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Culture - Rencontre

Marseille 2013, un pont culturel entre deux rives

Julie Chénot, chargée de mission internationale et du protocole, en visite à Beyrouth, a présenté le projet « Marseille, capitale culturelle de l’Europe pour 2013 ». Un événement qui englobe tout le territoire de Marseille-Provence et qui doit démarrer au début de l’année.

Julie Chénot : « Marseille, un terreau riche. » Photo Nasser Traboulsi

Cette diplômée de l’ESSEC (Paris) ne chôme pas. D’aventure en aventure culturelle et artistique, elle laisse à chaque port une sorte d’ancrage. Des marques qui ne sont pas prêtes à s’effacer de sitôt. En effet, après avoir travaillé de 1995 à 2002 à Pékin sur plusieurs programmes culturels, notamment dans l’organisation des premiers festivals internationaux de jazz et de musiques actuelles en Chine, ou encore dans l’intervention pour les années croisées France-Chine, elle rejoint en 2002 le bureau de l’Unesco à Phnom Penh où elle est conseillère du ministre de la Culture et des Beaux-Arts du royaume du Cambodge. Pour intégrer par la suite le programme du John F. Kennedy Center for the Performing Arts / Vilar Institute for Arts Management à Washington, où elle participera à l’organisation du Festival de la Chine aux États-Unis.
«Marseille, capitale culturelle de l’Europe pour 2013» est un enjeu différent pour Julie Chénot. Comme une pâte qu’il faut modeler avec précision et délicatesse. «La ville – considérée comme pauvre – représente, signale-t-elle, un pont entre l’Europe et la Méditerranée.» En effet, migrations, racisme ou religion et environnement sont les grandes questions de l’Europe, et Marseille en est le parfait témoin.

Deux pôles principaux
Une reconnaissance? Le résultat d’une conjugaison d’efforts? Ou un grand défi? C’est tout à la fois, semble dire Chénot, mais surtout «une lourde tâche à laquelle s’est attelée toute une équipe pour mener à mieux ce projet fabuleux».
Tout a commencé en 2004 lorsque le maire de la ville de Marseille, Jean-Claude Godin, fort de l’expérience de Lille qui avait été une réussite, a voulu défendre les couleurs de sa ville et a présenté la candidature de Marseille. Une équipe a été mise en place en 2006 et, après la présélection des grandes villes en 2007, Marseille a été choisie en 2008. Créé par l’Union européenne en 1985, ce titre est un label unique et ouvre pour les deux villes choisies une perspective d’une année entière de culture, de fêtes et de création. Marseille-Provence a été l’élue de l’année 2013 aux côtés de la ville slovaque de Kosice.
«Mais plus qu’une année culturelle, précise Julie Chénot, cette date est comme charnière pour la région de Marseille-Provence qui doit affirmer sur la carte européenne son dynamisme et sa volonté de renouveau et, par conséquent, avoir des résonances non uniquement sur l’année 2013 mais aussi sur les années à venir.» «Il s’agissait, poursuit-elle, de travailler sur un terrain presque en friche, et Marseille, dit Chénot, ressemble un peu à Beyrouth. C’est un bon terreau pour y semer des graines. Tout n’y est pas déjà construit et balisé comme Paris.»
Ce projet s’est donc articulé autour de deux axes: un programme sur l’ensemble du territoire, mais aussi un plan méditerranéen appelé «Le partage de midis». La première programmation où la dimension territoriale y serait l’idée maîtresse confédérerait ainsi une centaine de municipalités allant d’Arles à la Ciotat, en passant par Aix-en-Provence et Marseille, et englobant presque deux millions d’habitants. Parcours thématiques sur le territoire, manifestations itinérantes ou simultanées en plusieurs lieux, ou art dans l’espace public donnent à ce schéma un parfait équilibre entre aspect culturel et économique, mais aussi politique.
C’est tout un site territoire urbain qui y est présenté avec ses spécificités et ses particularités. Tandis que le second axe s’inscrirait dans le cadre de l’échange. Après une programmation en amont qui a duré quatre ans, Marseille devient cette plateforme d’échanges et de créations des cultures des deux rives. Elle accueillera des artistes de toutes disciplines, européens et méditerranéens, qui viendront partager leurs vécus artistiques. C’est ce «fil rouge» qui sous-tend l’année 2013. «À part des résidences mises en place auparavant sous le signe du rapprochement, beaucoup de travail in situ et dans des espaces atypiques caractérise l’événement, ajoute Julie Chénot. De plus, ce projet, financé principalement par les collectivités locales de la région de Marseille, est appelé à intégrer les habitants de la région dans la dynamique de la transformation.»

Présence libanaise
Plus de cinq cents événements et cent expositions traverseront l’année 2013. Des grands temps forts sont également inscrits à l’agenda, comme le week-end d’ouverture (12 et 13 janvier), «Transhumance» (des troupeaux d’animaux parcourant le territoire), «La folle histoire des arts de la rue», ainsi que l’inauguration de nouveaux lieux comme le MuCEM, musée national des civilisations d’Europe et de la Méditerranée.
Enfin, la scène culturelle libanaise sera présente à ce rendez-vous tout au long de l’année. Ainsi, une exposition baptisée «La Friche la Belle de Mai» accueille à Marseille, du 12 janvier au 31 mars, les artistes Etel Adnan, Ziad Antar, Mona Hatoum, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, Lara Baladi et Akram Zaatari. Par ailleurs, Marwan Rechmaoui participera à l’exposition «Cadavre exquis» au musée Granet du 12 janvier au 13 avril avec une installation en trois dimensions. Sans oublier Chaza Charafeddine qui participera à «Regards croisés», de la danse représentée notamment par Khouloud Yassine» et du théâtre avec le collectif Zoukak. Enfin, des étudiants libanais participeront à des masterclasses dans le cadre de Campus 2013.
Une année riche en événements culturels qui aura certainement des retombées économiques et sociales dans les années qui suivent.
Cette diplômée de l’ESSEC (Paris) ne chôme pas. D’aventure en aventure culturelle et artistique, elle laisse à chaque port une sorte d’ancrage. Des marques qui ne sont pas prêtes à s’effacer de sitôt. En effet, après avoir travaillé de 1995 à 2002 à Pékin sur plusieurs programmes culturels, notamment dans l’organisation des premiers festivals internationaux de jazz et de musiques actuelles en Chine, ou encore dans l’intervention pour les années croisées France-Chine, elle rejoint en 2002 le bureau de l’Unesco à Phnom Penh où elle est conseillère du ministre de la Culture et des Beaux-Arts du royaume du Cambodge. Pour intégrer par la suite le programme du John F. Kennedy Center for the Performing Arts / Vilar Institute for Arts Management à Washington, où elle participera à l’organisation du Festival...
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