Des mesures telles que l’adoption d’une politique sociale juste et efficace, la remise en état de notre infrastructure, le développement équilibré de notre économie et la refonte de notre stratégie fiscale sont des mesures aussi urgentes que celles qui sont envisagées à court terme.
D’ailleurs, les unes ne peuvent aller sans les autres. Comment peut-on réagir rapidement si l’un des partenaires sociaux, tels que les cols blancs et les cols bleus, refusaient de participer à l’effort commun, se sentant ignorés et lésés comme c’est le cas à l’heure actuelle ? Et comment peut-on résoudre leurs problèmes et donner suite à leurs doléances si l’on ne met pas au point des stratégies sociales et financières justes et efficaces ? En outre, et en raison de l’inexistence d’une politique fiscale appropriée, l’État perd au-delà de trois milliards de dollars par an, soit presque dix millions de dollars par jour. Ne croyez-vous pas qu’en évitant ce gaspillage et ces abus, l’État serait à même de financer les mesures urgentes telles que le « fonds de roulement » que le RDCL propose ? Et
comment encourager de grandes entreprises syriennes à venir s’installer dans nos régions rurales si l’on est incapable de leur fournir, à des prix raisonnables, l’électricité et l’eau dont notre industrie locale est présentement privée ? Quant aux « liens stratégiques » avec les émigrés, quel meilleur moyen y aurait-il pour les renouer que de présenter à notre diaspora un plan national structuré à long terme qui prévoirait de les y inclure directement ? Les rafistolages dont le Liban a été si coutumier dans le passé risquent de ne pas trop les enthousiasmer. Un plan sérieux et cohérent nécessiterait au moins six mois de travail acharné. Qu’attendons-nous pour le démarrer ?
D’ailleurs, cela ne devrait en aucune manière nous empêcher de réagir à court terme comme le propose le RDCL.
George SABAT
Centre libanais pour l’information publique (CPI)


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