Le discours du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a suscité hier diverses réactions au sein de l’opposition et de la majorité. Le député du courant du Futur Mohammad Kabbara a fustigé l’attachement de Hassan Nasrallah à ses armes. « Selon son discours, M. Nasrallah veut le dialogue avant l’effondrement. Quel effondrement craint-il ? N’est-ce pas la chute du système qui refuse la souveraineté et l’indépendance, et qui seront torpillées après l’effondrement du régime Assad ? » s’est interrogé le député dans un communiqué. « Les propos de Hassan Nasrallah sur la pauvreté transcommunautaire sont vrais. Mais il est aussi vrai que ses armes, à l’instar de la pauvreté, menacent désormais toutes les communautés », a-t-il martelé. S’adressant au secrétaire général du Hezbollah, il a dit : « Je vous affirme que nous refuserons catégoriquement de négocier le maintien de vos armes, tout comme le peuple syrien refusera de négocier le maintien de Assad au pouvoir. » Mohammad Kabbara a vu en l’attachement de M. Nasrallah au gouvernement actuel la certitude que tous les gouvernements futurs refuseront la trinité « armée, peuple, résistance ».
(Pour mémoire : Nasrallah : Je conseille au 14 Mars de cesser de miser sur de fausses données)
De son côté, le député Riad Rahhal, membre du bloc parlementaire du Futur, a qualifié les propos de M. Nasrallah de « très dangereux », estimant que ce dernier « tente de diviser le pays ». « Il essaye également de démanteler le système démocratique libanais, en vue d’en faire un régime dictatorial fasciste, présidé par le parti des armes », a-t-il ajouté. « Livrez vos armes à l’armée libanaise, livrez les inculpés dans l’affaire du trafic des médicaments, livrez les quatre accusés dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri et le meurtrier de l’officier Samer Hanna », a déclaré le député Rahhal à l’adresse de Hassan Nasrallah, appelant le Hezbollah à « lever la couverture politique dont jouissent les parties armées, afin que la situation économique du pays s’améliore ».
Par ailleurs, le député des Kataëb Élie Marouni a assuré que « l’appel du Hezbollah au dialogue est une nouvelle manœuvre », estimant qu’il n’y aura pas reprise du dialogue avant que « Hassan Nasrallah ne demande à son gouvernement de démissionner ». Le député Marouni a aussi rappelé à Hassan Nasrallah le prix économique que la politique du 8 Mars a fait payer au pays. Le député Joseph Maalouf (Forces libanaises) a souligné, quant à lui, que « le secrétaire général du Hezbollah a avoué lui-même que le gouvernement est paralysé ».
Du côté du 8 Mars, l’ancien président Émile Lahoud a salué les propos de Hassan Nasrallah, les jugeant « réalistes et logiques au sujet des conditions de vie et de l’affaire de l’échelle des salaires ». « Hassan Nasrallah a appelé à ne pas parier sur la crise syrienne. Cela prouve qu’il subsiste encore des leaders d’opinion nationaux et lucides au Liban », a-t-il dit. Par ailleurs, le comité de coordination de la Rencontre des partis libanais (8 Mars) s’est réuni hier. Dans son communiqué, il a salué le discours de M. Nasrallah « qui a traité de tous les sujets libanais et arabes, de la crise en Syrie et des solutions possibles, du pari voué à l’échec des forces du 14 Mars dans cette affaire, et de l’échelle des salaires ».


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Dangereux bien sûr, et dans le "discours" et surtout dans les Faits en Réalité !
08 h 44, le 18 décembre 2012