Le Conseil des ministres se réunit aujourd’hui sur fond de grève pour étudier la question controversée du financement de la grille des salaires. Photo Dalati et Nohra
« La grève de mercredi est maintenue », ont assuré hier les syndicats, mécontents du report lundi, par le gouvernement, du dossier de la grille des salaires. Dans un communiqué, l’Union des fonctionnaires qui a tenu hier une réunion de crise a fortement critiqué « la façon dont le sujet est traité au sein de l’État et par les instances économiques ». Elle appelle tous les fonctionnaires à rejoindre ce matin à 11 heures la marche de protestation qui démarrera dans le secteur de Barbir en direction du Grand Sérail. L’union lance également un ultimatum au gouvernement pour transférer urgemment le projet de loi au Parlement sans y apporter aucune modification. Elle demande aux organismes économiques de « cesser d’utiliser l’argument de la grille des salaires pour faire pression sur le gouvernement, car il est faux qu’elle affectera négativement la croissance économique, au contraire », a souligné le communiqué. Et enfin, elle s’adresse aux responsables politiques les priant « d’arrêter de menacer l’opinion publique d’un possible effondrement économique ». « Personne n’est dupe, si la situation économique va si mal, c’est à cause des différentes crises qui touchent le monde entier, mais aussi de la gangrène de la corruption et des dépenses inutiles au sein de l’État », a conclu le communiqué.
Les écoles restent divisées
Les enseignants, quant à eux, sont plus divisés. D’une part, certaines institutions, comme l’Union des associations éducatives privées et l’Association éducative islamique, ont annoncé qu’elles n’étaient pas concernées par la grève, « pour préserver les droits des élèves et rattraper toutes les journées déjà perdues ». Elles ont demandé au gouvernement de traiter leur dossier séparément de celui de la grille des salaires des fonctionnaires. Par ailleurs, le président de l’Union des enseignants du secondaire, Hanna Ghoreib, a appelé tous les enseignants à se mobiliser en masse. « Est-ce que les parents qui menacent de ne plus payer les frais de scolarité savent que le salaire d’un enseignant est inférieur au salaire minimal ? » s’est-il insurgé dans un communiqué. « Nous n’arrêterons notre mouvement de protestation que si la grille est approuvée et nous ne reculerons sur aucun de nos droits », a ajouté M. Ghoreib. Même son de cloche du côté du secrétariat de l’éducation et de la culture et le bureau des enseignants du Parti national libéral (PNL). Ils ont annoncé hier dans un communiqué leur soutien total aux revendications et à l’appel à la grève du comité de coordination syndicale. Ils ont appelé tous les enseignants, mais également les contractuels, les retraités et les organismes de la société civile à participer en masse à la manifestation d’aujourd’hui.
Mikati propose plusieurs solutions
« Les pressions dans la rue n’affecteront en rien le rythme du gouvernement concernant l’étude du financement de la grille, et nous ne prendrons pas de décisions hâtives », a indiqué hier le ministre du Travail, Sélim Jreissati. De son côté, le ministre du Tourisme, Fadi Abboud, a déclaré hier dans un entretien radiophonique que « le gouvernement ne pouvait pas ignorer la récession économique ni les recommandations du gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé ». « Le gouvernement aurait dû effectuer des études poussées avant d’approuver la grille et de faire des promesses », a-t-il ajouté.
S’il est trop tard pour les études en amont, un espoir persiste aujourd’hui au Conseil des ministres qui étudiera certaines propositions avancées par le Premier ministre, Nagib Mikati, lundi concernant le financement de la grille. Parmi elles, figurent la réduction du montant total de la grille des salaires de quelque 500 milliards de livres (350 millions de dollars), l’augmentation de 10 % de l’exploitation des terrains non construits et la révision à la hausse des factures d’électricité pour les tranches les plus élevées. Il a également été question d’imposer les indemnités des retraités.
« Ces mesures ne suffiront pas à couvrir le coût de la grille », a rétorqué immédiatement l’ancien ministre des Finances, Jihad Azour. Concernant la possible augmentation de la tarification de l’électricité, M. Azour s’est dit inquiet des répercussions que cette mesure pourrait avoir sur la politique monétaire. « Avant d’étudier la possibilité d’augmenter la tarification de l’électricité pour financer la grille, c’est tout le fonctionnement d’Électricité du Liban qu’il faudrait revoir pour mettre fin à son déficit annuel qui dépasse un milliard de dollars », a-t-il argué. Encore un Conseil des ministres qui risque de se conclure sur la même note que les derniers, c’est-à-dire avec un report du dossier à... une date ultérieure.
Pour mémoire
Bras de fer acharné entre organismes économiques, État et syndicats


C'est en effet "tout le fonctionnement d’Électricité du Liban qu’il faudrait revoir pour mettre fin à son déficit annuel qui dépasse deux milliards de dollars". Mais ceci n'aurait-il pas du etre fait depuis 2005? Faire verifier les comptes de l'EDL qui ne l'ont pas ete depuis 2001, ne prendrait pas plus qu'un an. Qu'ont attendu tous les gouvernements qui se sont succedes depuis cette date? A raison de 500 millions de dollars de "gaspillage" par an a l'EDL nous aurions ainsi economise quatre milliards de dollars. Ce gaspillage n'a d'ailleurs rien a voir avec les problemes techniques ou meme les factures impayees.Il resulte d'une absence totale de MANAGEMENT a l'EDL que meme ses employes ont souligne, sans parler du directeur general, lui-meme. Et pourtant PERSONNE n'eleve la voix depuis huit ans. Quel pays!
10 h 28, le 12 décembre 2012