Francis Bacon, Picasso ou Baudelaire avaient su mettre un visage à la violence. Dans Trois études pour un portrait, Guernica ou encore La Charogne, la violence est reproduite en peinture comme en poésie. Récemment, Chaza Charafeddine avait réalisé la même expérience en donnant corps à la violence. Le 7e art n’est pas en reste. Il est en effet très facile de décrire l’état de violence à l’aide d’effets visuels, d’armes lourdes et de moult explosifs faisant un grand feu d’artifice, mais la violence, la vraie, l’insidieuse, celle des comportements, des attitudes et des sentiments, celle qui s’infiltre sous la peau et qui hache la chair, comment la représenter, la traduire ? Deux exemples très différents l’un de l’autre en sont la preuve. Killing them Softly en est le premier. Il met en scène un tireur à gages chargé de liquider des malfrats qui ont braqué un jeu de la mafia. Si le sujet peut sembler commun, la différence repose dans la déshumanisation de tous les caractères et le peu d’importance qu’on accorde à la vie humaine. Voilà ce qu’on peut appeler violence. Autre face de ce sentiment qui prend en tenaille l’homme jusqu’à lui ôter toute liberté de réfléchir ou de sentir, le film In a Better World, projeté dans le cadre du Festival européen et qui avait obtenu l’oscar du meilleur film étranger en 2011. Là, la violence est partout. Enfant, adulte, en Afrique ou en Europe, personne n’y échappe.Violence des mots, des gestes, des non-dits et des manques d’actes. Celle-ci devient le moteur de la vie, la règle, la constitution d’un État auquel il faut adhérer. Tout être non-violent devient ainsi un paria, un apatride. Mais qu’il est bon le pays de l’amour ! Et qu’il est loin.
Francis Bacon, Picasso ou Baudelaire avaient su mettre un visage à la violence. Dans Trois études pour un portrait, Guernica ou encore La Charogne, la violence est reproduite en peinture comme en poésie. Récemment, Chaza Charafeddine avait réalisé la même expérience en donnant corps à la violence. Le 7e art n’est pas en reste. Il est en effet très facile de décrire l’état de violence à l’aide d’effets visuels, d’armes lourdes et de moult explosifs faisant un grand feu d’artifice, mais la violence, la vraie, l’insidieuse, celle des comportements, des attitudes et des sentiments, celle qui s’infiltre sous la peau et qui hache la chair, comment la représenter, la traduire ? Deux exemples très différents l’un de l’autre en sont la preuve. Killing them Softly en est le premier. Il met en scène un tireur à...
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