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À La Une - Crise

Egypte : la Constitution approuvée par les deux tiers des votants

Les Etats-Unis appellent Morsi à "mettre fin aux divisions".

La Constitution controversée défendue par les islamistes au pouvoir en Egypte a été approuvée par près de 64% des votants, a confirmé mardi la commission électorale. REUTERS/Asmaa Waguih

La Constitution controversée défendue par les islamistes au pouvoir en Egypte a été approuvée par près de 64% des votants, a confirmé mardi la commission électorale, au terme d'un référendum entaché, selon l'opposition, d'irrégularités.


63,8% des votants se sont prononcés en faveur du projet de loi fondamentale et le taux de participation a été de 32,9% sur près de 52 millions d'électeurs inscrits, a annoncé à la presse le président de la commission Samir Aboul Maati, confirmant des chiffres officieux.


"Il n'y a pas de vaincu dans le résultat de ce référendum. Cette Constitution sera celle de tous", a réagi le Premier ministre Hicham Qandil, en appelant "toutes les forces politiques à coopérer avec le gouvernement (...) pour donner une chance à la nation de reprendre son souffle et pour que l'économie se rétablisse".


L'opposition, de son côté, a répété qu'elle rejetait ces résultats.
"Les procédures légales suivent leur cours après les plaintes que nous avons déposées auprès du Parquet pour les violations et fraudes constatées", a dit à l'AFP Khaled Dawoud, porte-parole du Front du salut national (FSN), la principale coalition de l'opposition rassemblant des mouvements de gauche et des libéraux.


Sans mentionner les fraudes présumées, le président de la commission électorale a indiqué avoir examiné toutes les plaintes, assurant que le processus s'était déroulé sous la supervision des juges comme c'est la règle en Egypte.
Plusieurs ONG ainsi que l'opposition avaient assuré que des personnes s'étaient fait passer pour des magistrats dans certains bureaux de vote. M. Aboul Maati a toutefois indiqué que les résultats de certains bureaux avaient été invalidés, notamment parce qu'ils avaient fermé avant l'heure fixée par la commission.


"Nous nous préparons pour les législatives. Nous avons grand espoir de l'emporter et si nous gagnons, notre priorité sera une nouvelle Constitution", a ajouté M. Dawoud. Des législatives sont en effet prévues dans les deux mois suivant l'adoption de la Constitution.

Le Sénat, dominé par les islamistes, va récupérer le pouvoir législatif jusqu'ici détenu par le président Mohamed Morsi, jusqu'à l'élection d'une nouvelle chambre des députés. Il se réunit mercredi sur ordre du chef de l'Etat.

 

(Repère : Le projet de Constitution égyptienne)


Le référendum s'est déroulé sous haute tension les 15 et 22 décembre, après des semaines d'une grave crise politique et de manifestations rivales qui ont parfois dégénéré en violences meurtrières.


Les Etats-Unis ont affirmé que le président Morsi avait "la responsabilité d'agir d'une façon qui reconnaisse le besoin urgent de mettre fin aux divisions, de bâtir la confiance et d'élargir le soutien au processus politique".

Quant à la responsable de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, elle a appelé Mohamed Morsi à "rétablir la confiance" dans la démocratie. "Je note que la participation a été de 33%", "J'appelle toutes les parties au dialogue afin de progresser vers la démocratie et je presse en particulier le président d'agir en ce sens", a-t-elle souligné dans un communiqué.


Pour le camp présidentiel, la nouvelle Constitution permettra de doter le pays d'un cadre institutionnel stable après la période de transition tumultueuse qui a suivi la chute de Hosni Moubarak le 11 février 2011.
L'opposition affirme que le texte, rédigé par une commission dominée par les islamistes, porte atteinte à certaines libertés et ouvre la voie à une islamisation plus poussée de la législation. Elle accuse aussi les islamistes d'avoir assimilé le scrutin à un vote sur la charia (loi islamique).


Le président Morsi a donc réussi son pari de faire adopter le texte mais au prix d'une crise qui a divisé l'Egypte. Et avant le référendum, un haut responsable du parti islamiste de M. Morsi, Amr Darrag, avait estimé qu'"il ne serait pas bon" que le texte soit approuvé par moins de 70% des voix.

 

(Repère : Le référendum sur la Constitution en Égypte : faits et chiffres)


Mohamed Badie, le Guide suprême des Frères musulmans, a malgré tout félicité "le peuple égyptien pour l'approbation de la Constitution de l'Egypte de la révolution". "Commençons tous à construire la renaissance de notre pays (...), hommes et femmes, musulmans et chrétiens", a-t-il ajouté sur son compte Twitter.

 

Mardi soir, l'agence officielle Mena a par ailleurs annoncé la démission du ministre des Communications Hany Mahmoud, qui n'a pas donné de précisions sur les raisons de sa décision prise il y a un mois.
La date de cette démission semble coïncider avec l'annonce, le 22 novembre, du décret controversé par lequel le président Morsi s'était accordé des pouvoirs exceptionnels.


La crise qui a secoué le pays est la plus grave depuis l'élection en juin de M. Morsi. Huit personnes ont été tuées début décembre dans des affrontements d'une rare violence devant le palais présidentiel au Caire.


L'Egypte fait aussi face à de graves difficultés économiques, avec un déficit budgétaire en hausse et des réserves de devises en berne. Lundi, l'agence de notation Standard & Poor's a annoncé qu'elle abaissait la note du pays à long terme de "B" à "B-" en raison des tensions politiques.

 

Lire aussi:

À Minya, les coptes craignent une islamisation accrue du pouvoir

La Constitution controversée défendue par les islamistes au pouvoir en Egypte a été approuvée par près de 64% des votants, a confirmé mardi la commission électorale, au terme d'un référendum entaché, selon l'opposition, d'irrégularités.
63,8% des votants se sont prononcés en faveur du projet de loi fondamentale et le taux de participation a été de 32,9% sur près de 52 millions d'électeurs inscrits, a annoncé à la presse le président de la commission Samir Aboul Maati, confirmant des chiffres officieux.
"Il n'y a pas de vaincu dans le résultat de ce référendum. Cette Constitution sera celle de tous", a réagi le Premier ministre Hicham Qandil, en appelant "toutes les forces politiques à coopérer avec le gouvernement (...) pour donner une chance à la nation de reprendre son souffle et pour que l'économie se...
commentaires (6)

PIRE qu'en IRAN.... !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

10 h 43, le 27 décembre 2012

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Commentaires (6)

  • PIRE qu'en IRAN.... !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 43, le 27 décembre 2012

  • Trucages, falsifications diverses pour un réferendum représentant 32% de la population!!!!!

    Jean-Pierre EL KHOURY

    12 h 06, le 26 décembre 2012

  • Ainsi soit-il ! C'est l'expression de moins d'1/3 de la population, mais c'est la démocratie. La démocratie est loin d'être un instrument parfait mais pour l'instant nous n'avons inventé rien de mieux alors il faut respecter les règles du jeux et par les même règles essayer de changer les choses et convaincre loin de l'enrôlement islamique dans ce pays.

    Ali Farhat

    06 h 51, le 26 décembre 2012

  • Je m'excuse. Moi aussi j'ai fait une erreur en faisant le calcul rapidement. Il y a eu près de 17 millions de votants sur 52 millions d'électeurs inscrits. De ces 17 millions de votants, seulement près de 11 millions ont voté en faveur de la Constitution, pratiquement celle décidée et proposée par les Frères musulmans. C'est trop peu, pour conférer une légalité pupulaire à cette Constitution. En fait c'est un gros échec de Morsi et des Frères.

    Halim Abou Chacra

    05 h 40, le 26 décembre 2012

  • 32,9% des 52 millions qui auraient dû participer aux élections, ça fait 17,108 millions d'habitants qui ont participé, et le 63,8% des voix obtenus de ces 17,108millions, ça fait 10,90 millions d'habitants. Sur une population de plus de 85 millions d'habitants, cela est BIEN MAIGRE, quand on sait que les Ikhwans et leurs satellites ont tous participé sans faute...

    SAKR LEBNAN

    05 h 24, le 26 décembre 2012

  • Je me permets de signaler une erreur, probablement de clavier, dans cette dépêche. Ce sont 63,68% des votants -et non des 52 millions d'électeurs inscrits- qui ont voté en faveur du projet de Constitution. Donc seulement près de 17 millions de votes en faveur de cette Constitution des Frères musulmans sur 52 millions d'électeurs inscrits. Un taux de participation de seulement 32,9 %. Il devient de plus en plus clair que la majorité du peuple égyptien considère le président Mohammad Morsi comme simple instrument entre les mains des Frères musulmans. En illustration de cette constatation, je voudrais signaler une entrevue d'Islam al-Katatni, neveu de Saad al-Katatni, président du Parti de la liberté et de la Justice, et dissident des Frères musulmans, au journal égyptien el-Watan, sous le titre, Les Frères msulmans ont placé Morsi à la présidence, car il leur est bien obéissant. Link de l'article : www.elwatannews.com/news/details/99388#

    Halim Abou Chacra

    23 h 31, le 25 décembre 2012

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