,4 %). La MEA dessert désormais 32 destinations et a signé un protocole d’entente avec Airbus pour recevoir d’ici à 2020 dix nouveaux avions ; un contrat qui s’élèverait à 1 milliard de dollars. Rappelons enfin qu’entre 2002 et 2012, le chiffre d’affaires de la MEA est passé de 253 millions à 637 millions de dollars, soit une augmentation de 151 %. Les spéculations vont toujours bon train sur la possibilité pour la MEA de coter 25 % des ses actions à la Bourse de Beyrouth.

 

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