À ne citer que les 1943, 1952, 1958, 1967, 1973, 1975, 1982, 1990, 2005, 2006, 2008 et 2011, jusqu’à nos jours, des événements ont ensanglanté le Liban, sapé ses fondations existentielles et morales, sociales et économiques. Au fil des années, ces événements ont suscité chez bon nombre de Libanais des sentiments de dégoût et de peur de l’avenir.
C’est vraiment malheureux que dans un pays comme le nôtre où il fait bon vivre, il y ait une junte de politiciens de tout bord, corrompus, qui le gouvernent sans aucune allégeance pour la patrie mais seulement pour leurs chefs de parti et pour les pays qui soutiennent ces partis.
C’est vraiment malheureux que depuis 67 ans, nos gouvernants n’ont pas pu trouver une formule de coexistence entre nous pour nous protéger de ces crises intermittentes.
Ces politiciens ont cru avoir le droit de mener le peuple suivant leurs idées et leur stratégie. Ainsi, pour mieux asseoir leur popularité, ils s’autorisent à attaquer les autres en haussant le timbre de leur voix et en les traitant de tous les noms. Les Libanais en ont assez de ces diatribes, assez de ces vociférations, assez de ces discours, de ces conférences de presse, de ces meetings populaires, de ces dîners, de ces bains de foule, où finalement s’ils ne font que s’attaquer mutuellement.
De grâce, Messieurs les politiciens de tout bord, prenez donc un temps de repos, de réflexion et de méditation. Voyez autour de vous les dégâts que vous êtes en train de faire pour la survie du Liban, en dressant ainsi les Libanais les uns contre les autres pour en venir finalement à quoi ? À quoi d’autre que l’éclatement du pays et sa perte.
C’est vrai que les Libanais ont enduré les plus terribles épreuves, mais la survie du Liban demeure prioritaire. Oui, c’est l’avenir du Liban qui est en jeu. Le président de la République, de concert avec le patriarche et avec des Libanais influents, vous demande de venir à la table du dialogue pour vous entendre calmement sur tous les dossiers épineux et sauver le Liban. Sachant que ce Liban appartient à tous, et avant qu’il ne soit trop tard.
Émile SFEIR
Ingénieur


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